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Des informations contradictoires proviennent, jeudi 3 septembre, de Libreville, au Gabon. Selon Ouest-France, un coup de force serait en cours dans la capitale : les policiers auraient ouvert le feu sur la foule rassemblée autour du bâtiment de la commission électorale. Deux des trois candidats qui revendiquent la victoire contre Ali Bongo, investi par le parti au pouvoir, étaient présents. Pierre Mamboundou a été blessé par balles et André Mba Obame aurait été interpellé, affirme le quotidien sur son site Internet.
Selon l'envoyé spécial du Monde, Philippe Bernard, les forces de l'ordre ont bien chargé les manifestants, rassemblés depuis la veille, mais sans coups de feu. Il ajoute que M. Mamboundou a bien été blessé au cours de ces heurts ; la police étant équipée de matraques. "L'armée a chargé et lancé des grenades lacrymogènes sur les candidats et sur la foule qui attendaient pacifiquement l'annonce des résultats. Les leaders politiques, dont Pierre Mamboundou et André Mba Obame" ont été pris dans la bousculade, a de son côté affirmé un conseiller de M. Mamboundou.
"INCOMPRÉHENSION"
Un peu plus tôt dans la matinée, Europe 1 a affirmé que la commission électorale gabonaise a déclaré, jeudi, qu'"Ali Bongo, le fils de l'ancien président Omar Bongo, sera le prochain président du Gabon". "Sa victoire sera annoncée officiellement dans la matinée par le ministre de l'intérieur", écrit la radio sur son site Internet. Officiellement, la commission électorale, qui débat depuis des heures, n'a toujours pas annoncé de résultats. Une "incompréhension" entre membres de la commission électorale gabonaise a retardé l'annonce des résultats de la présidentielle, expliquait dans la matinée, René Aboghé Ella, le président de cette commission. Il y a "une certaine difficulté à s'accorder sur la procédure de validation des résultats" entre les membres de la Cénap, indiquait René Aboghé Ella à la télévision publique RTG1.
M. Aboghé Ella fait aussi part de "problèmes techniques" en début de réunion : les procès-verbaux issus des 2 800 bureaux de vote du pays ont été "disponibles avec un certain retard", observe-t-il. "Nous allons continuer à examiner les moyens de sortir de cette petite incompréhension", assure-t-il. La commission électorale gabonaise, composée de représentants de la majorité, de l'opposition, des candidats indépendants et du gouvernement, était réunie depuis la soirée de mercredi.
Quelques heures après la fermeture des bureaux de vote, le 30 août, trois candidats – André Mba Obame, Pierre Mamboundou, opposant historique, et Ali Bongo, ex-ministre de la défense et fils du président défunt, Omar Bongo – se sont déclarés vainqueurs de ce scrutin à tour unique. La France a exhorté au calme et demandé aux candidats de respecter le verdict des urnes et les institutions du Gabon.