Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Les haines personnelles enfouies depuis longtemps et les reflexes du pouvoir pour le pouvoir et de la conservation du pouvoir à vie reposant sur les identités ethniques que le Président Sassou Nguesso réactive et utilise très souvent comme ersatz d’une pensée politique anémiée, ont conduit le pays dans une guerre fratricide en 1997. Dès lors, la réconciliation nationale et la restauration de la paix comme antidote à la violence ambiante devient une préoccupation majeure pour ceux qui pensent la politique autrement.
La paix est un état de droit moralement fondé c’est-à-dire qu’elle n’est pas un état naturel mais un état institué par la volonté. La paix repose sur un projet et un contrat. L’état de paix est quiétude, harmonie, calme, repos et sécurité, confort, et tranquillité etc…
Il n’y a pas de paix fondée sur la peur, la violence, et la force. Or la paix au Congo, depuis quelques années fonctionne sur deux modèles conceptuels : «’’amnistie allégeance’’ au Président Sassou» et la
Paix armée. Cette juxtaposition d’apparence paradoxale signifie que la paix emprunte à la psyché le chemin de l’humiliation de l’autre pour la satisfaction des intérêts moïques du maître du Congo et à la guerre, ses armes et se nourrit des adages «Si tu veux la paix accepte d’être un vassal du Président Sassou» ce qui explique le caractère sélectif et discriminatoire des lois d’amnistie à la carte voulue par le Pr Sassou, initiée par le Gouvernement et adoptée par le parlement, suivi automatiquement des accords politiques d’allégeance des amnistiés au pouvoir, (Kolélas, Yhomby, Poungui, Tsaty Mabiala, Moukouéké, Tamba Tamba etc…) qui, enlève aux actes du président de la République l’essentiel de leurs effets positifs sur le climat d’apaisement et de réconciliation nationale tant souhaité par le peuple Congolais sur le chemin d’avenir. Ou sinon, « sis vis pacem ; para bellum » (Si tu veux la paix prépare la guerre).
Ce sont ces adages, ou à tout le moins, leur logique poussée à l’extrême qui ont conduit le Président Sassou dans l’escalade militaire dans le pool, tournant ainsi le dos au processus démocratique.
Son irrésistible boulimie de ‘’pouvoir à vie’’ doublée d’une inclination à la paix armée est à l’origine de toutes les guerres civiles, et événements douloureux aux conséquences funestes et tragiques au Congo: 15.000 personnes environs sacrifiées en 1997 sur l’autel du pouvoir vers le «chemin de la croix».
De la pratique de la dissuasion (Démocratie de l’intimidation), le Président Sassou est passé à l’usage de la force avec une mauvaise évaluation des capacités de ripostes adverses (opposition et peuple congolais). En général, en recourant à la logique de dissuasion, on impose à l’autre la crainte de mourir. Dès lors, de l’instinct de conservation ou survie résulte nécessairement une confrontation. En effet, l’exhibition de sa force militaire met l’autre au défi ses armes.
La dissuasion, dans ces conditions se mue toujours en affrontement et à la reddition du plus faible (momentanément !), faisant de lui un vaincu. Une reddition n’est pas une paix et ne met pas fin à la guerre, d’autres modalités de lutte prenant le relais du combat militaire.
La paix armée ou les amnisties à la carte (Kolélas, Yomby, Poungui, Tsaty Mabiala etc… et demain celle de Lissouba malade et etc…) ne suppriment aucunement la cause du différend. Elle apaise les tensions sans les faire disparaître définitivement en maintenant un équilibre précaire, porteur de violence.
La paix armée ou la paix «amnistie allégeance» est donc en soi, une négation de la paix, la vraie paix qui n’exclut ni la discussion ni la critique. La paix n’est pas simplement l’absence de guerre ou de confrontation armée. Le calme trompeur et précaire engendré par la paix armée ou la «paix amnistie allégeance» cache une contestation rampante du peuple congolais, génératrice de convulsions graves.
Le pardon est le commencement de la réconciliation. Le pardon, « vertu » rare est le seul moyen d’aboutir à une réelle réconciliation qui dispense de toutes les manifestations spectaculaires : Forum sur la culture de la paix, réconciliation (Kolélas-Sassou), (Sassou-Yhomby) et Tutti quanti qui n’ont pas exorcisé les démons de la division.
Le discours de la prestation de serment de Mr Sassou Nguesso (Brazzaville) le 14 Juillet 2009 non plus, n’a pas tenu compte d’un postulat : la paix suppose un minimum de différence, car comme le disait Dérrida dans son « Adieu à Emmanuel Levinas » on ne peut pas faire la paix qu’avec un autre que soi.
Alors que, le Président de la République avait appelé et exigé la paix et la réconciliation,
«Vivre ensemble, bâtir ensemble, dans la paix : telle est la condition sine qua non pour assumer la promotion et le renforcement de la démocratie, de l’Etat de droit, des libertés, de toutes les libertés. Telle est la condition pour consolider les acquis de l’indépendance nationale…» Une fois de plus, le professionnel de la politique qu’il est, a continué à régler les comptes. Il fallait disqualifier un maximum de personnel politique de l’amnistie envisagée qu’en faveur du Président Lissouba malade et ce, à tout prix afin de pouvoir continuer à se placer toujours en «homme fort du Congo» alors même que le Président Barack Obama disait à Accra : Barack Obama : L'Afrique n'a «pas besoin d'hommes forts, mais d'institutions solides». Sur le chemin d’avenir, la problématique de la paix au Congo a encore été une fois de plus reléguée en arrière plan, par le discours du Président Sassou qui a encore consacré de ce fait sa pensée unique.
Les congolais sont mis dans un contexte d’uniformisation de la pensée. Penser la paix (l’amnistie) autrement que le Président Sassou répond à protéger Moungounga, Koukébéné, Binkikita et autres congolais qui ne pensent pas le même Congo que lui.
Pour ma part, et ce conformément à la ligne du Président Pascal Lissouba soutenue par le ministre Nguila Moungounga Kombo, je reste persuadé que la paix est un « Etat durable institué volontairement par différentes personnes au moyen d’un contrat ethico-juridique »
Le semblant de paix aujourd’hui au Congo relève de la paix armée, de la paix «amnistie-allégeance au Président Sassou».
La dissuasion puis l’usage de la corruption des opposants en quête d’amnistie ou l’amnistie d’un malade tel le Président Lissouba peut entraîner un semblant de paix. Peut-on se permettre de croire que la paix rétablie après l’usage de la force armée ou l’achat des consciences a supprimé la cause du différend de la guerre fratricide de 1997 ? Ne doit-on pas penser que l’usage de la force prônée tous les jours par le pouvoir de Brazzaville et son maître pour nous imposer de suivre le «chemin d’avenir» vers l’enfer a crée et crée une frustration collective des congolais et induit une certaine paupérisation frustrante ? A cet effet, le Ministre Nguila Kombo Moungounga a déclaré dans l’espace Kinzozi « Le Congo était dans une situation humanitaire préoccupante ».
Ma brève existence sur terre et ma pratique politique (bien sûre très embryonnaire) m’ont appris que la « la paix n’est jamais solide quand elle n’est vouée à l’échec. » La paix doit reposer sur une réciprocité des volontés même si la paix résulte toujours d’un déséquilibre des forces en présence (Clausewitz). La paix n’est pas possible tant que le principe d’hostilités qui s’oppose à sa réalisation est en mouvement.
Les modèles conceptuels de la paix armée et de la « paix amnistie allégeance a Président Sassou) doivent être abandonnés pour la vraie paix qui appelle un examen des racines des hostilités et de guerre de 1997.
Je reste persuadé que la paix dure aussi longtemps que le dialogue la soutient. Elle est en l’homme une difficile négociation avec lui-même elle est aussi le bien suprême qui rend possible tout autre bien.
Le philosophe Alain ne soulignait-il pas déjà que « Hors de la paix, tous, se heurtent à l’impossible » ? Si elle est possible, elle doit cependant résulter du courage des hommes de bonne volonté sur le «chemin d’avenir».
Dans le contexte actuel, du Congo, la paix ne peut se penser en dehors de la réconciliation nationale dans le cadre d’une amnistie générale. En effet, celle-ci repose sur un postulat essentiel : la reconnaissance et l’acceptation des différences qui constituent les moteurs de l’évolution de la société.
Discours de l’affrontement, rhétorique guerrière affectionnant les étiquettes simplistes et diabolisantes des autres congolais ( sous-congolais ou sous-hommes que lui) ont toujours été les fondements de la propagande haineuse du Président Sassou Nguesso.
Le recours à ces principes éculés a montré des limites de leur efficacité et mis à jour les conséquences désastreuses qu’elles sont capables de provoquer. L’échec de la «nouvelle espérance» en nouvelle désespérance des congolais sur le «chemin d’avenir» vers l’enfer, constitue l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire en politique.
Le Président de la République Monsieur Denis Sassou Nguesso souhaite un véritable état de paix (cf. la constance du thème dans ses discours et pour exemple le dernier en date du 14 aôut 2009). Sur le «chemin de l’enfer» il a le souci semble t-il de vouloir de réconcilier les tendances divergentes au sein de la Nation congolaise pour être en paix avec lui-même (exigences philosophisophiques).
Nous souhaitons simplement que ses propres exigences philosophisophiques puissent le convaincre que pour qu’il soit en véritable paix avec lui-même, il lui faut initier et faire adopter par son gouvernement, une loi d’amnistie générale pour tous les congolais aujourd’hui en exil et dans ses geôles pour des raisons politiques inavouées. A cette condition, puisse son exemple et son abnégation, inspirer les hommes politiques du Congo sur le «chemin de l’enfer» pardon ! Sur le «chemin d’avenir» car « le plus grand désordre dans l’âme survient lorsque la pensée se crée des raisons pour la colère et la justifie » par la pratique des amnisties à la carte et l’ostracisme du Ministre Nguila Moungounga Kombo et autres... J’ai dit.
Wallys KIMBATSA