Espace d'échange de la diaspora congolaise.
DAKAR (AFP) - La junte au pouvoir en Guinée veut "faire taire toutes les contestations" en interdisant les regroupements "subversifs" et en déclarant mercredi et jeudi "journées de deuil national", a estimé le responsable d'une association guinéenne des droits de l'Homme.
"Il y a une volonté de faire taire toutes les contestations pour empêcher toute manifestation et pour arrêter toux ceux qu'ils estiment être les leaders de la manifestation" de lundi, a déclaré à l'AFP Mamadi Kaba, président de la branche guinéenne de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho).
Le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, "sait que la population n'a pas baissé les bras, les gens entendent continuer à manifester. Mais il veut que la fête de l'indépendance du 2 octobre (vendredi) se passe bien", a-t-il poursuivi.
"La répression dans le sang ne peut pas arrêter la volonté du peuple d'accéder à la démocratie", a-t-il dit depuis Conakry dans un entretien réalisé par téléphone depuis Dakar.
Selon l'organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme (OGDH), plus de 150 personnes ont été tuées et plus de 1.200 blessées lors de la répression lundi par les forces de sécurité d'une manifestation de personnes hostiles à l'éventuelle candidature du chef putschiste à la présidentielle de janvier.
"Il y a des SMS qui circulent pour appeler la population à continuer la résistance, c'est la population qui se fait passer ces SMS", a-t-il indiqué.
"Les prochains jours vont être difficiles. Au sein de l'armée, il y a pratiquement une milice, un clan acquis sans condition à la solde du président qui est déterminé à tuer la population. Ils s'apprêtent à commettre des crimes beaucoup plus graves", a-t-il aussi affirmé.
Selon lui, "une force d'interposition est indispensable sinon il y aura un jour une Guinée sans liberté, une prison à ciel ouvert où toutes les libertés seront confisquées".
"Il faut protéger la population, c'est la seule chose qu'on puisse faire, le dialogue n'est pas possible, la junte veut confisquer le pouvoir", a conclu M. Kaba.