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Guinée: deux journalistes, dont le correspondant de l'AFP et de RFI, menacés de mort

DAKAR (AFP) -  Reporters sans frontières (RSF) a exprimé mercredi son "extrême préoccupation" pour Mouctar Bah, correspondant en Guinée pour l'Agence France-Presse (AFP) et Radio France Internationale (RFI), et Amadou Diallo, de la British Broadcasting Corporation (BBC).

"Après avoir été brutalisés lors de la sanglante répression de l'opposition le 28 septembre, les deux journalistes seraient actuellement recherchés par la junte militaire", indique RSF dans un communiqué intitulé "Deux journalistes de la presse étrangère menacés de mort".

"Le 30 septembre, Mouctar Bah et Amadou Diallo ont été alertés par des amis que des militaires étaient à leur recherche. Ces derniers leur reprocheraient de les +vendre+ à la communauté internationale", selon RSF.

"Le rôle des journalistes est primordial pour que soient portés à la connaissance des Guinéens et de la communauté internationale les événements tragiques" de Conakry, souligne l'organisation basée à Paris.

"Nous condamnons avec la plus grande fermeté le comportement des militaires guinéens qui, après s'être rendus coupables d'une tuerie, ont décidé d'organiser la chasse de ceux qui ont été les témoins des exactions", dit RSF.

Le 28 septembre, les deux journalistes avaient couvert la "violente répression du meeting de l'opposition qui avait coûté la vie à des centaines de personnes et fait des milliers de blessés", selon RSF.

Selon un bilan de l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme, plus de 150 personnes ont alors été tuées et plus de 1.200 blessées.

RSF rappelle que Mouctar Bah et son confrère avaient assisté à la tuerie, vu "des corps partout, des mares de sang", tandis que des militaires, les menaçant de leurs armes, leur avaient intimé l'ordre de "ne pas en parler avant de les dépouiller de leur argent et de leur téléphone".

Leur matériel avait ensuite été détruit par d'autres militaires ivres, avant qu'un de leurs chefs ne reconnaisse les journalistes et ordonne qu'on les laisse partir.

Selon Mouctar Bah, plusieurs de ses confrères ont été brutalisés ce jour-là. C'est le cas par exemple de journalistes de la station FM Liberté et du journal satirique Le Lynx.

 

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