La machine à piller des receveurs démasquée
Les détournements de chèques, la disparition des déclarations de douanes et bien d’autres phénomènes jugés diffus sont devenus courants au niveau des douanes de Pointe-Noire. Selon les sources anonymes, plusieurs milliards de francs Cfa ont été soutirés ces dernières années du Trésor public par plusieurs receveurs, en passant principalement par la réception des douanes de Pointe-Noire.
Et si le nouveau ministre des finances pouvait ordonner, sans complaisance ni parti pris, la vérification de fond en comble de tous les chèques de compensation, on devrait, peut-être, découvrir un grand réseau mafieux savamment monté en vue de saccager les fonds publics.
Les semaines écoulées, quand certains nouveaux ministres du gouvernement du Chemin d’Avenir au cours de leurs passations de service s’engageaient ou juraient de faire «bouger les mentalités» des cadres et agents relevant de leurs départements ministériels, les régies financières à Pointe-Noire étaient dans un état de choc. Incroyable mais vrai, un agent des impôts en poste à l’hôpital de Loandjili avait été interpellé puis incarcéré par la direction départementale de la surveillance du territoire pour un scandale financier susceptible de provoquer un arrêt cardiaque, si on est vraiment patriote et nationalistes. Le malfrat aurait dilapidé un montant pharaonique de trois cent trente trois millions deux cent soixante douze mille cinq cent cinquante cinq (333.272.555) de francs Cfa.
Ce genre de petit truand qui ne cesse de causer d’énormes préjudices à l’Etat congolais, par leur façon de faire, a réussi à toucher cette coquette somme à la réception des douanes de Pointe-Noire, en complicité avec un sujet libanais responsable d’une société de transit à «Ponton La Belle».
Cet argent liquide a été obtenu en échangeant les chèques émis entre le 12 mai et le 21 août 2009 par de nombreuses sociétés dont «Warid Congo», «Weatherford» et «Friedlander». Ces choses sont courantes au niveau des douanes de Pointe-Noire. Ils seraient très nombreux à faire la compensation de leurs chèques auprès d’un des receveurs de la douane de Pointe-Noire..
Est-il normale que des chèques appartenant aux impôts se retrouvent à la douane même si les deux entités administratives travaillent sous la tutelle du ministère des finances?
Dans le cadre du respect scrupuleux des principes, la douane ne peut avoir la main mise que sur un chèque en provenance de ses services ou des opérations qui la concernent, le cas des dédouanements des marchandises, par exemple.
A travers le détournement fait par cet agent, on voit qu’au niveau de la douane de Pointe-Noire les anciens slogans scandés au temps du mono dont le célèbre «Ebonga, ébonga té, toujours meilleur», sont encore présents dans les têtes des cadres et agents évoluant au sein de cette entité administrative.
Le jeu est très facile, expliquent nos sources. Le receveur des impôts prend le chèque pour le valider. Le chèque est automatiquement envoyé à la caisse. Au lieu d’être acheminé au Trésor Public, comme c’est le principe, le chèque est détourné. Ce qui veut dire qu’avant d’arriver au Trésor public, le chèque passe d’abord aux recettes de la douane. Et pour cause ? C’est là que se fait la compensation. Étant donné qu’il y a toujours l’argent liquide au sein de cette structure. Ainsi, on prend l’argent liquide avant d’envoyer le chèque au Trésor. Un exemple, si l’opérateur économique émet un chèque de 10.000.000 francs Cfa, le receveur des impôts lui remet une quittance en bonne et due forme. Mais il ne mentionne que 1.000.000 francs Cfa dans les bordereaux. Après, il se précipite seulement à faire la compensation à la douane pour sortir l’argent liquide avec la complicité du receveur de la douane. Lequel receveur fait l’opération, puisqu’il aura sa part de 35%. Autrement dit, lorsque la Banque centrale aura fait la compensation sur ce chèque, seulement 1.000.000 francs Cfa reviendront à l’État. Il y aura donc un « trou » de 9.000.000 francs Cfa.
Comme quoi, on vers seulement quelques miettes au Trésor public. En pareil cas, mieux un chèque sans provisions selon l’expression des financiers. Si la Banque centrale était vigilante, depuis belle lurette on aurait découvert ce genre des magouilles.
L’autre scandale financière qui défraie actuellement la chronique, porte sur la disparition de 68 déclarations de douanes d’une valeur de près de 5 milliards de francs Cfa. Où sont allées ces déclarations ? Certes, il sera un peu difficile de retrouver les traces.
Mais, une déclaration passe par au moins huit bureaux. Si sept bureaux peuvent tromper, le huitième au moins peut aider à remonter la filière.
N’est-ce pas ? A qui profite ce genre d’activités mafieuses? Et tout le monde s’interroge si le président Sassou Nguesso qui, soi-disant, prône la lutte contre la corruption, la fraude et tous les fléaux qui leur ressemblent, ne sera pas roulé dans la farine par ses propres parents. Nous y reviendrons nos prochaines éditions. Gardez votre souffle.
Voila qui, loin de troubler l’ordre public (comme rapporteraient les maffiosi de la république), sonnerait comme une véritable alerte aux oreilles du nouveau ministre des finances. Si en réalité Gilbert Ondongo veut aller loin sur le « Chemin d’Avenir » de son boss, il ferait mieux de tirer au clair cette affaire. Sa crédibilité en dépend aussi, même si elle peut cacher une autre affaire managée par les dignitaires du pouvoir. Sauf s’il veut à l’instar de certains de ses prédécesseurs comme Issoibeka, Moungounga (excepté Rigobert Andely), devenir « sinistre » des finances.
En tout cas «a Gilbo», vous avez un très bon dossier sur votre bureau. Déployez seulement les contrôleurs et les inspecteurs. Et vous pourrez donner raison aux médisants de la république.
Misère Nestor IKAMA MAPAHA
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