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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Guinée : COMMUNIQUE DE L'ONG INTERNATIONALE ENDA TIERS MONDE

CHERS CONFRERES ET CONSOEURS ET MEMBRES DE LA SOCIETE CIVILE GUINEENE

 

VEILLEZ RECEVOIR CETTE CONTRIBUTION DE L'ONG INTERNATIONALE ENDA QUI CONSISTE A DENONCER LA SITUATION QUI PREVAUT PRESENTEMENT EN GUINEE.

EN TANT QUE SOCIETE CIVILE NOUS NE SAURIONS GARDER LE SILENCE SUR CE QUI SE PASSE EN GUINEE.

CETTE CONTRIBUTION A ETE EGALEMENT ENVOYEE A LA SOCIETE CIVILE GUINEENNE POUR UN SOUTIEN SANS FAILLE POUR LEUR COMBAT POUR LA DEMOCRATIE LA CITOYENNETE LE RESPET DES DROITS HUMAINS ET LA BONNE GOUVERNANCE.

MERCI POUR LA DILIGENCE DE CE COMMUNIQUE /CONTRIBUTION INTIE PAR LE SECRETARIAT EXECUTIF DE ENDA TIERS MONDE.

PAR CETTE CONTRIBUTION RECEVEZ LES SALUTATIONS DE MADAME JOSEPHINE OUEDRAOGO SECRETAIRE EXECUTIF D ENDA

 

SIMON MELEDJE 

JOURNALISTE   

CHARGE DE COMMUNICATION  

ET DES RELATIONS AVEC LES MEDIAS/ENDA

TEL 77 633 67 62

 

 

La douloureuse marche de l’Afrique vers la démocratie 

Le carnage qui vient de s’opérer à Conakry nous laisse interdit. Nous sommes consternés qu’aujourd’hui encore des mains armées n’hésitent pas à violenter, humilier et tuer des civils, femmes et hommes sans défense qui  voulaient simplement exprimer de  manière pacifique leur opposition à  l’éventuelle  intention du Président de la junte, M. Moussa Dadis Camara, de présenter sa candidature  aux élections.

Avant tout autre propos, Enda Tiers Monde exprime ses condoléances et tout son soutien moral aux familles des personnes victimes des évènements tragiques du 28 septembre.

Les émeutes de Conakry nous forcent à nous interroger sur le niveau de la démocratie dans les états africains. Les signes d’avancement dans bon nombre de pays sont pourtant évidents : la liberté d’expression dont se saisissent les populations chaque jour à travers des milliers de média (radios, chaînes de télévision et presse privées), des débats libres et profonds menés dans des conférences et des assises nationales sur la gestion de la nation, des syndicats et autres mouvements sociaux qui dénoncent  régulièrement les abus des dictateurs politiques et économiques,  sans compter la maîtrise parfaite des urnes par des électeurs en quête d’alternance, etc. Ce sont là des signes d’une prise de conscience politique réelle et irréversible des populations. Ce sont des témoignages  d’une démocratisation, certes lente, mais assurée dans la durée.

Il n’y a plus aucun doute possible : l’Afrique est en marche vers la démocratie.

En même temps, nous assistons encore impuissants, à des dérives d’une violence dignes d’une époque où les populations et leurs chefs locaux étaient assujettis à la loi du « seul maître à bord » qui avait droit de travaux forcés, d’esclavage, de liberté ou de mort sur tous.

Aujourd’hui, nous voulons nous arrêter un instant pour jeter un regard sur la démocratie en Afrique, afin de ne pas nous laisser décourager ni bloquer par ce qui vient de se passer en Guinée.

En effet, les élections truquées, les constitutions moult fois révisées au profit de successions douteuses, les coups d’état récents, souvent sanglants, la répression violente des manifestations publiques, les assassinats, les emprisonnements arbitraires,  sans procès, les conflits sanglants autour de zones minières, etc. nous ramènent a la réalité douloureuse d’un continent exsangue.

Le pouvoir, parfois absolu, semble devenir  la seule motivation de beaucoup d’hommes politiques parmi ceux qui parviennent par la force ou par les urnes, aux tribunes d’honneur de nos Etats.  Pour ces derniers les démocraties qui s’instaurent ne sont que de façade, et si les institutions mises en place paraissent formellement démocratiques, elles sont en pratique quasiment vidées de leur vocation première.

Pouvoir, enrichissement personnel, alliances avec les cartels criminels  remplacent très rapidement les promesses de  démocratie et de développement qui les ont porté au siège de la magistrature suprême. Leurs objectifs de faire respecter le droit et la justice, de construire le bien-être et la sécurité des populations en renforçant leur accès à la santé, à l’éducation, aux infrastructures et aux marchés, leurs objectifs de travailler à l’intégration régionale et à la paix  sont vite confiés aux partenaires de développement et aux ongs locales, tandis qu’eux-mêmes, responsables politiques et étatiques, s’occupent de tenir les rênes du pouvoir et de partager les ressources directes en s’assurant que PERSONNE (à l’intérieur comme à l’extérieur) ne leur exigera des comptes. C’est pourquoi ils phagocytent les deux autres « piliers » de l’Etat que sont le législatif et le judiciaire. C’est aussi pourquoi, l’on a généralement du mal à faire la distinction dans nos pays entre ce qui relève de l’Etat et ce qui relève des gouvernants politiques.

Alors, nous nous interrogeons sur l’issue de tout cela. Qu’est-ce qui n’a pas marché depuis les indépendances ? Les voix des héros politiques panafricanistes ont-elles été étouffées par les bruits des bottes ou ont-elles été écrasées par les tiraillements autour des ressources dont regorgent nos sols et nos sous-sols ?  Les écrits des penseurs, historiens et philosophes, militants de la paix, profondément convaincus de la force de tolérance, de la profondeur de la sagesse et de la grandeur d’âme des peuples sont-ils désuets?

Faut-il désespérer de l’Union Africaine, qui en fait n’a d’autre voix que celle des chefs d’Etat qui ne peuvent guère arrêter les abus et les délires de leurs pairs parce qu’ils sont pris au piège du devoir de solidarité et de fraternité ? Faut-il désespérer des élus de nos parlements dont beaucoup sont devenus les caisses de résonance de gouvernants par les moyens et l’autorité desquels ils ont été élus ? Faut-il désespérer des institutions internationales chargées d’arbitrer et de faire appliquer les instruments qui sont censés faire autorité sur toute nation ?

Oui, nous commençons à désespérer de beaucoup d’hommes d’Etat et de tous les mécanismes et des institutions dont ils ont le contrôle. Mais nous ne désespérons pas de la clairvoyance des peuples et de leur détermination à utiliser quelques parcelles de liberté pour  rappeler qu’ils constituent la majorité, qu’ils ont des ambitions et des droits, qu’ils veulent contribuer à la gestion de la nation et de ses ressources et qu’ils ont besoin de leaders démocrates, respectueux de la personne humaine  et engagés pour l’intérêt de leurs pays.

La plus grande entrave à l’avancée de la démocratie prend racine dans la conscience de ceux et celles qui détiennent une parcelle d’autorité, qu’ils soient chefs d’Etat, chefs de partis d’opposition, parlementaires et élus locaux, ou même technocrates, responsables et travailleurs d’entreprise,  responsables d’ongs, de groupements associatifs, employés des services publics, etc.  Les « solutions » préconisées lors des grandes rencontres, les analyses pertinentes sur la bonne gouvernance et la démocratie, les Chartes et la plupart des programmes nationaux de développement initiés dans nos pays butent à un moment donné sur un seul obstacle majeur : le type de conscience et d’éthique qui anime ceux et celles censés en être les acteurs et les artisans à quelque niveau que ce soit.

On peut prôner la démocratie et être en même temps l’individu le plus tyrannique sur son lieu de travail  ou au sein de sa famille. On peut prôner la démocratie et la transparence et apposer en  même temps la plus grande opacité sur ses propres activités et ses propres initiatives. On peut prôner la justice et l’égalité des droits et rester hermétique à la détresse de femmes et de jeunes dans son quartier. On peut être éloquent sur les droits et la dignité des pauvres, et ne jamais mettre les pieds dans les quartiers et les villages piégés par la misère issue de l’exclusion sociale et économique.

Quant à certains chefs d’Etat, l’on se demande ce qui contribue si facilement à leur faire oublier qu’ils sont à la tête de leur pays au nom des populations et pour l’intérêt de la majorité. Qu’est-ce qui fait si vite oublier à d’autres la modestie et la simplicité de leurs origines au point de devenir avides d’argent et de luxe, quitte à tuer  pour garder la mainmise sur  les ressources publiques jusqu’à devenir l’otage ou le complice des cartels de stupéfiants et des trafiquants d’armes et de personnes ?

Nous autres, simples acteurs techniques et politiques du changement social et économique, nous devons faire en sorte que l’avidité matérielle, l’arrogance et le refus de rendre des comptes n’envahissent pas nos consciences au point de nous empêcher d’être les relais utiles de l’éthique qui sous-tend la protection des droits et de la liberté de la large majorité.

Enfin, les peuples saturés par l’oppression des dictatures politiques et économiques devront  eux-mêmes veiller à protéger leurs propres consciences et à imprégner  leurs combats d’un sens éthique afin que l’Afrique soit un jour, à jamais libérée des folies meurtrières que nous connaissons aujourd’hui.

Secrétariat Exécutif

Enda Tiers Monde

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