Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Le voyage qu'a effectué Madame Lissouba, fortement encadrée par le pouvoir n'a pas fini de surprendre les congolais en général et les militants de l'UPADS en particulier, Ce voyage en effet suscite à la fois l'interrogation des compatriotes et une aversion des militants de notre parti qui, à juste titre, n'en comprennent ni le contexte, ni la finalité. Les militants cherchent une réponse à leur lourde et légitime interrogation: Qu'est ce que Madame Lissouba est venu faire au Congo?
Selon sa propre déclaration elle serait venue «accompagner le processus de paix aussi longtemps que sa sœur (Madame Antoinette Sassou) le lui demandera»
Ce qui sous entend que ce voyage n'est pas l'émanation de sa propre volonté; il ne s'agit pas d'une simple visite familiale mais politique pour accompagner la paix. Ainsi se conforte l'idée selon laquelle que la paix véritable reste à trouver et à consolider au Congo-Brazzaville.
C'est donc pour éclairer au mieux nos militants pris dans cette nouvelle imposture que le Secrétaire général de la Coordination nationale de l'UPADS pour son Unité d'action et sa Refondation tient à faire une mise au point et ce d'autant plus qu'elle a pris l'initiative après sa mystérieuse visite à Oyo de rencontrer les militants de l'UPADS pour leur parler de l'unité au sein du parti.
DE LA RECONCILIATION ET DE LA PAIX AU CONGO.
Il est important de faire remarquer que la paix véritable dans le pays est tributaire de la réconciliation des congolais. A ce titre, elle devrait trouver son fondement dans l'accord de décembre 1999,seul repère historique accepté par l'ensemble des protagonistes.
Cet accord,outre la cessation des hostilités,prévoit en son article 13 l'organisation d'un dialogue national sans exclusive dont les termes, acceptés par tous les protagonistes, ouvraient des perspectives nouvelles en vue d'un retour de la paix et de la démocratie.
L'occasion nous est donnée pour s'interroger si le voyage de madame LISSOUBA s'inscrit dans ce cadre incontournable? Force est de constater que malheureusement ce voyage est loin d'obéir à la quintessence de cet accord.
En effet, le voyage de Madame Jocelyne Lissouba pose un problème majeur quand, à l'instigation grossière et intéressée du chef de la dictature; cette dernière se saisit des questions de paix et d'unité qui relèvent d'un traitement politique et non pas affectif.
En réalité, madame Lissouba ne s'est pas livrée à Monsieur Sassou pour « accompagner le processus de paix » mais pour accompagner le processus de légitimation tout azimut du régime actuel que les congolais ont rejeté, en s'abstenant massivement à plus de 95%) aux différentes élections truquées organisées depuis 2002 par le régime. Ce faisant, on constate que madame Lissouba est victime du jeu de la récupération, comme l'ont été de nombreux hommes politiques congolais en perte de légitimité.
Pourquoi madame Lissouba obéit - elle désormais à Monsieur Sassou, lui qui a mis fin unilatéralement et brutalement au processus démocratique en renversant son mari, à la suite d'un coup d'Etat opéré avec l'aide des armées étrangères qui ont terrorisés les congolais pendant plusieurs années en contradiction avec la constitution de mars 1992 votée à 97% par les congolais y compris Monsieur Sassou et son parti le PCT?
Disons simplement que la dignité du Président élu démocratiquement, Pascal Lissouba et celle des populations congolaises qui souffrent tant des méfaits de cette dictature n'est pas à vendre.
Notons au passage que madame Lissouba , au cours de sa visite au Congo, évoque elle-même les problèmes de santé de son mari qui le rendent indisponible. A la vérité, ce voyage serait organisé à son insu.
Souvenons nous, pour se donner une assise, le pouvoir de Brazzaville use depuis 1999 de manière répétée de subterfuges et de la duplicité souvent avec la complicité de certains dirigeants de la région:
- lors de la « convention national de la paix, la reconciliation et la reconstruction organisée » à Brazzaville le 21 avril 2001 en lieu et de place de l'application de l'article 13 de l'accord de cessez-le-feu et des hostilités de décembre 1999 qui devait être l'étape ultime vers la réconciliation sans exclusive des Congolais, nombreux des véritables protagonistes du conflit ont été exclus. Le Président pascal Lissouba et le Ministre Nguila Moungounga Nkombo ont fait partie de ces exclus.
-Tout le monde se souvient du périple de Bernard Kolelas, dernier premier ministre de Pascal Lissouba qui finalement a été autorisé à rentrer quelques années plus tard dans son pays dès lors qu'il a accepté de soutenir la dictature.
De même, à la suite d'une élection truquée organisée en l'absence d'un recensement consensuel et d'une commission électorale indépendante, Monsieur Sassou s'est évertué à débaucher puis à obtenir la reddition individuelle de certains protagonistes par tous les moyens mêmes les plus indignes y compris par l'achat des consciences et la corruption.
Il nous faut constater avec regret, que les tenants des congrès de l'UPADS versions 2006 et 2009 n'ont pas échappés à la machination diabolique de débauchage et de récupération orchestrée par Monsieur Sassou. Ceci explique le silence assourdissant qu'ils observent devant l'énigmatique voyage de madame Lissouba au Congo, commencé à Oyo.
DE L'UNITE AU SEIN DE L'UPADS
En marge de ses entretiens d'Oyo, Madame Lissouba s'est intéressée à la question de l'Unité au sein du parti lors de ses rencontres furtives avec des militants de l'UPADS à Mossendjo, Mayoko, Dolisie, Pointe-Noire et Brazzaville,
Notons qu'en 48heures de séjour à Oyo, Madame Lissouba n'a pu s'entretenir avec les militants de notre parti dans cette localité, Il convient d'observer que la question de la vie du parti est une problématique fondamentale qui, est du ressort des seules militants du parti. Or Madame Lissouba n'a jamais adhéré à l'UPADS de même qu'elle n'a jamais à quelque titre que ce soit assumé des fonctions officielles à la direction du parti. Madame Jocelyne Lissouba est depuis l'indisponibilité politique du Président, l'objet d'une monstrueuse instrumentalisation à la fois des faux amis de son époux et du chef de la dictature.
Il est important de rappeler que les dirigeants des tendances actuelles, représentés par les congressistes de 2006 d'une part et ceux de 2009 d'autre part ne formaient à l'origine qu'un seul groupe. Les appétits des uns et des autres, suscités et nourris par le pouvoir de Brazzaville et ses soupiraux ont eu raison de la cohésion en leur sein.
Plus exactement, les causes visibles de la division au sein de l'UPADS, se situent dans les circonstances et la manière dont le Conseil National d'Avril 2005 et le congrès de 2006 ont étés convoqués et organisés, Le drame s'est noué avec l'entrée en scène de Monsieur Pascal Ngamassa, parent du Président Lissouba qui obtiendra des faux documents lui conférant le pouvoir de convoquer un congrès et de légitimer toutes les décisions ahurissantes.
Pour rendre digestif leur complaisance vis-à-vis du pouvoir, Pascal Ngamassa et ses amis congressistes de décembre 2006 vont manipuler l'épouse du Président Lissouba et exhiber dans une enceinte dans laquelle ils n'avaient pas leur place, les enfants de ce dernier.
Pour créer davantage de zizanie au sein de l'UPADS, avec le dessein de l'affaiblir durablement, Monsieur Sassou se trouvant au centre du jeu, aide ses anciens amis du PCT et, par ailleurs, ses nouveaux obligés de tenir un deuxième congrès statutairement tout aussi illégitime que le premier qui a l'avantage, pour lui, d'émietter le parti, rendant ainsi son action inefficace. Ce congrès fut organisé avec l'appui matériels et financiers du pouvoir de Brazzaville de l'aveu des organisateurs eux-mêmes. Ce double jeu ne pouvait que nuire fondamentalement à la cohésion du parti.
En effet, à la suite de la rencontre de courtoisie entre madame Lissouba et les militants du parti à Brazzaville, Il est apparu des divergences fondamentales dans les déclarations faites par Tsaty Mabiala et Moukouéké qui n'augurent aucunement l'Unité du Parti en l'absence d'une ligne politique clairement identifiée.
En ce qui nous concerne l'Unité de l'UPADS ne saurait se concevoir en dehors d'un ancrage réelle et véritable dans l'opposition, mieux dans la résistance au pouvoir illégitime de Brazzaville.
En clair, l'UPADS a le devoir historique de ramener la démocratie au Congo avec le concours des autres forces vives et patriotiques. Cela suppose l'exclusion de sa participation aux institutions mises en place par le pouvoir de Brazzaville et aux différentes élections dont les résultats sont truquées et connues d'avance . Pour ce faire il faut que le Parti soit refondé.
Les Militants de l'UPADS doivent en conséquence redoubler de vigilance et continuer à faire échec à toutes les tentatives d'OPA sur leur parti, De ce fait, ils ont l'impérieux devoir de se l'approprier, le protéger des prédateurs et semeurs de zizanie de tout acabit,
Le parti ainsi protégé et résolument adossé sur la ligne politique sus-dessus énoncée, et en synergie avec les autres forces vives de la nation jouera assurément un rôle déterminant dans le processus du retour de la démocratie congolaise,
C'est à ce titre que les militants, le parti lui-même pourraient mériter du Président Pascal Lissouba et de son principal compagnon Nguila Moungounga Nkombo mais aussi et surtout de la Nation,
Le Secrétaire Général de la Coordination nationale de l'UPADS pour son Unité d'Action et sa Refondation
Gilbert NSONGUISSA MOULANGOU
Paris le 30 Mai 2010