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Le groupe Forum Radio et Télévision des droits de l'homme suspendu pour deux mois
Le Conseil supérieur de la liberté de communication (Cslc) réuni en collège des membres ce 26 mai, au palais du Parlement à Brazzaville, a décidé de l'arrêt des programmes de radiodiffusion et de télévision, ainsi que de tout autre support du Groupe Forum Radio et Télévision, pendant la période allant du 26 mai au 26 juillet.
Le Conseil argumente que la Radio Forum a délibérément violé les dispositions réglementaires en diffusant un flash info pour réagir contre l'usage de l'expression « prélat défroqué » attribuée à l'abbé Fulbert Youlou par le cabinet du chef de l'Etat dans l'agenda officiel 2010. Dans ce flash info, le journaliste n'a pas compris le sens du mot « défroqué », et a tenu des propos qui poussent à la manipulation de l'opinion et à l'incitation à la division par voie de presse.
Les médias du pays sont mis sous tutelle du pouvoir en place, une régression effrayante et dangereuse.
Le Conseil a entendu le 15 avril dernier, Dieudonné Kindonda et Arsène Malongo, respectivement directeur des programmes et directeur des informations du groupe Forum Radio et Télévision des droits de l'homme. Les deux personnalités ont reconnu leur légèreté dans le traitement du sujet.
En réalité, le terme « défroqué » ne constitue en rien une injure, encore moins une épithète dégradante ou attentatoire à l'honneur d'un ancien chef de l'Etat, comme l'a pensé l'auteur du flash info incriminé. Le vocable « défroqué » signifie : un prêtre qui a renoncé à l'exercice de sa mission religieuse.Or, il est historiquement établi que le président Fulbert Youlou a renoncé à servir l'Eglise pour s'investir dans la vie publique.
Le Conseil a conclu que l'inexactitude volontaire de l'information, le manquement au devoir de vérité, la manipulation de l'opinion et l'incitation à la division par voie de presse sont des délits punis par la loi.
Le plenum des membres du Conseil a rappelé que les droits de l'homme prônés par le groupe Forum Radio et Télévision sont simplement la thématique essentielle de son cahier de charges visant l'éducation et la formation des auditeurs et téléspectateurs sur les questions des droits humains. Cette thématique ne saurait conférer à ce média le statut d'association de défense et de promotion des droits de l'homme.
Au Congo, les journalistes n'ont plus le droit de nuancer, d'analyser, de critiquer ouvertement le discours ou les propos du chef de l'état sans être sanctionner. Le Conseil supérieur de la privation de communication mérite ce nom car chaque semaine au moins un média est suspendu une façon de faire taire ceux qui l'ouvrent un peu trop pas toujours au gout du pouvoir. C'est une atteinte flagrante aux droits de la presse, Jean-Michel Apathie serait déjà décapité s'il exerçait son métier à Brazzaville.
Il est vraiment temps que la communauté internationale se saisisse du dossier de la censure du Congo.