Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Faisant suite à notre entretien, je te fais parvenir, en pièces jointes, la lettre que j'adresse à Monsieur le Ministre des Affaires étrangères, dans laquelle je lui fais état de la situation qui prévaut en ce moment au sein de la Mission , quant à la gestion du dossier OMC et, partant, de la coordination.
Dans cette lettre, je me suis abstenu d'aller dans les détails un peu plus gênants. J'en profite pour te les donner par mail, quitte à toi de voir comment les exploiter.
Monsieur le Ministre,
Je viens très respectueusement vous informer de la situation relative au dossier OMC, dont j'ai la charge, à la Mission Permanente du Gabon à Genève.
En effet, en date du 1er janvier 2010, notre Ambassadeur a décidé de prendre la coordination du Groupe Africain à l'OMC, sans consulter qui que ce soit à la Mission , ni à la Centrale. J 'ai été seulement informé de la décision. Néanmoins, j'ai émis des réserves sur cette décision car, coordonner un Groupe aussi important que le Groupe africain à l'OMC nécessite des moyens humains et financiers supplémentaires.
Malgré mes conseils, Monsieur l'Ambassadeur a maintenu sa décision à laquelle je me suis plié. Suite à un volume de travail intense, j'ai eu un surmenage, qui a nécessité un arrêt maladie d'un mois, allant du 04 février au 05 mars 2010, car j'assumais tout seul les tâches qui devaient être exécutées par toute une équipe. Chacun sait qu'une coordination nécessite un planning, une stratégie et des moyens humains et financiers ; disposi tions qui ont toujours été prises par nos prédécesseurs à la coordination. Ce qui n'est malheureusement pas notre cas.
Je tiens à noter qu'en dépit des multiplies sollicitations par rapport à ce dossier, je n'ai jamais bénéficié de la moindre reconnaissance ou encouragement de mon Ambassadeur.
Durant mon absence, mon collègue chargé des questions économiques a assuré mon intérim. A la reprise, les relations entre Monsieur l'Ambassadeur et moi se sont détériorées car, je n'arrivais pas à comprendre les décisions qu'il a prises et dont les principales sont les suivantes :
1) J'ai des difficultés à comprendre les raisons qui ont guidé Monsieur l'Ambassadeur d'aller chercher un étranger (Côte d'Ivoire), qui n'est ni expert national, ni fonctionnaire de l'OMC. Ce dernier est payé par l'OMC à 5000frs suisses par mois, pendant un an ; soit 2.145.000 FCFA /mois (le transport et l'assurance maladie sont également pris en charge par l'OMC), pour nous appuyer au détriment d'un gabonais. Cela aurait permis à notre pays de bénéficier d'un renforcement de capacité et d'une expertise avérée au terme de cette coordination. Cette décision nous vaut d'ailleurs les moqueries des autres pays, car pour eux, il n'ya pas de Gabonais capables de faire ce travail de coordination ;
2) J'ai également du mal à comprendre pourquoi le Gabon ne bénéficierait pas au moins d'un des trois séminaires liés à cette coordination et qui sont entièrement pris en charge par l'Union Africaine et la Commission Economique Africaine de l'ONU. Pour Monsieur l'Ambassadeur, aucune activité ne doit se dérouler au Gabon dans le cadre de cette coordination, étant donné que le Gabon (Ministère des Affaires étrangères ) n'a pas voulu, selon lui, qu'il prenne cette coordination ;
3) Il est également surprenant que ce soit cet ivoirien qui m'informe des décisions de l'Ambassadeur, alors que nous sommes au service de notre pays en étant tous dans la même Mission ;
Il aurait été judicieux, à mon avis, d'associer tous les membres de notre Mission diplomatique avec le précieux concours du renfort humain et financier sollicité de la Capitale.
Tout expert non gabonais profiterait de la tribune que nous lui offrons et travaillerait en réalité pour son pays. Pour preuve, au mois de février, j'ai été approché par un collègue diplomate qui m'a dit, d'un ton très moqueur, je cite : « Pourquoi vous avez pris un ressortissant dans un autre pays, cette personne travaille pour son pays même si d'apparence il est censé travailler pour le Gabon ».
En ce jour, Monsieur l'Ambassadeur m'a dessaisi de mes attributions de conseiller en charge des questions de l'OMC. Pour preuve, je devais prendre part à un séminaire d'experts qui se tient au Kenya, du 12 au 16 avril 2010. J'avais déjà mon billet et ma prise en charge par la Commission Economique Africaine.
Monsieur l'Ambassadeur a décidé tout simplement que je ne dois pas aller à cette mission parce que je ne veux pas le suivre dans ses décisions qui, pour moi, ne profitent pas à notre pays, comme je l'ai souligné plus haut.
Le jeudi 8 avril 2010, Monsieur l'ambassadeur m'a appelé à son bureau, en présence du Conseiller économique, pour me signifier que je suis déchargé du dossier OMC au profit de ce dernier. J'ai voulu savoir quelles en sont les raisons. Pour toute réponse, Monsieur l'Ambassadeur m'a chassé de son bureau avec brutalité et mépris : « sortez de mon bureau, je ne veux plus vous voir....vous vous prenez pour qui....est ce que le fai t d'être un parent du Premi er Ministre est un privilège ?...
....en tout cas, on va voir...tout le monde a des parents.....tu as de la chance, si on n'était pas au bureau, tu allais me sentir... ».
Je suis sorti calmement sans le suivre dans son hystérie. Il m'a suivi jusqu'à la porte de mon bureau en continuant à me traiter de tous les noms et à me comparer à lui, en disant « ..tu n'as même pas le tiers de ce que j'ai... ». C'est au couloir qu'il a continué à me proférer des propos humiliants et dégradants, attirant ainsi l'attention de tous les autres collègues, y compris le personnel local, qui étaient dans leurs bureaux respectifs, ainsi que le Premier Conseill er. Je n'ai pas répondu à ses attaques et c'est Monsieur le Premier Conseiller qui, par la suite, m'a appelé à son bureau pour me donner une demande d'explication à laquelle j'ai déjà répondu.
En ce moment, l'Ambassadeur est parti à cette mission (qui ne concerne que les experts) au Kenya avec le nouveau chargé du dossier qu'il a désigné, le conseiller chargé des questions économiques.
Monsieur le Ministre, je tiens donc à vous informer qu'en ce moment, le dossier OMC, qui me revient de droit, par décret pris en conseil des Ministres, a été désormais attribué, de fait, à mon collègue, conseiller économique, sans que cela ne me soit mentionné par écrit. Cette situation, extrêmement gênante pour moi, me laisse sans occupation au sein de la Mission. Il est bien entendu que le travail quotidien sur le dossier OMC ne peut être dissocié de celui lié aux activités du Groupe africain à l'OMC et dont de la coordination.
C'est au regard de la gravité de la situation que je viens de décrire ci-dessus, que je me suis permis de vous écrire.
Dans l'attente de toute instruction de votre part sur ce qui précède, je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Ministre, les assurances de ma très haute considération.
Saturnin ABOGHE
Conseiller chargé de l'OMC
Voici décrit ci dessous la situation générale que j'observe et qui prévaut à la Mission.
Mais avant tout, je veux t'informer que l'autre conflit que j'ai avec l'Ambassadeur part du fait que depuis son arrivée à Genève, en 2008, il m'a chargé de procéder aux inscriptions de ses trois enfants. Ce que j'ai fait pendant les années scolaires 2008-2009 et 2009-2010.
Ayant constaté que deux des enfants qu'il m'a souvent demandé de faire inscrire sont en réalité fictifs à Genève, et que cela ressemblait à du faux, je lui ai signifié mon intention de ne plus continuer à cautionner cette pratique, qui consiste à faire croire à l'Etat gabonais que ses enfants sont régulièrement inscrits à Genève, alors que Monsieur l'Ambassadeur n'a en réalité qu'un seul enfant à sa charge ici à Genève et qui est régulièrement inscrit.
A travers cette pratique frauduleuse, l'ambassadeur perçoit, pour ces deux enfants fictifs à Genève, environs 16.000.000 Francs CFA par an. Soit 32.000.000fcfa pour les deux années scolaires pendant lesquelles cette fraude existe.
Il est à souligner qu'un enfant coûte dans un établissement privé à Genève environ 8.000.000fcfa par an.
Pour ce qui est de l'argent des visas, l'ambassadeur a juré, à qui veut l'entendre, qu'il ne versera jamais l'argent que génère l'établissement des visas à qui que ce soit, même si ça doit lui coûter son poste". Les visas génèrent environ, en suisse, un peu plus de 5.000.000FCFA par mois (cf. affirmation de l'ancien Premier Conseiller qui gérait la question pendant son intérim).Il refuse de reverser les recettes des visas à la Paierie de Paris conformément au principe d'unicité des caisses. Les cotisations sociales des employés locaux (16.000.000) chaque année depuis deux ans n'ont jamais été reversées. Il empoche le salaire de son cuisinier fictif (environs 1.505.000 par mois). Mais malgré cette man ne qui va droit dans sa poch e depuis deux ans, la mission n'a pas de téléphone, ni de fournitures. Cette situation perdure depuis. Il a acheté un portable qui sert de téléphone pour appeler à la mission du Gabon, depuis deux ans. Le fixe n'est que pour recevoir. Et c'est une secrétaire qui détient ce portable où on appelle que les fixes et l'opérateur Orange en suisse voici le numéro de ce portable : 0041 78 6924936.
S'agissant du salaire de son domestique qui a été renvoyé depuis, il perçoit son salaire depuis son arrivée, soit deux ans. Un salaire de 5000 francs suisses, environ 2.300.000FCFA par mois. Le contrôleur financier est là dessus, mais l'Ambassadeur est en train de l'empêcher de faire son travail. Jusqu'à ce jour, elle n'a pas de bureau et travaille chez elle, alors que les bureaux sont disponibles. A peine arrivée, des tentions de médisances à son sujet sont proférées par l'Ambassadeur. Son complice est le chancelier, avec qui il fomente tous les coups et qu'il présente partout comme son adjoint. Il va en mission avec lui, alors que le chancelier ne doit pas s'absenter au même moment que l'ambas sade ur.
En réalité, les problèmes partent de la gestion de la campagne et de la période électorale et post électorale.
En effet, l'ambassadeur n'a pas voulu que nous autres, pédégistes, puissions faire campagne pour notre candidat. Lui et son chancelier, qui soutenaient les candidats de l'opposition, ont tout fait pour entrainer les quelques gabonais en suisse à voter pour leurs candidats, par le biais des gars qu'il recevait en coulisse.
En douce, et sans se faire remarquer, il soutenait l'opposition. Malgré les moyens colossaux générés par les visas, il n'a impliqué personne de la mission pour promouvoir la candidature de notre candidat. Au contraire, il soudoyait les jeunes gabonais en suisse.
Voyant qu'au décompte final, le candidat PDG était en première position, il a multiplié des signes de colère et d'énervements. Au moment du contentieux, il gardait espoir que son candidat va gagner. Ce sont là des témoignages des jeunes qu'il soutenait en sourdine.
Après la proclamation officielle, son comportement est devenu plus qu'aigri et râleur vis-à-vis de tous ceux qui ont soutenu le candidat ALI.
A l'investiture, alors que tout le pays fêtait cet heureux évènement, nous avons travaillé comme si rien ne se passait au Gabon. D'où sa mauvaise humeur actuelle et son envie d'évincer tous ceux qui ne sont pas opposants comme lui.
Aujourd'hui, il continue à clamer fort qu'il est docteur et que le Ministère des affaires étrangères est parti le chercher car il ne disposait pas de cadre de son rang. Il raconte partout qu'il travaille seul, alors qu'il ne connait même pas le contenu d'un seul dossier traité à Genève. Il passe son temps au bureau, pour contrôler les visas, alors que le travail à Genève se passe dans des réunions hors du bureau.
Avec tous les conseillers ainsi que le personnel, si rient n'est fait, l'irréparable pourrait se produire à tout moment.
S'agissant du Premier Conseiller, on me reproche de l'avoir aidé à scolariser ses enfants alors qu'il était encore au Gabon et n'avait pas de domicile à Genève. Heureusement d'ailleurs que je l'ai fait sinon il n'aurait jamais pu s'installer, car les bailleurs exigent une caution d'au moins trois mois. C'est grâce aux frais de scolarité de sa fille aînée qu'il a pu s'installer, hypothéquant la scolarité de celle-ci qui est au Gabon jusqu'à présent.
Entre autre, et je ne comprends pourquoi Monsieur le Premier Conseiller subit également des humiliations et des blocages professionnels de la part de l'Ambassadeur. Car depuis son arrivée, il faut le dire, nous avons repris goût au travail. Il est dynamique, efficace et inventif. Il nous a ouvert son bureau et nous écoute. Avec lui, nous pouvons au moins discuter, faire des propositions sans craindre que nos paroles soient mal interprétées comme c'est le cas avec l'Ambassadeur, avec qui on dialogue par mail.
Il a été dit sur lui qu'il est venu médire sur tout le monde. L'Ambassadeur a même dit en pleine réunion et devant tout le monde (chauffeurs, etc.) : « vous voulez que je dise à tout le monde ce que vous avez raconté sur eux. Je crois que vous ne vous direz même plus bonjour dans cette Mission ». Après vérification auprès des autres et de l'avis de tous, c'est dans les habitudes de l'Ambassadeur d'opposer ses collaborateurs entre eux, par de tels tissus de mensonges et de contres vérités.
M. le Premier Conseiller, après des promesses que le logement de l'ancien Premier Conseiller lui serait attribué comme c'est le cas partout, s'est vu refusé ce dernier. L'Ambassadeur lui a dit que le bail avait été résilié, ce qui n'est pas vrai, pour preuve, l'ancien Premier Conseiller y réside jusqu'alors.
L'Ambassadeur lui a même dit qu'il devrait se débrouiller à trouver lui-même un appartement : Or, il ne connaissait pas du tout la Suisse. Il m'a à nouveau sollicité. M. l'Ambassadeur ne m'a pas autorisé à prendre le véhicule de liaison afin de parcourir Genève à la recherche d'un logement du Premier Conseiller. Il en a même voulu, et jusqu'aujourd'hui, au chauffeur de liaison qui s'est mis à sa disposition, affirmant en pleine réunion : « Monsieur le Premier Conseiller, sachez que le chauffeur de liaison n'est pas votre chauffeur particulier ». Qu'aurais t-il pu faire sans aide, ne connaissant pas la Suisse ?
Lorsque le Premier Conseiller est arrivé pour rechercher son logement, il a du se faire loger par un compatriote gabonais à la frontière, du côté de la France. Ce compatriote a du loger ses beaux parents dans un hôtel et laisser M. le Premier Conseiller occuper la chambre qu'ils auraient occupés. Tout ceci, parce que l'Ambassadeur lui a payé 13 jours d'hôtel sur une quarantaine ; le laissant quasiment dans la rue en début d'hivers. Je me suis même proposé de le loger dans une chambre. Par pudeur, il a refusé. Tous les autres Conseillers, sauf notre Chef à tous, se sont proposés de le loger à tour de rôle jusqu'à ce qu'il trouve un logement.
Il a fallut que le Ministre des Affaires Etrangères écrive à l'Ambassadeur pour qu'il lui restitue les clés de son Bureau il y a un mois (alors qu'il est ici depuis janvier) car, en tant qu'adjoint du Chef de Mission, il travaillait dans le bureau des chauffeurs où on retrouve : sachets, micro onde, réfrigérateur, armoire de rangement de vaisselle, vaisselle, couverts, cafetière, etc., et où tout le monde à accès à n'importe quel moment pour réchauffer la nourriture, faire du café...
Voilà les quelques analyses que je voulais ajouter à votre attention et qui peuvent permettre de mieux comprendre la complexité des rapports que l'Ambassadeur entretient avec nous ici. Mon cas n'est pas isolé car, ses relations sont également très difficiles avec mes autres collègues, ainsi que le personnel local.
C'est une honte en ce moment d'être diplomate gabonais à Genève, car les autres collègues se moquent de nous en disant que notre ambassadeur fait honte à l'Afrique dans sa gestion de la coordination à l'OMC. Il ne maitrise pas l'anglais et ne comprend rien des dossiers. Il a accepté cette coordination parce qu'il pense que ça peut permettre aux autorités gabonaises de ne pas l'enlever de ses fonctions, oubliant qu'on peut bien l'enlever et un nouvel ambassadeur vient terminer la coordination, comme ça se passe bien dans d'autres pays et d'autres dossiers. L'ambassadeur est imbu de sa personne et ne prend pas le temps d'étudier ses dossiers. Il compte sur ses conseillers, qu'il vilipende aussi partout, en disant qu'il travaille seul, alors qu'il ne peut même pas faire une seule phrase pour parler de l'OMC ou des droits de l'homme, les plus grands dossiers ici à Genève.
C'est la débâcle, si rien n'est fait, c'est l'honneur du Gabon qui s'envole un peu plus chaque jour.
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