Espace d'échange de la diaspora congolaise.
| Sur le terrain, donc les différents gestionnaires des guichets composés des membres du haut commissariat à la réinsertion et du CNR remettent 100.000 Fcfa à chaque ex-combattant pour un MPAK, 120.000 Fcfa pour un FEM, 60.000 Fcfa à celui apportant un SKS, 150 Fcfa pour une cartouche, 15.000 Fcfa pour une grenade et 3.000 Fcfa pour un obus. Cet argent est décaissé aussitôt l’arme remise. Seulement, cette opération ne semble pas convaincre toutes les parties sur le terrain. Certains ex-combattants pensent qu’il s’agit d’une tromperie de la part du gouvernement et du haut commissariat à la réinsertion. Car, leurs émissaires ne disent rien de la réinsertion officielle, de l’intégration dans l’armée des ex-combattants en âge, ni de la prise en compte des grands points de l’accord signé devant la communauté internationale entre le gouvernement et le Conseil National de la Résistance (CNR), converti aujourd’hui en parti politique dénommé : Conseil National des Républicains (CNR). « C’est une opération de charme. Nous ne savons pas réellement ce que veulent le gouvernement et son haut commissariat à la réinsertion. Chaque fois, ils ne viennent que pour les armes, jamais pour l’application de tous les points de l’accord. C’est pour eux un appât afin de reprendre les hostilités si nous manifestons un refus quelconque. C’est pour la énième fois qu’ils reviennent pour les armes mais jamais, ils n’ont respecté les accords. On se demande qui du gouvernement et de nous a réellement envie de faire la paix dans ce pays. », a dit un ex-combattant à Kinkala. Toutefois, les acheteurs d’armes ont déjà eu quelques armes qui, semble t-il, traînaient entre les mains des ex-combattants, mais reste à savoir s’ils auront le nombre souhaité. Un autre son de cloche. Quelques membres du CNR pensent que cette opération vise tout simplement à réduire le nombre de 5000 ex-combattants notifiés dans les accords par le Pasteur Frédéric N’tumi Bintsamou et qui seraient autour de lui. Le jeu est, semble t-il, d’acheter les armes tout en relevant les noms des vendeurs afin d’établir une liste définitive d’ex-combattants auprès du Pasteur N’tumi, à réinsérer. Ce qui voudrait tout simplement dire que tout « ninja » qui n’aura pas son nom sur cette liste ne sera pas pris en compte. Mais tout ceci n’est qu’imagination des ex-combattants. Ce qui est vrai, cette opération est acceptée par les membres du CNR pour montrer une fois de plus au gouvernement leur bonne foi et leur volonté de faire la paix… Les acheteurs de ces armes de guerre ont donc la charge, pendant deux semaines, de rassembler toutes les armes de guerre, sans distinction de qualité, à Mayama, Kindamba, Vinza, Kindamba-Ngouedi, Kingouala et dans toutes les gares du Chemin de Fer Congo Océan (CFCO) partant de Goma Tsé-tsé à Kimbedi. |