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Dans la perspective de l’élection présidentielle de 2009, le P.c.t (Parti congolais du travail) et le R.d.d (Rassemblement pour la démocratie et le développement), ont signé un accord politique, lundi 23 février 2009, à l’hôtel Olympic palace, à Brazzaville. Ce sont les deux secrétaires généraux, Mathieu Kani, pour le R.d.d, et Isidore Mvouba, pour le P.c.t, qui ont signé le document.
Le 21 décembre 2008, Jacques Joachim Yhombi-Opangault conduisait son parti dans le rapprochement avec le P.c.t, au nom de la social-démocratie, idéologie qu’ils ont en commun. «Faisant le constat des années passées, nous nous sommes aperçus que d’autres forces ont choisi aussi le même modèle de société que nous. C’est avec tous ceux qui partagent cet idéal de social-démocratie que nous devons tisser nos alliances, partager nos ambitions, en nous battant, chaque jour, pour le consensus national, la solidarité et la justice sociale. Tel est notre rêve, tel est le grand rêve que nous nous efforçons de faire porter par nos militants et sympathisants», avait-il dit, lors d’une session extraordinaire du comité directeur de son parti.
Le vendredi 9 janvier 2009, Michel Ngakala, secrétaire permanent du P.c.t, s’en réjouissait, dans une conférence de presse à Mpila: «En rappelant les affinités idéologiques qui existent entre nos deux formations politiques, les responsables et les militants du R.d.d corroborent notre conviction que, pardessus tout, seules les idées comptent et permettent aux hommes de transcender leurs égoïsmes. Puisse ce rapprochement ouvrir les perspectives d'un partenariat politique fructueux au bénéfice du peuple congolais».
Une commission paritaire avait été mise en place, pour élaborer le projet d’accord. Lundi 23 février 2009, ce partenariat s’est concrétisé par la signature, entre Mathieu Kani, secrétaire général du R.d.d, et Isidore Mvouba, secrétaire général par intérim du P.c.t, d’un accord politique qui tient en deux pages et demie. L’objectif-clé contenu dans le premier article de cet accord est de «présenter un candidat unique à l’élection présidentielle de 2009, sur la base du projet de société de celui-ci; mettre en œuvre une stratégie de campagne coordonnée, cohérente et harmonieuse, à l’occasion de l’élection présidentielle de 2009 et gouverner ensemble, en cas de victoire de leur candidat à l’élection présidentielle».
Cet accord n’est pas inclusif, puisque la «gestion commune des affaires publiques» dans laquelle se sont engagés les deux partis, «inclut également la participation de leurs alliés respectifs».
Dès lors, la boucle est bouclée. Le R.d.d est, désormais, un parti de la majorité présidentielle et ses militants sont appelés à défendre la politique du gouvernement.
Signalons que la cérémonie de signature de cet accord politique s’est déroulée en présence de leurs dirigeants, cadres, militants et sympathisants, ainsi que de quelques responsables des partis alliés. La salle était pleine à craquer.
Tout a commencé par le mot introductif du présentateur, Manu. Ensuite, les différents orateurs se sont succédé à la tribune, pour la lecture de leurs messages. François Itoua, secrétaire national du R.d.d, chargé de la communication, a ouvert le bal des allocutions. Il a donné le sens profond de cet accord: «L’accord politique de ce jour entre le R.d.d et le P.c.t, devrait être considéré comme l’un des faits majeurs de l’histoire politique de notre pays. Fruit d’une lente et impatiente maturation psychologique, qui découle de la volonté de nos deux formations politiques d’œuvrer pour le développement multiforme au Congo. Le raffermissement de la paix, la démocratie pluraliste et la justice sociale, sur la base de notre option commune, qu’est la social-démocratie», a-t-il rappelé.
Pour sa part, Firmin Ayessa, membre du bureau politique du P.c.t, secrétaire permanent chargé des relations avec les partis nationaux, a fait savoir que «le président Denis Sassou Nguesso et le général Joachim Yhombi Opango sont déterminés à défendre la paix. «Le peuple nous demande de nous élever au-dessus des marécages de la division et de la désunion, car comme l’affirme cette grande maxime nationale, « ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise».
Dehors, les groupes folkloriques assuraient l’animation. C’était, si on peut le dire, un grand moment historique pour les deux formations politiques, quand on sait que dans le passé, elles ont rivalisé d’adversité, voire de haine, créant une cohabitation difficile entre leurs militants, particulièrement dans la Cuvette, département dont leurs deux présidents respectifs sont originaires. Elles reviennent donc de loin.
Après ces deux messages, les deux secrétaires généraux ont procédé à la signature de l’accord. Ce geste a été salué par des salves d’applaudissements prolongés des cadres et militants en liesse. Enfin, Anaclet Tsomambet, secrétaire national du R.d.d, chargé des questions stratégiques et de la prospective, a donné lecture du contenu de l’accord. Pour tout boucler, le champagne a coulé à flot, comme on ne peut en douter, dans une ambiance d’embrassades et de larges sourires à n’en point finir. Il ne reste plus qu’à souhaiter bon vent à «ceux qui s’unissent pour gouverner ensemble, avec leurs alliés».