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![]() L'ambassade des Etats-Unis au Soudan, le 10 mars 2009 à Khartoum |
"Le département d'Etat a autorisé le départ du personnel non essentiel et des familles des membres de l'ambassade des Etats-Unis à Khartoum jusqu'à un avis ultérieur", indique l'ambassade dans un communiqué.
"Cette mesure est une réponse à l'expulsion par Khartoum d'ONG", a indiqué à l'AFP un responsable américain sous le couvert de l'anonymat.
Le Soudan a décidé d'expulser 13 ONG internationales actives au Darfour et a fermé trois organisations locales à la suite de la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer un mandat d'arrêt contre le président Omar el-Béchir pour crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour.
Les organisations américaines IRC, Care et Mercy Corps figurent notamment parmi les ONG sommées d'expulsion par Khartoum, qui les accuse d'avoir "collaboré" avec la CPI, mais aussi de vols et d'espionnage.
"Les Etats-Unis condamnent l'expulsion du Soudan des organisations humanitaires internationales (décidée) par le gouvernement soudanais", avait indiqué vendredi le porte-parole du département d'Etat, Gordon Duguid.
Ces départs forcés d'ONG "menacent gravement et immédiatement la vie et les conditions de vie" de millions de déplacés, avait-il ajouté. L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, avait qualifié pour sa part la décision soudanaise de "désinvolte" et "brutale".
L'ambassade des Etats-Unis à Khartoum a, par ailleurs, de nouveau conseillé à ses ressortissants d'éviter certains lieux publics fréquentés par les étrangers dans la capitale soudanaise et recommandé d'éviter tout voyage dans ce pays, qui est le plus grand d'Afrique.
"Le gouvernement des Etats-Unis a reçu des informations quant à des menaces terroristes visant des intérêts américains et européens au Soudan", rappelle-t-elle.
Quelque 2.000 Américains vivent au Soudan, selon des informations obtenues par l'AFP.
En visite au Darfour dimanche, le président soudanais a sommé les ONG, Casques bleus et diplomates de se plier aux lois soudanaises sous peine d'expulsion.
Le 1er janvier 2008, un diplomate américain, John Granville, et son chauffeur soudanais avaient été assassinés. Cinq islamistes soudanais ont été accusés de ce double meurtre.
Les relations entre les Etats-Unis et le Soudan sont tendues. Washington a imposé dans les années 1990 des sanctions économiques contre le Soudan, car il l'accusait d'abriter des membres d'Al-Qaïda, et a bombardé un site de Khartoum.
La question du Darfour, vaste région de l'ouest soudanais en proie à une guerre civile qui a fait 300.000 morts selon l'ONU -- 10.000 selon les autorités soudanaises --, est actuellement l'un des principaux sujets de friction dans les relations entre Washington et Khartoum.
L'ex-président américain George W. Bush avait qualifié de "génocide" la situation dans cette région.