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Un nouvel accord vient d'être signé avec le Togo. Sept autres pays sont concernés par la remise à plat des relations France-Afrique.
PARIS a signé cette semaine un nouvel accord de défense avec le Togo. Le texte adopté lundi à Lomé n'a pas encore été rendu public. Mais il s'inscrit dans la nouvelle relation entre la France et l'Afrique, promise par Nicolas Sarkozy dans son discours du Cap, le 28 février 2008. « La présence militaire française en Afrique repose toujours sur des accords conclus au lendemain de la décolonisation, il y a plus de cinquante ans. (...) Ce qui a été fait en 1960 n'a plus le même sens aujourd'hui », avait affirmé le président français au Parlement sud-africain. Hormis le Togo, sept autres pays sont concernés par la remise à plat des accords de défense qui les lient à Paris : le Gabon, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, le Cameroun, les Comores, Djibouti et la République centrafricaine. Avec l'annulation des anciens accords, devenus obsolètes, disparaissent aussi les clauses secrètes qui engageaient Paris à se porter au secours de certains régimes africains en intervenant militairement, et qui ont permis de sauver la tête de plusieurs chefs d'État, pas toujours les plus démocrates. Les nouveaux accords, « modernisés », qui les remplaceront et qui, par souci de transparence, seront bientôt rendus publics, s'appuient sur la nécessaire « adaptation aux nouvelles réalités ». Notamment sur ce que l'on nomme « l'appropriation », c'est-à-dire la volonté des Africains de prendre leur destin en main. À terme, il s'agit de permettre aux pays africains d'assurer eux-mêmes leur sécurité et leur défense. Et de sortir de la relation parfois incestueuse longtemps entretenue entre Paris et ses anciennes colonies en favorisant une approche plus multilatérale. En incitant, par exemple, l'Union européenne à s'investir davantage. A terme, c'est toute la relation militaire de la France à l'Afrique qui doit être revue. Paris prévoit ainsi de réduire le nombre de ses bases militaires permanentes sur le continent noir. Le 30 janvier, le premier ministre, François Fillon, a aussi annoncé un allégement des opérations extérieures en Afrique. Au Quai d'Orsay, on reste cependant très mystérieux sur les prochains pays qui, après le Togo, officialiseront la modernisation de leurs relations de sécurité avec Paris. Considéré jusqu'à présent comme un pays ami de la France, le Gabon d'Omar Bongo a fait savoir le 7 mars, par une déclaration du parti au pouvoir, qu'il était en faveur de la révision des accords de défense. Alors qu'aucune date butoir n'a été fixée pour cette remise à plat, les diplomates précisent que « rien ne sera imposé » aux pays africains et que la révision des accords se fera « d'un commun accord ».
Ce caractère non contraignant est peut-être la principale faiblesse du changement voulu par l'Élysée. La transparence promise a une autre limite : contrairement à ce que réclament de nombreux députés, les vieux accords de défense et leurs clauses secrètes ne seront pas, eux, rendus publics...
Le Figaro 20 03 09