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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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DROIT DE REPONSE DE JEAN-CLAUDE MAYIMA-MBEMBA A MONSIEUR MBOUNGOU NGOUARI

Monsieur MBOUNGOU NGOUARI, j’ai lu avec beaucoup d’attention votre article posté via le Groupe AFRICDOSSIER.

 A travers votre diatribe contre M. Marcel GUITOUKOULOU, vous avez cité, entre autres, mon nom parmi celles et ceux qui ont fréquenté ou écumé le siège du PCT de la rue Magenta à Paris, dans le 10ème Arrondissement.

 Dans le présent document qui constitue mon Droit de réponse, je ne parle que de moi, de ma personne. Nullement je ne prendrai la défense de qui que ce soi. La raison est simple, je ne les connaissais pas à l’époque, et donc je ne peux répondre de leurs actes.

 Certainement que vous me connaissez, mais moi je ne vous connais pas du tout. Peut-être que je vous ai vu ou rencontré, mais de là à mettre un nom sur un visage, il m’est quasiment impossible.

 Mais le problème n’est pas là. Ce qui retient mon attention, c’est ce paragraphe de votre article du 23 mars 2009 publié dans AFRICDOSSIER :

 « Entre-temps, le mur de Berlin est tombé et le PCT a perdu son rôle dirigeant. Viennent les années LISSOUBA. L'ami Marcel GUITOUKOUOLOU qui est toujours au service du PCT devient un des piliers de l'équipe de Magenta où s'élabore le coup d'État qui va emporter le régime du Président élu démocratiquement. Aux côtés de garçons comme Serge Michel ODZOKI, Christian Gilbert BEMBE, Rodolphe ADADA, Jean Claude MAYIMA MBEMBA, Etienne MOKONDZIMOBE, Bienvenu MABILEMONO, NSONI l'actuel DG de la télévision du général DABIRA, EBENGUE et bien d'autres, Marcel GUITOUKOULOU fait partie des cerveaux penseurs du complot. »

 M. MBOUNGOU NGOUARI et cher compatriote, la première des choses que je tiens à vous faire savoir, c’est qu’en dehors de MM. Michel ODZOKI, Rodolphe ADADA et Etienne MOKONDZIMOBE, que j’avoue avoir rencontré en d’autres circonstances dans le cadre de mes attributions à l’époque, je n’ai pas fait connaissance de tous les autres que vous citez dans votre article.

 Oui, je suis membre du MCDDI.

Oui, j’ai été nommé, à l’époque de l’Alliance URD-FDU, Représentant Permanent de l’Alliance URD-FDU auprès de l’Union Européenne.

Oui, dans ce cadre, j’ai mené des actions contre l’inhumanité du régime de l’époque. J’étais un opposant comme aujourd’hui d’ailleurs.

 Mais je n’ai jamais été, ni de près ni de loin, membre du PCT encore moins des partis auxquels celui-ci a succédé, c’est-à-dire le monopartisme, et encore moins de ses organisations satellites.

Tout au moins, à ce que je sache, la Rue Magenta était le lieu de rencontres et de réunions des membres du PCT dont je n’étais ni adhérent ni membre du tout. Je viens de le préciser ci-dessus.

 Autre chose, je n’étais pas présent, encore moins aux diverses tractations, lorsque l’UPADS avait signé un accord de gouvernement avec le PCT pour les scrutins de 1992 qui ont vu l’élection du Président Lissouba à la présidence de la République. Le MCDDI non plus n’était pas partenaire de cet accord. Vous l’aviez fait à l’époque contre le MCDDI et son président. D’accord. Mais il faut aussi savoir que, comme dit l’adage, « lorsqu’on veut manger avec le diable, il faut avoir une longue cuillère en bois ».

 Monsieur MBOUNGOU NGOUARI, lorsqu’on prend le risque de s’attaquer à quelqu’un, il faut disposer de tous les éléments. En citant tous ces gens, je suis convaincu que vous les avez tous vus à la rue Magenta au cours de diverses réunions qui s’y sont tenues.

 Pour ma part, Dieu m’en garde, je n’ai jamais été un sous-marin ou une taupe pour une quelconque organisation politique donnée de notre pays. Et ce n’est pas aujourd’hui, à l’âge où je suis, que je commencerais. Ce qui revient à dire tout simplement que vous devriez revisiter votre mémoire pour la raison simple que je n’y ai jamais mis les pieds. Seuls y avaient accès, les membres du PCT et ceux de leurs organisations ombilicales.

 Pourquoi je n’ai jamais été du monopartisme ?

 Je vais vous donner quelques éléments historiques pour vous situer. Je ne connais pas votre âge, parce que je ne vous connais pas du tout. Alors, voici :

 En 1965, j’étais très jeune. Je sortais à peine de l’Ecole Normale d’Instituteurs de Chaminade. Mais j’étais aussi, déjà, à cette époque, Commissaire de District des Scouts Catholiques.

 C’est au cours de cette année que fut nationalisé l’Enseignement Privé (catholique, protestant, salutiste) dans notre pays.

C’est aussi au cours de cette année-là que furent interdites et abolies toutes les organisations confessionnelles (Scouts, Louveteaux, Cœurs Vaillants, et Eclaireurs catholiques, protestants et salutistes), etc., pour faire place à un nouveau mouvement des jeunes : le Mouvement National des Pionniers (MNP).

 En dehors des Cadres des mouvements confessionnaux protestants et salutistes qui, eux, avaient rejoint le nouveau mouvement des jeunes soumis au parti unique de l’époque, le MNR, tous les cadres des Mouvements confessionnaux catholiques étaient les seuls à avoir dit « NON » à cette affiliation. Notre patron était Dominique NITOUMBI qui venait de succéder à François ITOUA, notre Commissaire National à l’époque. M. Dominique NITOUMBI est encore vivant, contactez-le, il vous en dira bien plus.

 Malheureusement, ce refus d’adhérer à ce mouvement idéologique des jeunes, le MNP, nous coûta cher, très cher. Nous fûmes enlevés de nuit pour être embastillés les uns au Commissariat Central de Brazzaville, comme Dominique NITOUMBI en compagnie, entre autres, de deux étrangers qui étaient nos Conseillers techniques à notre centre de formation de Djoumouna, à savoir : M. TAVARES (Sénégalais) et M. RABEMANANJARA (Malgache). Quant à moi et deux autres (je tais leurs noms), nous fûmes acheminés vers le camp MAKALA. Nous serons tous libérés grâce à l’intervention au niveau national et international de notre aumônier de l’époque, l’Abbé Thiriez.

 Ces événements se déroulent sous la présidence de M. Alphonse MASSAMBA-DEBAT (MNR) avec comme Premier ministre Pascal LISSOUBA et André HOMBESSA comme Haut Commissaire à la Jeunesse et aux Sports.

 Monsieur MBOUNGOU NGOUARI, ce petit récit est pour vous situer, afin de vous permettre de vous approprier certains pans de l’histoire de notre pays. C’est pourquoi je vous répète qu’avant de vous attaquer à quelqu’un, il faut d’abord l’approcher, le connaître. Ce qui n’est pas et n’a jamais été le cas entre vous et moi.

 A propos des alliances politiques

 Dans notre pays, les alliances sont comme quand on change de chemises. Aujourd’hui, vous avez une chemise verte, demain elle peut être bleue, rouge ou grise, etc. Le problème n’est pas de changer de couleur de chemise au gré des choix politiques des partis ou groupes politiques auxquels vous appartenez. En politique, le plus important est de rester fidèle à ses convictions, à ses idées, etc. C’est-à-dire rester fidèle à soi-même.

 Mon cher compatriote, l’homme que vous prenez en grippe n’a jamais varié, n’a jamais changé de convictions, encore moins ses idées. Cet homme là est égal à lui-même.

C’est pourquoi je peux vous le dire en toute honnêteté : vous vous êtes trompé de cible.

 Il y a des archives au Congo. Malgré la mise à sac du pays, les archives du MNR y sont certainement encore, comme celles du PCT encore au pouvoir. Parcourez-les ! Vous devez encore y avoir des entrées. Dieu seul sait si mon nom y figure. C’est vrai, la fabrique des faux est aussi possible. Il y a aujourd’hui, dans ces systèmes-là auxquels je n’ai jamais appartenu, des experts pour cela.

 Mon cher compatriote, mes Aïeux cités dans la dédicace de mon tout dernier livre, que je viens de vous conseiller de lire ou relire, se retourneraient dans leurs tombes. MOI JE SAIS QUI JE SUIS ET D’OU JE VIENS !

 A propos du « complot » dont j’aurais fait partie.

 Je n’en dirai pas plus. Lisez ou relisez mon dernier livre paru chez L’Harmattan courant 2008, notamment dans la partie « annexes » où j’ai repris les deux dépêches publiées à l’AFP en 1997, dès la première heure. Vous comprendrez.

 Ceci dit, si vous êtes nostalgique du régime Lissouba, moi je ne le suis pas du tout. Il n’est nullement nécessaire de vous en prendre à moi ou de chercher les boucs émissaires. Je n’étais ni de près ni de loin partie de votre fameux « complot » contre LISSOUBA. C’est une question de bonne gouvernance. Et le régime Lissouba avait prêté le flanc à son partenaire/adversaire de l’époque, à savoir : le PCT. Le reste, c’est à vous de revoir le film de ce régime et de faire votre examen de conscience.

 Qu’à cela ne tienne, je suis prêt à vous rencontrer pour faire connaissance afin, devant témoins, de débattre de tous ces sujets. Je suis dans la soixantaine aujourd’hui, et j’ai passé plus de la moitié de mon âge en exil. C’est le premier indice.

 Cordialement

 

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA

- Ancien Rapporteur de la Commission ad hoc "Assassinats" de la Conférence Nationale Souveraine, 1991 ;

- Ancien Représentant Permanent de l'Alliance URD-FDU auprès de l'Union Européenne ;

- Ancien Représentant Permanent du Gouvernement Constitutionnel du Congo (en exil) et de l'ERDDUN auprès de l'Union Européenne ;

- Ancien Membre du Bureau Exécutif du MCDDI chargé des Relations avec l'Union Européenne ;

- Co-auteur avec le professeur Jean-Pierre MAKOUTA-MBOUKOU de Les derniers massacres du Congo-Brazzaville, L'Harmattan, 1999 ;

- Auteur de Assassinats politiques au Congo-Brazzaville. Rapports de la Commission Ad hoc "Assassinats" de la Conférence nationale souveraine, ICES, 2004 ;

- Auteur de La violence politique au Congo-Brazzaville. Devoir de mémoire contre l'impunité, L'Harmattan, 2008.

  

SUITE DROIT DE REPONSE

 Aujourd’hui au Congo, il est très difficile de trouver des femmes et des hommes qui vous diront qu’ils n’ont jamais fait partie du mono et de ses organisations dites de masses à l’époque. Moi, je suis de ceux-là qui peuvent vous le dire, haut et fort, tout en vous regardant droit dans les yeux.

 Conformément au DROIT DE REPONSE que je vous ai adressé par le canal du GROUPE AFRICDOSSIER, je suis, et je le répète, certainement l’une de ces rares personnes qui, aujourd’hui,  pourront regarder les autres, tous les Congolais, droit dans leurs yeux, et leur dire qu’ils n’ont jamais figuré, nulle part, dans aucun fichier du mono de quel que parti que ce soit.

 Monsieur MBOUNGOU NGOUARI, j’ai des origines et des souches historiques. Je ne viens pas de nulle part. Et je ne fais jamais rien sans me référer à ces origines qui sont pour moi un repère.

En dépit de ce que je vis moi-même, dans ma famille ont fait partie des hommes comme les frères MBIEMO et MILONGO, fusillés un jour de 1940 à MAYAMA, au même moment que le jeune MALANDA à BOKO, pour avoir résisté contre l’occupation et les atrocités coloniales. Ces deux hommes, MBIEMO et MILONGO, deux frères suppliciés le même jour, ont été les oncles de mon Grand-Père maternel. SOUVENEZ-VOUS-EN !

 Ceci dit, je vous dis simplement que chaque fois que je pose un acte, je me réfère d’abord à eux pour trouver la bonne direction, la bonne démarche et le meilleur comportement. Je ne suis pas de ceux qui sont sans références ni repères. Je ne suis pas, je n’ai jamais été et je ne serai certainement pas de ceux qui mangent à tous les râteliers.

 Alors, si un jour il vous revient l’envie de titiller l’un d’entre nous les Congolais, réfléchissez d’abord par deux fois, informez-vous ou cherchez avant tout à mieux le connaître. Savoir qui est l’autre.

 Prendre une feuille de papier, un stylo et gribouiller des lettres et des phrases qu’on juxtapose pour en sortir un texte, fut-il bien écrit, ne suffit pas.

 

Mais je vous laisse lire et relire MON DROIT DE REPONSE. En espérant que la prochaine fois, vous ferez un peu plus attention et serez un peu plus vigilant.

 

Cordialement

 

JEAN-CLAUDE MAYIMA-MBEMBA
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