Le gouvernement a convoqué une réunion sur la tenue prochaine d'un dialogue le 11 avril 2009 à Brazzaville.
Les exigences de l’opposition sont connues et n’ont guerre changé. Les partis d’opposition ont toujours demandé et continuent à réclamer la mise en place d'une commission paritaire et indépendante chargée de l'organisation et de la supervision des opérations électorales. Elle n’est pas demanderesse d’une conférence nationale souveraine (CNS) bis, comme le souhaite le président de la république. L’appel au dialogue du président de la république et sa volonté de réconcilier les congolaises et les congolais avec eux-mêmes, ne nous laisse pas indifférents au contraire, l'opposition partie prenante à quelques nuances près. En élargissant ce dialogue à la société civile et à la diaspora, le Président Sassou Nguesso convoque une sorte de Conférence Nationale Souveraine bis. Le Président français avait rappelé à son homologue congolais que : pour son développement, le Congo a plus que jamais besoin de tous ses fils et de toutes ses compétences disséminées à travers le monde. Le Congo veut jeter les bases d’une refondation de sa société, ce pays ne peut plus se donner le luxe d’exclure certains de ses fils par omission ou par ignorance. La diaspora, fruit du métissage culturel et démocratique, est riche d’expérience et en compétences, s’en priver est non seulement un gâchis mais aussi un crime contre ce peuple qui à tant besoin de cette matière grise. Dans le cadre de ce dialogue sans exclusif, élargi à la société civile, le gouvernement et le président de la république sortent du cadre restreint, limité à l’organisation de élection présidentielle de juillet 2009. Ils nous donnent une opportunité de poser tous les problèmes de notre pays et d'y apporter des solutions, si telle est leur philosophie alors l'opposition devra prendre part à cette table ronde. J'ose espérer, que le gouvernement a pris conscience de ce, qu’un pays comme le notre ne puisse continuer à fonctionner en marge des règles démocratiques exigées par le peuple congolais dans son ensemble. Deux hypothèses se présentent à nous.
- La première, le gouvernement tient à organiser l’élection présidentielle en juillet 2009 : le dialogue se limitera alors au groupe des partis et associations se réclamant de la majorité présidentielle et au groupe des partis et associations se réclamant de l’opposition. Il n’ya pas de place aux associations béni oui-oui, crées par des femmes des ministres et des proches du pouvoir dans le seul but d’organiser des danses du ventre et des reins pour égayer la cour royale en exhibant les chorégraphies les plus exotiques, nous estimons qu’elles ne sont pas à la hauteur des enjeux du moment. Peut être que sassou Nguesso veut faire diversion, ce n’est pas le cas de l’opposition. Compte tenu de l’état de santé de notre pays.
- La seconde, le gouvernement souhaite un dialogue inter congolais sans exclusif et inter générationnel, donc une conférence nationale souveraine constituante. L’opposition exigera une mise en place d’un gouvernement de large union nationale (avec un Premier Ministre issu de l’opposition républicaine). A la conférence Nationale Souveraine, on peut élargir la représentativité à toute la société civile organisée.
Vu, les carences et l’irresponsabilité de la CONEL lors des précédents scrutins organisés depuis 2002, la participation des partis d’opposition au scrutin dépend de la mise en place ou non d’une commission paritaire indépendante. La réunion du 11 avril est avant tout une réunion d’information à l’issue de laquelle, nous saurons le contenu du dialogue et la direction à prendre. Nous ne laisserons pas l’initiative au gouvernement d’être à la fois juge et parties. Les critères de représentativité de la société civile nationale et de la diaspora à ce dialogue doivent être définis lors de la réunion consultative du 11 avril 2009. Je ne pense pas détenir la vérité absolue, mais je sais que toute règle édictée par Sassou Nguesso c’est toujours dans le but de rester au pouvoir. Toutefois que Sassou nous appelle, demeurons unis.
Ensemble nous gagnerons.
Joseph Bafoua Nsony.