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Si les résultats du scrutin présidentiel algérien ne seront pas connus avant le milieu de matinée -la victoire de Bouteflika ne faisant aucun doute -, le taux de participation est tombé. C'était la seule inconnue de l'élection et elle se révèle être une excellente surprise pour le président: 74% des Algériens ont voté. Un chiffre "extraordinaire", contesté par l'opposition qui dénonce des fraudes.
Seul candidat crédible en lice à l'élection présidentielle, Abdelaziz Bouteflika a toutes les chances d'être réélu pour un troisième mandat. Les observateurs attendaient surtout le taux de participation pour affûter leur analyse. Abdelaziz Bouteflika, 72 ans, espérait, et annonçait, une forte participation, avant le vote. Le chiffre a été rendu public dans la nuit de jeudi à vendredi par le ministre de l'Intérieur,Noureddine Yazid Zehrouni: 74,11% des Algériens se sont rendus aux urnes. Un chiffre largement supérieur aux 58,1% du scrutin présidentiel de 2004 et aux 60% de 1999, année de la première élection de Bouteflika. Pour Zehouni, "ce sont des chiffres extraordinaires".
Tellement "extraordinaires" que l'opposition crie déjà à la fraude. Tout le monde en Algérie tablait sur une forte abstention pour la réélection annoncée d'un président gagné par l'usure du pouvoir, d'autant plus que les islamistes, encore actifs dans le pays, appelaient au boycott. Deux des principaux partis d'opposition avaient également demandé à leurs partisans de ne pas se rendre aux urnes. L'abstention semblait particulièrement forte en Kabylie, à l'est d'Alger. Dans une école de Tizi Ouzou, principale ville de la région et bastion traditionnel de l'opposition, une femme assesseur a fait état d'une soixantaine de votants seulement sur un total de plus de 2 000 inscrits. Soit un taux de participation d'à peine 3%.
Le scrutin s'est déroulé dans d'"excellentes conditions"
Quatre candidats à la présidentielle - ayant envoyé des observateurs dans les bureaux de vote quand ceux-ci n'étaient pas expulsés - ont dénoncé pêle-mêle un "gonflage" des chiffres de la participation et une fraude sur les résultats du scrutin, entre urnes bourrées et intimidations. Selon eux, seuls 30 à 35% des Algériens seraient allés voter. Avant le scrutin, nombre de journaux, parmi lesquels Le Soir d'Algérie, soulignaient que "l'abstention, seul et unique adversaire d'Abdelaziz Bouteflika, pourrait fausser tous les calculs". De son côté, le ministère de l'Intérieur se félicitait que le vote se soit déroulé dans d'"excellentes conditions". Toutefois, jeudi en début d'après-midi, deux policiers ont été blessés par l'explosion de plusieurs bombes devant une école de Kabylie abritant un bureau de vote.
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