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La justice américaine a autorisé l'extradition de Manuel Noriega vers la France, où il est poursuivi pour blanchiment d'argent, mais l'ex-dictateur panaméen peut encore déposer un recours devant la Cour suprême américaine.
Agé de 75 ans, l'ancien homme fort du Panama est maintenu en détention en Floride (sud-est des Etats-Unis), où il a purgé 17 ans de prison jusqu'en septembre 2008 pour trafic de drogue, dans l'attente des décisions concernant son extradition vers la France.
La justice française l'a condamné par défaut en 1999 à dix ans de prison pour diverses accusations mais souhaite organiser un nouveau procès pour blanchiment d'argent.
La France soupçonne Manuel Noriega d'avoir déposé dans les années 1980, sur des comptes bancaires français, environ 3,15 millions de dollars issus du trafic de cocaïne.
Les avocats de M. Noriega ont indiqué dans le passé être prêts à saisir la Cour suprême américaine pour éviter une extradition vers la France.
Un de ses avocats au Panama, Julio Berrio, a indiqué que M. Noriega allait s'opposer à la décision de la cour d'appel américaine. Il est "calme et fermement décidé à rentrer dans son pays", a déclaré l'avocat au quotidien La Prensa.
Jeudi, Franck Rubino, son avocat à Miami, refusait de répondre aux journalistes.
Si M. Noriega introduit un recours devant la Cour suprême, la procédure d'extradition sera de fait suspendue jusqu'à ce que la plus haute juridiction des Etats-Unis ait pris une décision.
Selon que ses avocats saisissent la Cour en urgence ou non, le délai peut varier de quelques jours à plusieurs mois.
Saisi en urgence, un juge seul peut refuser la demande sans la motiver dans les jours qui suivent --auquel cas le plaignant peut saisir un autre juge et ainsi de suite-- ou accepter la demande et, s'il motive sa décision, celle-ci peut devenir définitive.
Il peut aussi renvoyer l'affaire devant les neuf sages qui décident alors en concertation de se saisir et de programmer une audience. Si les avocats saisissent la Cour suprême par la voie habituelle, il faudra quelques semaines aux juges pour décider s'ils se saisissent et, éventuellement, programmer une audience.
En tout état de cause, concernant Manuel Noriega, aucune audience devant la Cour suprême ne pourra se tenir avant l'automne.
Longtemps allié des Etats-Unis pendant la guerre froide, ancien informateur de l'agence de renseignement américaine CIA, l'ancien dictateur du Panama était tombé en disgrâce à Washington pour son implication dans le trafic de stupéfiants.
Arrêté par l'armée américaine lors de l'invasion du Panama en 1990, il avait été condamné en 1992 à 40 ans de prison. Sa peine, réduite à 17 ans, s'est achevée le 9 septembre 2008.
Les autorités américaines lui avaient octroyé le statut de prisonnier de guerre et ses avocats ont utilisé cet argument pour s'opposer à son extradition, arguant qu'en vertu des conventions de Genève, il devait être renvoyé au Panama.
"Une extradition ne serait pas une violation de la convention" de Genève, a jugé mercredi la cour d'appel d'Atlanta (Georgie, sud-est), a expliqué la cour d'appel dans son arrêt.
Selon elle, M. Noriega pourrait "contester sa condamnation et demander un nouveau procès après avoir été remis à la France".
Le gouvernement panaméen souhaite le retour de M. Noriega au Panama, où il est poursuivi pour des disparitions et meurtres de membres de l'opposition mais n'a pas déposé de demande d'extradition officielle.
Source : SUD OUEST
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