Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Des années après, nous nous rendons tous compte que Sassou Nguesso a trahi ses promesses, son peuple et sa constitution. Il a perdu toute crédibilité aux yeux des Congolais. Politiquement, le Congo n'a jamais été stable depuis son coup d'État en 1997. La situation normale du pays sur le plan politique c'est l'état de crise chronique. La violence sur la volonté des congolais et les privations des droits sont devenus des techniques de survie de sa dictature. Y a-t-il encore un État-Nation, un État de Droit et un ordre démocratique au Congo ?
Avant de rentrer dans le vif du sujet, expliquons qu'est-ce qu'un État-Nation? Qu'est-ce qu'un État de droit? Et, qu'est-ce que un ordre démocratique?
Qu'est-ce qu'un État-nation :
On peut définir l'État-nation comme étant l'association d'un État (Organisation administrative et politique qui représente la nation et qui exerce la souveraineté populaire par l'intermédiaire des pouvoirs publics : un territoire, une population, des institutions et revendiquant avec succès, pour son propre compte, le monopole de la violence physique légitime) et d'une Nation (population soudée par une histoire, par un destin commun et par une culture commune).
Qu'est-ce qu'un État de droit :
L'État de droit s'oppose ainsi à l'État arbitraire dans lequel les gouvernants et les agents de l'État ne sont liés que par leur seule volonté et par leur vision propre de l'intérêt général, par leur libre arbitre.
L'État de droit est une situation juridique, ou un système institutionnel, dans lequel chacun est soumis au respect du droit, du simple individu jusqu'à la puissance publique. Il signifie que les pouvoirs publics doivent exercer leurs fonctions selon les balises définies par un ensemble de normes juridiques.
Qu'est-ce qu'un ordre démocratique :
L'ordre démocratique est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple (principe de souveraineté), sans qu'il y ait de distinctions dues à la tribu, au département, à la richesse, à la compétence... (principe d'égalité). Le Congo est une démocratie représentative, le pouvoir s'exerçant par l'intermédiaire de représentants désignés lors d'élections au suffrage universel.
Tout d'abord, au regard de ce qui précède, nous pouvons dire: qu'il y a pas d'État-Nation quand le pouvoir centrale est une vraie menace pour son propre peuple (l'exemple du Pool confirme cette vérité). Il n’y a pas d'État de droit quand les citoyens sont contraints de chercher justice et protection dans leurs tribus. Il n’y a pas d'ordre démocratique quand le pouvoir centrale n'est pas issu d’élection libre, régulière et transparente. Il n'y a pas d'État-Nation, d'État de droit et d'ordre démocratique quand le pouvoir centrale se révèle incapable d'assurer un minimum de service publics (santé publique, distribution d'eau potable, distribution de l'électricité...). Il n'y a plus d'État-Nation, d'État de droit et d'ordre démocratique quand l'essentiel des élites et des jeunes à l'âge de travailler fuient le chaos et l'anarchie pour partir en exil. Il n'y a plus d'État-Nation, d'État de droit et d'ordre démocratique quand les communautés ethniques au pouvoir ne rêvent ou ne pensent qu'à l'exclusion et à la discrimination des autres ethnies.
De plus, depuis son coup d'État militaire avec la complicité de l'étranger en 1997, son abrogation unilatérale de la seule constitution aux origines réellement populaire dans toute l'histoire du Congo et son auto proclamation président du Congo, Sassou Nguesso a transformé l'ordre démocratique, l'État-Nation et l'État de droit en institution du parti unique. Cette institution s'est développée d'abord avec la création du RMP puis avec l'INP. Il s'agit des organisations groupant des partis politiques et associations ayant la même idéologie, les mêmes objectifs: "la réélection de Sassou Nguesso à l’élection présidentielle de 2009 ". Le RMP forme le parti unique du Congo de Sassou Nguesso, c'est-dire il bénéficie du monopole de la représentation politique nationale. Aucun autre parti est toléré à avoir la majorité à l'assemblée. Le système de parti unique caractérise donc la démocratie congolaise, l'État-Nation et l'État de droit version Sassou Nguesso.
Par exemple, actuellement les gouvernants à tous les échelons, les maires, les membres du parlement et le président de la République sont élus. Mais, les élections se déroulent dans des conditions très différentes des élections démocratiques de l'après conférence nationale. Au lieu de pouvoir choisir entre plusieurs candidats, le système Sassou Nguesso nous impose son candidat, les congolais ne peuvent que plébisciter un candidat (jeudi 14 mars 2002, Denis Sassou Nguesso a été réélu avec 89,41 % des suffrages exprimés, les candidats de l'opposition s'étant retirés du scrutin 48 heures avant).
Cependant, on pourrait imaginer que Sassou Nguesso accepte de faire une place à l'opposition en trompe-l’œil à sa concertation citoyenne, qui ne constituera pas un danger pour son régime puisqu'elle resterait très minoritaire, mais qui apporterait un peu de contradiction et de critique pour justifier le dialogue. Il nous a déjà joué ce coup avec des opposants comme...pour démontrer que le Congo est une démocratie. De sorte que, en réduisant la marge de liberté de la concertation citoyenne, cette rencontre se transforme en une manipulation politique dont le but serait de créer l'illusion d'un Congo réconcilié et uni qui ferait de lui un démocrate alors qu'il ne l'est pas.
Mais, la méfiance de Sassou Nguesso à l'égard de toute critique et à tout vrai dialogue n'est plus à démontrer. Les apparatchiks du RMP craignent que s'étende par contagion la contestation du pouvoir. Ils n'admettent donc pas que Sassou Nguesso soit critiqué. Car, La population congolaise est profondément opposée au régime de Sassou Nguesso, un vrai dialogue national sans exclusif assorti d'une élection libre, transparente et crédible lui donnerait une possibilité de le manifester.
Pourtant, la concertation citoyenne est devenue un moment de vérité, l'occasion de la dernière chance pour trouver un nouveau consensus politique sur les nouvelles règles du jeu politique acceptables par tous pour que la volonté des Congolais puisse avoir la force à se donner sa propre loi et pour éviter les erreurs de 2002 concernent les conditions d'établissement des listes électorales. Ces listes, constituées à partir d'un recensement administratif, qui auraient permis à des non Congolais de voter et auraient exclu des Congolais du processus électoral. C'était le cas notamment à Brazzaville, à Pointe Noire, à Dolisie où les réfugiés de la RDC (République Démocratique du Congo), du Rwanda et même des ressortissants d'Afrique occidentale auraient été autorisés à voter. D'ailleurs, le nombre d'électeurs, par région et par district, n'a jamais été communiqué aux partis d'opposition.
Enfin, en évitant de créer les conditions d'une vraie concertation citoyenne avec la vraie opposition et la vraie société civile, Sassou Nguesso ne rend-il pas celle-ci plus vulnérables aux pressions de son pouvoir et aux représailles contre ses adversaires ? Ne s'agit-il pas plus ou moins directement d'un début de trucage des élections présidentielles 2009 et d'une manipulation de façon à lui exprimer un résultat différent de la volonté des électeurs ? C'est pour toutes ces raisons que l'on affirme que :"Sassou Nguesso se prend pour "Dieu le Père" qui créa le Congo et les Congolais".
par Céline KABA![]()
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