Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Résumé d’un entretien de Me MOUDILENO MASSENGO avec un correspondant de Presse
I - Au cours du Forum pour la paix, l’unité nationale, la démocratie et la reconstruction qu’avait organisé Dénis SASSOU NGUESSO au mois de janvier 1998, – après sa célèbre victoire (sic) du 15 octobre 1997 sur Pascal LISSOUBA et Bernard KOLELAS, – certains participants avaient demandé que le grand vainqueur porte désormais le titre de Maréchal. Fort heureusement, la majorité ainsi que l’intéressé lui-même firent entendre raison à ces exaltés et bornés. Exaltés et bornés parce qu’ils ne voyaient l’avenir du Congo post-conflits armés, post-victoire de SASSOU NGUESSO qu’en termes de triomphe de la milice de ce dernier sur celles des vaincus en fuite.
Douze ans après, beaucoup se demandent si ces exaltés, ces bornés avaient réellement entendu raison, bien compris que la victoire militaire de 1997 était une honte et devait s’épurer, se transformer en devenant une victoire politique, se mettre au service du bien de tous. Oui, douze ans après, on se demande si ces esprits avaient bien réalisé que le destin du Congo, après le 15 octobre, était de se reconstruire à la lumière des principes de la démocratie et de leur juste application et non à l’ombre des stratégies ambiguës et perverses tels que le double jeu, le double langage, l’andzimbisme, le manque de clarté et de fermeté dans les décisions, la méfiance systématique vis-à-vis de l’autre, la définition de celui-ci de façon primitive c’est-à-dire à partir des critères hérités du régionalisme, du tribalisme.
Douze ans après, on se demande si ces exaltés et bornés du Forum de 1998 n’avaient pas reculé publiquement pour mieux sauter au cours des nuits suivantes.
En tout cas, rien de ce qui se fait ou s’accomplit dans la vie politique du Congo, depuis ce Forum, ne brille d’une clarté ou transparence rassurante. Même ce Forum qui avait su éviter à notre patrie la honte d’être le pays du 4e Maréchal d’Afrique (après Idi AMIN ADA en Ouganda, MOBUTU au Zaïre, BOKASSA en Centrafrique) s’est terminé dans le mobutisme, le bokassisme. Sassou fut sacré Maréchal de fait. Le pays fut placé sous ses pieds. Toutes les lois fondamentales ainsi que les institutions de base furent décrétées flexibles afin qu’elles puissent facilement et durablement plier sous sa volonté.
Ainsi a été défini et a fonctionné le Parlement dit de transition de 1998, avec des députés nommés et révocables à souhait. Ainsi ont été définis le Dialogue national et la Convention nationale de 2001 : entre les seuls fidèles de Dénis SASSOU NGUESSO. Ainsi a été conçu, organisé et voté le Référendum dit constitutionnel de 2001. Ainsi a été rédigée et adoptée la Constitution de 2002. Ainsi se passent les scrutins au Congo Brazzaville depuis sept (7) ans.
Ceux qui avaient voulu, au cours du Forum de 1998, que SASSOU NGUESSO soit Maréchal en titre très officiel n’ont pas échoué dans leur projet. La Constitution de 2002, dernier terme de sa montée au pouvoir sans partage le prouve. Tout – sauf bien sûr le pouvoir du Maréchal – est à l’état végétatif dans le pays. Aucun organe, aucune instance politique, aucune institution distincte de la présidence de la République, c’est-à-dire du Chef suprême, ne peut et doit y faire signe de vie, montrer qu’elle existe, remplir la fonction dont elle porte officiellement le nom, l’indication. Aucun mot ne doit être lu et compris dans cette Constitution comme on le lit, entend et applique dans les autres parties du monde démocratique.
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