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Jugés à partir du 29 avril pour le meurtre d’Ilan Halimi, Youssouf Fofana et son gang des barbares vont refaire parler d’eux. Bakchich déflore l’ordonnance de renvoi du procès.
Deux mois et demi d’audience, 27 accusés, 160 témoins et près de cinquante experts en tout genre défilant à la barre : le procès du « gang des barbares », la bande de Bagneux (92) responsable de la mort d’Ilan Halimi début 2006 réunit tous les ingrédients du grand barnum judiciaire. Avec en duel vedette, le face-à-face entre d’un côté, le principal accusé, Youssouf Fofana, la tête pensante (et éructante) de la bande et de l’autre, le très médiatique avocat général, Philippe Bilger.
Pendant que Fofana, continue d’insulter les matons en détention et de récuser en permanence ses avocats, Bilger multiplie les saillies drolatiques dans les médias comme en témoigne sa récente déclaration d’amour à Rachida Dati qu’il estime, dans son dernier livre, devoir « être inscrite au tableau d’honneur ».
Bref, du 29 avril au 10 juillet, à la Cour d’assises des mineurs de Paris, il risque d’il y avoir du sport (pas toujours fair-play) et des joutes verbales (pas toujours censées). Mais, sans doute, en circuit fermé…
Youssouf Fofana
Plusieurs accusés étant mineurs au moment des faits, le procès devrait en effet se tenir à huis-clos. A moins que les intéressés renoncent eux-mêmes à cette disposition et se livrent ainsi en pâture aux médias. Ce ne serait pas très malin de leur part mais c’est tout de même le vœu le plus cher de l’honorable Me Francis Szpiner, avocat de la famille Halimi après avoir défendu des causes pas toujours aussi nobles, de Bokassa Ier à Alain Juppé. Ce grand (par le talent) avocat, gourmand de déclarations à l’emporte-pièce sur les marches du Palais, fait en ce moment du forcing auprès de ses confrères défenseurs des mineurs pour tenter d’échapper au huis-clos et donc à l’anonymat médiatique.
La question centrale du procès est, il est vrai, un vrai sujet de société comme on dit chez Delarue.
Au-delà de l’horreur du crime d’Ilan Halimi en lui-même et des tortures qui l’avaient précédé, le vrai débat du procès des « barbares » va tourner autour d’une seule question : le meurtre est-il aggravé par un mobile antisémite ?
L’accusation a été retenue au terme de l’instruction. Me Szpiner entend bien la faire valoir également lors de la condamnation. Mais, et c’est ce qui compte, qu’en diront les juges au terme des débats ?
Bien sûr, l’enquête judiciaire conclut à un « meurtre avec préméditation commis à raison de l’appartenance de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». Mais elle peine à le démontrer, à en croire l’ordonnance de renvoi que Bakchich a pu parcourir. Certes, Ilan Halimi était juif. Il avait même été choisi en tant que tel, d’après les déclarations de plusieurs complices de Fofana.
Le chef des barbares, qui se faisait aussi appeler « Oussama » par ses troupes, aurait ciblé sa victime parce que « les juifs sont solidaires entre eux et qu’ils paient ». C’est ce qu’il avait affirmé à l’une de ses complices avant l’enlèvement et qu’elle a répété devant le juge. Mais, l’enquête a aussi établi que le meurtre d’Ilan Halimi avait été précédé de plusieurs tentatives d’enlèvement inabouties, ne concernant pas forcément des individus choisis selon leurs caractéristiques confessionnelles.
Rudy P., Zohair W., Thierry T., et Jérémy L., par exemple, tous cibles des barbares avant Halimi n’étaient pas juifs.
Olivier Z., également victime d’une tentative d’enlèvement par la même bande l’était, lui. Mais en l’occurrence, Fofana et ses complices avaient agi à la demande d’un ancien co-détenu de la victime qui cherchait à recouvrer une dette de 3 500 euros contractée par Olivier Z. en prison.
Au final, l’enquête n’a pu accrocher au jogging de Fofana qu’une seule agression antisémite précédant celle d’Halimi. En janvier 2006, « les barbares » s’était attaqué sciemment à Mickaël M., le rouant de coups sous les insultes de « sale juif » et de « youpin », avant finalement de le laisser pour mort sur la chaussée.
Deux semaines plus tard, Fofana enlevait Ilan Halimi, repéré dans son magasin de téléphonie. Une vingtaine de jours plus tard, le jeune homme était retrouvé agonisant, nu menotté et bâillonné le long d’une voie de chemin de fer de Saint-Geneviève-des-Bois (91).
Source : Backchich.info