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Le Liberia a annoncé jeudi avoir considérablement réduit sa dette extérieure en rachetant 1,2 milliard de dollars de titres, à un prix correspondant à 3% de leur valeur faciale.
L'annonce a été faite jeudi à Washington par la présidente du pays Ellen Johnson Sirleaf, venue rendre visite à Robert Zoellick, le président de la Banque mondiale, qui a mené les négociations avec les créanciers internationaux.
"La réduction avec succès de cette dette héritée du passé, qui avait gonflé avec les intérêts et les pénalités durant une période où le pays était ravagé par la guerre civile, est un pas important sur le chemin du rétablissement", a déclaré Mme Johnson Sirleaf lors d'une conférence de presse.
Le conflit a fait 120.000 morts et des milliers de mutilés entre 1991 et 2001.
"Les Libériens n'ont jamais perdu espoir. Leur patience et leur résistance sont aujourd'hui récompensées", a ajouté la présidente.
Les négociations ont duré près de deux ans. Elles ont permis au total de faire passer la dette extérieure du Liberia de 4,9 milliards de dollars en juin 2007, soit l'équivalent de 700% du produit intérieur brut, à 1,7 milliard aujourd'hui.
M. Zoellick a souligné qu'il s'agissait de "la remise la plus importante sur un rachat de dette extérieure commerciale depuis des décennies".
Le Liberia faisait défaut sur cette dette depuis les années 1980, lorsque les violences ont commencé à agiter le pays, ce qui rendait son remboursement très improbable.
La Banque mondiale a apporté la moitié du financement nécessaire à ce rachat, grâce à des contributions de l'Allemagne, des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Norvège.
Son président a indiqué que l'institution multilatérale continuait à travailler pour réduire la dette avec d'autres créanciers, notamment ceux qui ne sont pas membres du club de Paris, groupe informel de pays créanciers, comme Taïwan ou l'Arabie saoudite.
"Il est important de faire revenir le Liberia dans le monde des échanges internationaux (...) Nous devons encore parvenir à une réduction de la dette mais nous avons un programme pour le faire", a souligné M. Zoellick.
Il a appelé l'Organisation des Nations-Unies à poursuivre ses efforts de maintien de la paix dans le pays. "Nous devons tirer les leçons du passé et ne pas retirer les forces de maintien de la paix trop vite", a-t-il expliqué.
A une semaine des réunions de printemps de la Banque mondiale, il a ajouté que son institution allait avoir "besoin de plus de soutien pour tous les Liberia du monde, qui ne sont pas responsables de la crise, et qui sont ceux qui en souffrent le plus".