Espace d'échange de la diaspora congolaise.
La Conférence des démocrates humanistes africains (CODEHA) a été portée sur les fonds baptismaux le 19 avril au palais du Parlement de Brazzaville, à l'initiative du Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral (MCDDI) et de quelques partis frères d'Afrique et de France.
L'entrée en scène de cet espace politique s'est faite à l'occasion d'une session qui a rassemblé de nombreux militants brazzavillois du MCDDI et dont l'ouverture a été présidée par son président fondateur, Bernard Kolélas.
Les initiateurs de la CODEHA l'ont présenté comme « un cadre de concertation ayant, entre autres missions, la prévention des conflits politiques dans le continent. La conférence peut également s'impliquer, à la demande d'un parti membre, dans le renforcement des capacités et le lobbying nécessaire dans la préparation et la tenue des scrutins populaires ».
Les partisans de ce mouvement sont venus notamment du Bénin, du Mali, du Sénégal, de l'Afrique du Sud, de la République démocratique du Congo, du Congo Brazzaville et de France.
Leur réunion inaugurale a accouché des instances dirigeantes du groupe. Parmi elles, un secrétariat permanent de douze membres, dirigé par le coordonnateur national, chargé des finances et des stratégies de développement du MCDDI, Brice Parfait Kolélas, qui dans une allocution d'usage, a mis en perspective l'action du groupe.
Il a présenté la CODEHA comme une trouvaille d'entités politiques qui croient fortement en l'homme et au triomphe d'un certain nombre de valeurs réitérées à travers les principes inscrits dans la convention du groupe, notamment : « la sacralité de la personne humaine, le sens du pardon, du partage, ainsi que celui de la famille élargie qui caractérisent les sociétés traditionnelles africaines et doivent être mis au centre des pratiques des partis démocratiques africains ; la résolution des conflits par le dialogue à l'image de l'arbre à palabre des sociétés africaines où il n'y a ni vainqueur ni vaincu ; l'adaptation de la démocratie en Afrique aux coutumes des sociétés traditionnelles sans en copier intégralement les pratiques, etc. »
L'édifice des organes de direction est également constitué par un conseil des présidents, secrétaires généraux et coordonnateurs des partis fondateurs que sont le Parti africain pour la solidarité, et la justice (ADEMA - PASJ) du Mali représenté par Moustapha Dicko, Traoré Yassa et Zouré Fadimata Maïga ; la Génération du concret du Sénégal représentée par Sacko Yaya et Souleymane Racine Wane ; la délégation du Bénin conduite par Séverin Adjovi, maire de la ville de Ouidah, La Democratic alliance (DA) et African Christian Democratic Party de l'Afrique du Sud représentés respectivement par Malan Barend Jacobus et Peter Books ; le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) de la République démocratique du Congo, représenté par Marcel Tchibuyi Kalombo et Robert Buenzeyi.
Au Congo, trois partis politiques ont pris part à la convention signée entre les membres fondateurs. Il s'agit, outre le MCDDI de Bernard Kolelas, de l'Union pour la reconstruction et le développement du Congo (URDC) de Luc Adamo Mateta et le Rassemblement citoyen (RC) de Claude Alphonse Nsilou qui ont également signé l'acte créant la CODEHA.
La délégation française quant à elle était composée de Jean-François Mancel et Jean-Michel Fourgous, tous deux députés UMP de l'Oise et des Yvelines ; et de Joël Thierry et Patrick Gaillard, respectivement secrétaire national du Parti radical valoisien et vice-président de la droite libre.
Les travaux de cette réunion ont été marqués, entre autres, par des exposés présentés par des personnalités congolaises et étrangères sur différents thèmes inhérents à la démocratie et à la notion d'humanisme. A la clôture, le porte-parole du MCDDI, Hellot Matson Mampouya, a invité les participants à faire suivre cet engagement par des actes qui consolideront l'organisation. « Il s'ouvre à partir de maintenant, pour chacun de nous, le défi de l'élargissement de notre organisation dont l'écho devra se répercuter dans les moindres recoins de notre continent. »
Plusieurs partis et groupements politiques congolais amis du MCDDI tels le PCT, le RMP, le Club 2002-PUR, les FDN, l'UFD, ont également participé aux travaux de cette session inaugurale de la CODEHA. Conformément à son organisation interne, la prochaine session ordinaire de la conférence se tiendra dans quatre années.
Le chef de l'Etat entame un périple de travail dans le sud du pays
Le président Denis Sassou N'Guesso quittera Brazzaville le 22 avril pour se rendre successivement dans les départements du Niari, de la Bouenza, de la Lékoumou, du Kouilou et de Pointe-Noire, premières étapes d'un long périple qui le conduira ensuite dans le département du Pool et dans la partie nord du pays.
Lors de son passage dans le Niari, le président de la République procédera à l'inauguration des chaussées aéronautiques, de l'aéroport, puis de l'hôpital de Dolisie. Dans la Bouenza, il répétera le même geste pour les voiries urbaines de la ville de Nkayi, et donnera le premier coup de pioche de la route Sibiti-Mapati-Zanaga dans la Lékoumou.
Il se rendra ensuite à Pointe-Noire et dans le Kouilou pour l'inauguration des travaux du terminal à container et du siège du Port de Pointe-Noire, visitera la centrale à gaz de la localité, puis le projet Mag Alloy-Congo, ainsi que le chantier de la route nationale numéro 1 sur le tronçon Pointe-Noire/Dolisie.
Ces visites du chef de l'Etat seront ponctuées d'entretiens avec les cadres, les sages et les notables des différentes localités.
Gankama N'Siah
Le « Consensus pour le rayonnement de Denis Sassou N'Guesso dans la Sangha » appelle le chef de l'Etat à faire acte de candidature
A l'occasion de sa sortie officielle le 17 avril à Ouesso, dans le département de la Sangha, l'association « Consensus pour le rayonnement de Denis Sassou N'Guesso dans la Sangha » (Crs) que dirige René Tong, a rendu publique une lettre adressée au chef de l'Etat dans laquelle cette organisation à caractère politique l'invite à faire acte de candidature à l'élection présidentielle de juillet prochain. Les participants à cette cérémonie ont collecté, séance tenante, une somme de 75 000 Fcfa qu'ils entendent remettre officiellement au président de la République pour soutenir sa candidature.
Les membres de ce mouvement justifient leur soutien par les multiples actes positifs que le chef de l'Etat a posés dans leur département, en vue de son arrimage à la modernité. Le Crs se propose d'être un espace de concertation et de réflexion dans le but de donner une grande visibilité aux œuvres multiformes de Denis Sassou N'Guesso dans le département de la Sangha.
« Nous tenons à vous exprimer toute notre reconnaissance pour vos incessantes actions en vue d'arrimer notre département à la modernité. Votre volonté de lui assurer un développement tous azimuts s'exprimait déjà au début de votre premier mandat à la tête de notre pays par votre choix de donner à la plus haute bâtisse du Congo le nom Nabemba. La Sangha se souvient toujours de ce bonheur à la découverte de cette plaque à l'inauguration de la Tour devenue un véritable site touristique de Brazzaville. Que dire de ce lieu mythique et mystique de chez nous, le mont Nabemba dans le district de Souanké qui, par votre ingéniosité, bénéficiait ainsi d'une si belle promotion à travers le monde », ont précisé les signataires de cette lettre. 
A la vérité, ont-ils poursuivi, les efforts inlassables du chef de l'Etat pour faire décoller la Sangha défient le temps et restent du domaine des grands bâtisseurs. « Par un vote massif en sa faveur en 2002, ont-ils ajouté, la Sangha donnait la preuve de sa gratitude et de son attachement à toujours œuvrer pour accompagner le chef de l'Etat à réaliser son rêve pour un Congo moderne. »
Parlant des grands projets que le gouvernement compte réaliser dans la Sangha, le président du Crs a appelé ses militants à croire à la traduction en acte de ceux-ci. « Quand nous avons des yeux pour voir, nous avons le cœur pour croire. Je crois, vous croyez et nous devons croire en un homme Denis Sassou N'Guesso et en son programme de société, la Nouvelle Esperance. Avec lui, croyons que demain : la route Ouesso-Makoua-Owando va s'ouvrir et désenclaver notre département, la route Ketta-Sembé-Souanké-Ntam-Sangmélima se construira, Sangha Palm s'ouvrira et donnera de l'emploi à nos jeunes, la ville de Ouesso et le département de la Sangha bénéficieront de la municipalisation. Croyons ! Donc espérons ! », a déclaré René Tong.
Roger Ngombé
Analyse du boycote de la concertation citoyenne par le pouvoir de Sassou Nguesso
Du 14 au 17 avril, à Brazzaville, l'historique cadre du Palais du parlement, lieu par excellence du dialogue citoyen, le seul qui ait vu se tisser jour après jour, année après année, la toile de la démocratie congolaise, a ajouté à ses archives les conclusions de la concertation politique entre le gouvernement, la classe politique et la société civile.
Que peut faire maintenant l'opposition ?
Les partis de l'opposition dite opposition radicale doivent se fondre dans un grand mouvement républicain. Qui deviendrait de facto la première force politique du pays avec un seul candidat.
Si ce mouvement politique ne voit pas le jour, l'alternance est de fait impossible. sassou ayant pris la mesure de sa tricherie.
Un coup d'état à la malgache ou à l'Ukrainiene (mouvement des "ORANGES"), peut être envisagé, reste à trouver un leader qui prendrai se risque.
N'oublions pas que Ndenguet et ses cobras ont la gachette facile et la justice congolaise inexistante.
Comme en 1991 lors de la Conférence nationale souveraine, en 1994 lors du Forum pour la culture de paix, en 1998 lors d'un second forum du même type, en 2001 lors du Dialogue national sans exclusive, ce rendez-vous organisé à la veille de l'élection présidentielle de juillet prochain peut être diversement apprécié. Néanmoins, il y a un point commun à toutes ces retrouvailles : les Congolais brouillés du fait de leurs opinions politiques ont accepté de s'asseoir autour d'une même table pour débattre ensemble de l'avenir de leur pays.
En d'autres occasions, bien entendu, étant donné la situation, ces retrouvailles avaient eu recours aux appuis extérieurs, mais exclusivement lorsque celles-ci étaient convoquées à la suite de conflits socio-politiques fratricides. C'est ici l'occasion de rendre hommage, une fois de plus, au président gabonais Omar Bongo Ondimba, toujours présent lorsque le Congo brûlait. Ce fut le cas entre 1992 et 1994, puis entre 1997 et 2000.
Pour ce qui est de la concertation qui s'est achevée vendredi après quatre journées de travaux les leçons à tirer seraient courtes si l'on ne devait mentionner le spectacle ahurissant de désertion offert au public par les membres du Front des partis de l'opposition congolaise (FPOC) constitué au lendemain de leurs « états généraux ». En choisissant jusqu'au bout de boycotter ces assises le Front, partie demanderesse du dialogue, semble avoir privilégié l'égocentrisme aux dépens du partage.
Dans la perspective du débat sur l'organisation de la prochaine élection présidentielle placé au cœur de ce dialogue, les membres du FPOC savaient pertinemment qu'ils représenteraient la contre-expertise en face du pouvoir. Mais une telle façon de voir les choses, pour être à la fois crédible et profitable au processus électoral décrié et à la démocratie balbutiante, aurait gagné à être partagée contradictoirement avec des adversaires politiques préparés. Le milieu et le moment propices à un tel échange étaient évidemment ceux proposés par cette rencontre citoyenne que le Front n'a pas voulu honorer.
Depuis de longs mois, pourtant, à force de discours, d'invites et de sensibilisation, cette opposition avait fini par se frayer un chemin dans l'opinion, peut-être même au-delà des frontières nationales ; au point d'obtenir un honorable rendez-vous d'une bonne demi-heure avec le président français, Nicolas Sarkozy, lors de sa visite les 26 et 27 mars derniers à Brazzaville. Ceci dit, le hic pour les dirigeants du Front était de penser que de fait ils devenaient incontournables, donc les seuls à parler au nom de la nation et du peuple tout entier.
Quelle attitude adopteront les leaders du FPOC maintenant que la concertation citoyenne vient de s'achever, que d'autres Congolais comme eux, à qui l'on ne pourrait dénier ni la nationalité, ni la rationalité et encore moins le droit de parler des choses du pays, en sont venus à débattre à cœur ouvert de ce qui devait l'être ? Vont-ils épouser la rue et pour quelles fins, pour quelle crédibilité ?
Certes l'option du boycott mise en œuvre par eux a dû peser sur le cours des travaux de la concertation dont elle visait à diminuer la portée. En d'autres termes l'opposition souhaitait qu'une chape de plomb s'abatte sur le processus électoral afin d'en biaiser la teneur, de faire en sorte que le candidat qui aura la chance d'être élu président de la République le soit dans une ambiance de compétition ratée puisqu'à vaincre sans péril, dit-on, on triomphe sans gloire. Mais dans ce cas de figure à qui reviendrait la gloire ? Est-ce à une opposition qui trouve chaque fois l'occasion de se défiler devant ses responsabilités, ou au représentant du peuple qui aurait accepté de jouer le jeu de la démocratie en mettant en avant l'intérêt supérieur de la nation ?
Dernière question pour attendre de voir ce que demain sera fait : comment, honnêtement, les formations politiques représentées au Parlement et dont l'ambition est de conquérir le pouvoir peuvent-elles se laisser aller au jeu de celles qui, depuis un certain temps et tout en revendiquant partout leur popularité, ont fait de la désertion des urnes et du dialogue le meilleur moyen de défendre la démocratie?
De désertion en désertion celle du 14 avril en était une de trop pour les dirigeants de l'opposition !