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Serge Péphin Bani, président du Cercle : « Il n'existe ni crise politique ni crise institutionnelle au Congo Brazzaville. »
Le président du Cercle « A nous le choix », Serge Péphin Bani, était candidat aux élections législatives en 2007. Il a accordé un entretien aux Dépêches de Brazzaville, en prévision de la conférence politique sur les élections de juillet 2009.
Les Dépêches de Brazzaville (D.B.) : Vous êtes de la jeune génération qui aspire aux commandes dans le futur. Quelle analyse faites-vous du climat politique actuel ?
Serge Péphin Bani (S.P.B.). Au regard des scrutins de 2007 et 2008, nous constatons que de plus en plus, la population congolaise se désintéresse de la politique. Elle est davantage préoccupée par l'amélioration de ses conditions de vie (eau, électricité, santé, panier de la ménagère). Concernant les partis politiques, nous remarquons que les plus grandes formations politiques de notre pays sont traversées pour la plupart par des crises de leadership. Ainsi, nous assistons à la prolifération de plusieurs organisations, souvent sur des bases subjectives.
D.B. Certains partis de l'opposition dite « radicale » ont refusé de prendre part à la concertation politique qui s'est tenue du 14 au 17 avril dernier. Comment jugez-vous cette attitude ?
S.P.B. Nous invitons la classe politique à beaucoup plus de responsabilité et à placer le Congo au-dessus de toute passion individuelle, pour enfin donner la priorité au Congo. Les Congolais aspirent profondément à l'amélioration de leurs conditions de vie. Ils n'accordent aucune importance à la politique spectacle, qui n'attire aucune sympathie. L'opposition qui se présente comme l'alternative au pouvoir en place, devrait plutôt comprendre que le peuple congolais n'aspire qu'à vivre en paix, car sans cette paix, aucun développement n'est possible. Le Cercle « A nous le choix » exhorte l'opposition dite radicale à un dépassement, afin d'intégrer le processus tel qu'amorcé par la concertation citoyenne pour une élection présidentielle apaisée.
D.B. Que pensez-vous de la concertation politique ?
S.P.B. A cette question, nous remarquons deux faits. Premièrement, le gouvernement qui a reconnu le bien-fondé de la demande de tenir la concertation entre les acteurs politiques. Deuxièmement, l'opposition qui a saisi la main tendue du pouvoir, malgré le boycott prôné par certains. Cela a eu pour effet de rapprocher les points de vue des deux parties. Dans une jeune démocratie comme la nôtre, la voix de la modération est une sagesse hautement appréciable. Aussi, l'opposition dite radicale ne doit pas prôner le boycott du scrutin présidentiel de juillet 2009, car les Congolais n'accepteront plus le champ de tir de 1997. L'opposition doit maintenant élaborer des stratégies qui permettront au souverain peuple de trancher.
D.B. Quelle image avez-vous du Congo-Brazzaville, votre pays ?
S.P.B. Dans notre pays, le Congo-Brazzaville, c'est vrai que de multiples erreurs peuvent être signalées dans la gestion, mais au plan politique par exemple, on peut observer des signes positifs. Dans cet ordre, un consensus a été trouvé sur la nécessité de préserver et de consolider la paix durement reconquise, sur l'irréversibilité de l'option démocratique prise par le Congo, sur le recours au dialogue comme moyen de règlement des conflits, sur la libre circulation des acteurs politiques et la neutralité de la force publique. Au plan économique et social et, en dépit des initiatives remarquées, beaucoup d'efforts doivent être consentis afin de changer de discours en 2009. Tout ceci pour amener le pays vers la production, c'est-à-dire la création des unités de production. Le Congo importe plus de 250 milliards de vivres par année, c'est une situation qui mérite d'être corrigée. Par ailleurs, une politique sociale conséquente s'impose, en vue de changer les données. Que le panier de la ménagère retrouve sa noblesse et les enfants s'assoient dans un cadre agréable à l'école !
D.B. Que voulez-vous dire en conclusion ?
S.P.B. Aujourd'hui notre pays connaît un moment de paix à commenter. Le climat politique est apaisé, même si certains pensent que nous vivons une situation exceptionnelle au plan politique. Le Cercle pense, comme les autres Congolais, qu'il n'y a aucune crise, ni institutionnelle, ni politique. Seulement, nous assistons à la modernisation des infrastructures de base et donc, à l'avancée du pays. La démocratie se forme lentement et le Congo qui dispose de tous ces atouts, est sur cette bonne voie.
Propos recueillis par Willy Mbossa