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Plusieurs hauts gradés de l'armée éthiopienne, dont un général, ont planifié des assassinats d'officiels du gouvernement, a annoncé vendredi le ministre éthiopien de la Communication, Bereket Simon.
Les médias d'Etat éthiopiens avaient annoncé le week-end dernier l'arrestation de 35 personnes supposées proches de l'opposition, et accusées de préparer des attentats.
"Jusqu'à présent 40 membres supposés d'un groupe subversif appelé Ginbot 7 (15 Mai) ont été arrêtés par la police. Alors que six des suspects étaient des officiers d'active, dont un général, 34 des suspects sont d'ex-militaires chassés de l'armée pour mauvaise conduite", a déclaré M. Bereket au cours d'une conférence de presse.
"Leur objectif n'était pas d'organiser un coup d'Etat en Ethiopie. Les coups d'Etat sont un problème du passé en Ethiopie, où les possibilités n'existent pas", a-t-il ajouté.
Ces "terroristes" avaient le projet "d'assassiner des individus, de hauts responsables du gouvernement, et de détruire des installations publiques comme les services de télécommunications ou d'électricité", a-t-il assuré.
"La police a aussi trouvé des preuves impliquant des membres de l'ex-CUD qui ont été relâchés après un pardon. Le gouvernement a appréhendé quasiment tous les suspects de ce groupes de desperados, à part trois ou quatre fugitifs" qui se trouvent à l'étranger, a ajouté le ministre accusant nommément l'opposant Berhanu Nega, qui vit en exil aux Etats-Unis où il est professeur d'université.
Interrogé par l'AFP, M. Bereket a expliqué que le gouvernement "était au courant de cette conspiration quasiment depuis le début. Il y aurait eu toutefois une menace en cas de laxisme du gouvernement".
La stratégie des "conspirateurs, selon lui, était de recourir à ces actes terroristes pour créer les conditions favorables à un chaos et des désordres de grande échelle. Les assassinats étaient des mesures préliminaires à l'engagement dans des actions de rue. Ils pensaient pouvoir répéter les manifestations de 2005".
M. Bereket a insisté sur le fait que "Berhanu Nega est le cerveau" de ce complot, n'écartant pas la possibilité d'une demande d'extradition.
M. Berhanu dirigeait l'ancien principal parti d'opposition, la Coalition pour l'unité et la démocratie (CUD) dissout après les élections controversées de 2005.
Elu maire de la capitale Addis Abeba au cours de ce scrutin, il a été emprisonné pendant deux ans avec une centaine de membres de son parti à la suite de violentes protestations qui avaient suivi les élections, faisant officiellement quelques 200 morts.
Il s'était rendu en Amérique en 2007 quelques mois après avoir été condamné à perpétuité puis "pardonné" par le gouvernement. Il a, dans plusieurs interviews, promis de recourir à la lutte armée pour renverser l'actuel régime éthiopien.
M. Bereket a enfin indiqué que le procureur rassemblait les preuves contre les "supposés terroristes", qui "seront rapidement présentés au tribunal". Une audience est prévue le 11 mai.