Espace d'échange de la diaspora congolaise.

[CongoInfos] - Notre pays se meurt aujourd’hui à cause d’une mentalité, d’un état d’esprit, résultant d’une conception du pouvoir politique qui asservit et embrigade la jeunesse congolaise.
Cet état d’esprit est résumé en une seule maxime : le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache. Quel est donc ce pouvoir qu’on nous conseille de ne jamais céder de notre propre gré ?
Le pouvoir, en tant que substance que l’on posséderait, que l’on manierait et que l’on manipulerai pour assouvir des fins personnelles que l’on ne sauraient atteindre par ses propres mérites, voilà le sens du pouvoir que l’idéologie du PCT et ses continuateurs ont inculqué aux congolais.
Ce sens du pouvoir qui incite à la paresse d’esprit et qui inhibe le goût de l’investissement individuel et de la création d’entreprise, fondements de la richesse des grandes nations, conseille au contraire à tous les Congolais de faire la politique.
Comment s’enrichir hors du pouvoir au Congo ? Comment assurer sa retraite ?
Point de salut en dehors du pouvoir politique, cette assertion n’est pas affirmée expressément, mais derrière la légion des partis et associations politiques se cachent une ambition : être au plus près du pouvoir pour profiter de son onction financière.
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache : il est la principale source d’enrichissement facile
Les Congolais, imprégnés du sens donné au pouvoir par l’ancienne école, ils en sont tellement convaincus qu’ils ne se donnent pas du mal à cultiver l’excellence d’esprit, la créativité et toutes choses belles d’esprit que portent les grandes âmes.
Pourquoi se donner tant de mal, alors qu’il suffit d’être dans les cercles du pouvoir pour réaliser toutes ses envies ? Pourquoi excellerais-je alors que mon grand frère, mon père, ou mon oncle est au pouvoir ?
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache : c’est le raccourci d’esprits amollis et frustres
Le pouvoir comme substance, comme corne d’abondance nous fait sortir de la cuisse de Jupiter et donne le sentiment à ceux qui le détiennent qu’ils sont subitement devenus les plus intelligents, les plus aimés et tellement beaux qu’Apollon à côté ne se fera même pas remarquer.
Cette conception du pouvoir distillé par l’école idéologique du PCT et ses continuateurs, peu importe leur positionnement politique actuel, cause le plus grand mal aux Congolais et au Congo.
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache : compensation d’un complexe d’infériorité
Aux Congolais, cette conception a fait accroire que le pouvoir est une sorte de fée qui vous permet de réaliser toutes vos frustrations, de combler vos lacunes et de lisser votre médiocrité en faisant de vous un dieu ayant pouvoir de vie et de mort sur vos semblables que Zeus même au ciel en pâlira.
Le lien qui est fait entre argent et pouvoir en Occident est malheureusement mal entretenu et mal compris par nos politiques.
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache : sans lui, que deviendront-ils?
Bien entendu, lorsque l’occidental dit que l’argent c’est le pouvoir, il a pris le soin de dire en amont que « la connaissance c’est le pouvoir ».
Cependant, comme par miracle, nos hommes politiques ne retiennent que la phrase «l’argent c’est le pouvoir » en la tronquant.
À la vérité, la connaissance procure le pouvoir car seul celui qui a une imagination fertile et un esprit curieux peut découvrir et inventer, et celui qui invente devient riche en commercialisant sa découverte, et par sa richesse son pouvoir de réalisation matérielle augmente. Voilà l’équation à deux couples, Connaisance-Pouvoir, Argent-Pouvoir, mais tout cela nos hommes politiques de l’ancienne école n’en ont cure.
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache : la postérité maudira leurs noms
Cette conception du pouvoir a fait beaucoup de mal car elle considère le Congo comme un bien à rentabiliser au maximum pour un enrichissement personnel et familial. Il n’est pas étonnant d’entendre le slogan « c’est notre tour de nous enrichir » comme si le Congo était une tirelire où chacun venait se servir à son heure.
Les revenus du pétrole et du bois congolais souffrent de cette conception, puisqu’une fois au pouvoir, nécessité est de le garder le plus longtemps pour s’enrichir sinon vous risquez d’être considéré comme un deuxième Gaou (suivez mon regard).
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache : quitte à marcher sur des cadavres des congolais
La jeunesse congolaise doit le savoir, notre souffrance : c’est le rapport de l’ancienne école au pouvoir, le sens qu’elle a donné au pouvoir politique.
Une fois, qu’a triomphé l’idée que le pouvoir c’est « le lait et le miel» qui voudrait le céder ? qui n’en voudrait pas ? Alors comment s’étonner que des dynasties politiques se forment en Afrique et que notre champion national toutes catégories nous en mitonne une ?
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache : cause toujours
Le pouvoir, même Zeus de temps en temps quittait l’Olympe pour parcourir la terre et s’éprendre des filles des hommes, le Christ lui-même a quitté son royaume pour venir améliorer la vie de ses créatures. Quitter le pouvoir, est-ce si difficile ? Mandela, ne l’a t’il pas fait, Jerry Rawlings au
Ghana, non ? Cette vertu du désintéressement n’est pas de toute évidence que du domaine des dieux.
Lorsqu’on a aucun mérite par soi-même, que l’on brille par son inculture et sa lourdeur d’esprit, et donc aucun espoir de s’enrichir par son talent, il ne reste plus que de s’agripper comme un enfant aux mamelons de sa mère pour jouir sans effort (est-ce un hasard si le Congo est représenté comme une femme tétée par un enfant ?) : c’est le cas du rapport au pouvoir de l’ancienne école.
Le pouvoir ne se donne pas, il s’arrache : entendez la misère et le désespoir de la jeunesse congolaise.
Loin des frustrations des tenants de cette conception du pouvoir, la nouvelle école devrait considérer le pouvoir comme le moyen de faire passer ses idées du monde intelligible à la réalité.
Le pouvoir comme relation, et non comme substance
Le pouvoir devrait être l’instrument par lequel le politique entend façonner la société idéale pour laquelle il s’est engagé en politique.
Ainsi, en fonction de cette société qu’il veut faire descendre dans la réalité, le politique organisera les institutions de l’Etat au mieux de cet idéal, en relation avec ses compatriotes.
L’homme politique nouveau s’identifie dans la population qu’il aime, dans la terre de ses ancêtres, et souffre de leurs souffrances, à honte de leur honte, ayant en conscience qu’il est le reflet de son peuple.
Comment dans ces conditions laisser son peuple dans la misère, insultant par là ses ancêtres ?
Lorsque Prométhée prend le risque d’aller voler le feu des dieux pour en faire don aux hommes, c’est l’amour des hommes qui le guidait et non pas sa propre gloire.
Il voulait faire évoluer l’homme dans sa conscience d’être humain.
Lorsque Osiris vint apprendre aux anciens Egyptiens la culture de la terre, le respect du sacré, l’architecture sacrée et la science médicinale, il était porté par l’amour des hommes.
Plus proche de nous, Mandela, tout le temps passé en prison, seul l’amour de son peuple l’a aidé à tenir bon et à poursuivre son idéal.
Le pouvoir comme moyen, et non comme fin en soi
Ce qu’il nous faut aujourd’hui au Congo et en Afrique, c’est des grandes âmes capables de vision politique, d’abnégation pour réaliser cette vision politique d’une société où règne la conscience et non plus les bas instincts grégaires, tout cela dans un amour du peuple sans faille.
C’est la tâche de la nouvelle école de faire advenir ce nouvel homme politique et cette société de conscience car le combat véritable est la contribution de l’homme africain dans la grande famille humaine.