Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Cette nouvelle vague de violences, trois mois seulement après le double assassinat début mars du président Joao Bernardo Vieira et du chef d'état-major de l'armée, le général Tagmé Na Waie, a été unanimement condamnée par la communauté internationale, qui craint pour la stabilité du pays.
"La campagne (électorale, qui devait démarrer samedi) a été repoussée à une date ultérieure. Nous ne pouvons pas débuter une campagne électorale dans les conditions actuelles", a indiqué à l'AFP le vice-président de la commission électorale, Antonio Sedja Mam.
"Il faut que les conditions de sécurité soient réunies pour tous pour que la campagne puisse démarrer effectivement", a-t-il poursuivi.
Interrogé sur un report du scrutin, le responsable de la commission électorale a répondu: "c'est de la compétence du président de la République mais la loi est très claire".
"La loi prévoit qu'en cas de décès d'un candidat ou d'une situation d'instabilité, le président de la République décide du report après avoir entendu le président de la Cour suprême", a-t-il expliqué.
Les représentants de la communauté internationale en Guinée-Bissau ont de leur côté souhaité samedi le maintien au 28 juin du scrutin.
Ancienne puissance coloniale, le Portugal avait, dès vendredi soir, appelé Bissau à maintenir la date de la présidentielle.
"Je continue à croire qu'existent des conditions (pour la réalisation du scrutin) parce que le problème ne vient pas de l'instabilité populaire. Il vient de l'insécurité qui existe dans les milieux politique et militaire", avait indiqué le secrétaire d'Etat à la Coopération, Joao Gomes Cravinho.
"Le peuple a démontré une énorme sérénité, une tranquillité et un sens des responsabilités. Il est juste que la population de Guinée-Bissau ait l'opportunité de choisir ses représentants", avait-il ajouté.
Selon le gouvernement, l'ex-ministre de la Défense (2005-07) Helder Proença ainsi qu'un de ses gardes du corps et son chauffeur, ont été tués vendredi matin, lors d'un échange de tirs, par des militaires venus arrêter M. Proença.
Il est présenté par le ministère de l'Intérieur comme "le responsable présumé de la tentative de coup d'Etat".
Baciro Dabo, ministre de l'Administration territoriale, proche de l'ex-président Vieira et candidat à la présidentielle, a lui aussi été tué dans la matinée par des militaires, dans des circonstances contestées par ses proches.
Selon le pouvoir, il aurait résisté à son interpellation. Selon ses proches, il a été exécuté dans sa chambre à coucher.
Par contre, l'ancien Premier ministre Faustino Fudut Imbali, donné pour mort vendredi par une source hospitalière et des radios locales, "a été sévèrement battu par les militaires venus l'arrêter" mais "est en vie", a-t-on indiqué samedi de source militaire.
Conséquence de ce climat de terreur et d'impunité, un candidat sans étiquette, Me Pedro Infanda, a déclaré samedi à l'AFP qu'il se retirait "pour raison de sécurité" de la course à la présidentielle.
"Il n'y a aucune condition de sécurité pour les candidats. Je préfère me retirer", a déclaré cet avocat.
"Quand l'armée qui doit garantir la sécurité est l'auteur de crimes comme ceux perpétrés vendredi, qui pourra nous protéger pendant la campagne et le jour du vote", s'est interrogé Me Infanda.
Il reste 11 candidats pour la présidentielle du 28 juin.