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Gabon : Le président gabonais Omar Bongo Ondimba a été inhumé à Franceville

APA Libreville (Gabon) Le président gabonais Omar Bongo Ondimba a été inhumé jeudi dans sa ville natale de Franceville, chef-lieu de la province du Haut-Ogooué, dans le sud-est du Gabon, a constaté APA.
Porté par neuf officiers supérieurs de la garde républicaine, le cercueil a quitté aux environs de 14H00 (13H00 GMT), le catafalque dans la chapelle ardente du palais présidentiel où il était exposé depuis l’arrivée de la dépouille mortelle, mardi soir à Franceville. 

La bière a été ensuite déposée sur le perron de la somptueuse résidence où a retenti la sonnerie aux morts, avant d’être hissée à bord d’un véhicule militaire de commandement, qui attendait quelques mètres plus loin.

Suivi par une foule en pleurs, le command car a ensuite pris la direction du mausolée, construit à l’intérieur même de la vaste propriété présidentielle où se trouve la résidence privée du chef de l’Etat défunt.

L’inhumation devait se dérouler dans la stricte intimité familiale. Mais le protocole a été débordé à un tel point que la consigne n'a pu être respectée à la lettre.

Quelques gens dans la foule ont pu s'infiltrer pour accéder au Mausolée où le chef de l'Etat devait être inhumé, ultime acte qui a été précédé par des cérémonies traditionnelles au cours desquelles des dons en argent et en nature ont été offerts à la famille du disparu. Poules, coqs, cabris, banane, gibiers, manioc, destinés à la restauration des hôtes, ont été réceptionnées par Andjoua Ondimba, frère aîné du défunt président Omar Bongo Ondimba.

L'argent liquide, devant servir normalement à couvrir les dépenses courantes liées aux funérailles, selon la tradition, a été déposé dans une cuvette placée au centre de la cour où se déroulait la palabre dans la pure tradition Téké, le groupe socioethnique du disparu.

La présidente intérimaire Rose Francine Rogombé, le Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, plusieurs ministres et de nombreuses personnalités, ainsi que des membres de la famille de l’illustre disparu, ont fait le déplacement de Franceville.

L’inhumation, qui a eu lieu dans un mausolée à l’intérieur de la résidence du chef de l’Etat, s’est déroulée à l’abri des caméras de la télévision qui a retransmis en directe les obsèques du chef de l'Etat aussi bien à Libreville qu'à Franceville.

Le président Omar Bongo Ondimba a eu lieu à de grandioses obsèques nationales qui ont duré une semaine, dont cinq jours et cinq nuits à Libreville. Une quinzaine de chefs d’Etat et des personnalités étrangères et gabonaises sont venus rendre un dernier hommage au chef de l’Etat, au dernier jour des obsèques, mardi dernier à Libreville.

Accompagnée par une foule de jeunes, la dépouille a pris le chemin de l’aéroport pour être acheminée sur Franceville, où elle a été veillée deux nuits durant.

Né le 30 décembre 1935 à Léwaï, actuel Bongoville, une localité de la province du Haut-Ogooué, Albert Bernard Bongo, devenu Omar Bongo après sa conversion à l’Islam en 1973, est mort le lundi 8 juin dernier à Barcelone, dans le nord-est de l’Espagne.

Fils de Basile Ondimba et de Jeanne Ebori, deux paysans Tékés, que le chef de l’Etat a honoré en baptisant de leurs noms un centre de formation professionnelle, le plus important de la capitale gabonaise, et un centre hospitalier, Bongo a connu l’enfance ordinaire des jeunes de son âge, qui ont vécu la colonisation et senti souffler le vent des indépendances. 

Bongo a posé son premier acte politique en 1957. Alors qu’il n’a que 20 ans, la liste qu’il conduit dans sa province du Haut-Ogooué remporte l’élection à l’Assemblée territoriale qui devait désigner un conseil de gouvernement présidé par le gouverneur représentant l’autorité républicaine française.

Le scrutin est repris parce que la tête de liste, Bongo, n’a pas 22 ans, l’âge requis pour être éligible à l’Assemblée territoriale, instance mise sur pied par la Loi-cadre, dans la perspective de l’autonomie des territoire français d’outre mer.

Après avoir passé avec succès un concours des Postes et télécommunications (PTT), le jeune Bongo intègre la section d’exploitation des télécommunications. Il effectue par la suite son service militaire dans l’armée de l’air française à Fort-Lamy, actuel N’Djaména. Il en sort le 27 octobre 1960 avec le grade de lieutenant.

Rendu à Brazzaville, Bongo commence son action militante et s’implique dans les mouvements de lutte pour l’indépendance, ce qui lui vaut ses premiers ennuis avec l’administration coloniale.

Membre de la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO), l’ancêtre du parti socialiste français, Bongo adhère par la suite au Mouvement socialiste africain (MSA).

C’est à Brazzaville que Bongo va rencontrer Léon Mba, le père de la Nation gabonaise, en 1954, alors que celui-ci était de passage dans l’ancienne capitale de l’Afrique équatoriale française (AEF).

Intéressé par le jeune homme, Léon Mba va en faire d’abord son directeur de cabinet, puis son ministre. Nommé vice-président de la République en 1967, Bongo se présente sur le même ticket que son mentor, malade, à l’élection présidentielle. C’est tout naturellement qui'il lui succède conformément aux règles du jeu constitutionnel, lorsqu'il meurt à Paris en 1967.

Nul ne pouvait s'imaginer que Bongo allait diriger le Gabon pendant quatre décennies.

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