Espace d'échange de la diaspora congolaise.
| Mathias DZON
Candidat à l’élection présidentielle de 2009
Congo - Brazzaville 1884 rue Mouléké bis Ouenzé Brazzaville. | République du Congo Unité*Travail*Progrès ****** |
Conférence de presse du vendredi 19 juin 2009
Déclaration liminaire
- Distingués invités,
- Mesdames, messieurs,
A moins d’un mois de la date décidée par le gouvernement pour la tenue de l’élection présidentielle de 2009, de nombreux et graves problèmes d’organisation se posent encore avec une acuité particulière.
En effet, comme il l’avait fait lors des élections législatives chaotiques de 2007 et des élections locales de 2008, boycottées par les populations (95% d’abstention), le pouvoir a décidé une fois de plus, de passer en force, en convoquant pour le 12 juillet 2009, le corps électoral pour le premier tour de l’élection présidentielle, alors que rien, absolument rien, n’est près au niveau de la réalisation des opérations pré-électorales.
A ce jour, à l’exception du candidat Denis SASSOU NGUESSO et des autres candidats affiliés à la mouvance présidentielle, les candidats déclarés de l’opposition sont totalement tenus à l’écart du processus d’organisation de l’élection.
S’agissant du problème fondamental du corps électoral, le pouvoir a retenu comme fichier électoral de base, le fichier qui a servi à la détermination du corps électoral lors des élections locales de 2008. Ce fichier avait fixé, on le sait, le corps électoral à 2.277.114 électeurs pour une population de 3.695.579 habitants.
Un parallèle comparatif établi entre les chiffres, localité par localité, donnés par le recensement général de la population et de l’habitat, recensement réalisé par le ministère du plan avec l’appui du FUNUAP en 2007, et les chiffres du fichier électoral de 2008, fait apparaitre un profond écart entre les chiffres contenus dans chacun de ces deux documents, pourtant élaborés, l’un par le ministère du plan, l’autre par le ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, en un mot, par le gouvernement lui-même.
Les écarts entre les chiffres des deux documents sont si fragrants que le pouvoir se refuse systématiquement à publier les deux documents, en dépit des demandes réitérées du Front des partis de l’opposition congolaise en vue de leur publication. Pour atténuer ces écarts exorbitants, il vient de produire un nouveau fichier électoral qui fixe le corps électoral à 2.228.558 électeurs.
La révision à la baisse du corps électoral qui est passé de 2.277.114 électeurs en 2008, à 2.228.558 électeurs dans le document intitulé « scrutin de juillet 2009. Répartition du corps électoral », ne règle en rien l’épineux problème du gonflement artificiel du corps électoral.
En effet, si les effectifs des électeurs ont été révisés à la baisse dans certaines localités où les écarts étaient trop flagrants, comme c’est le cas du district d’Ollombo (25.755 électeurs en 2008 et 11.840 en 2009), du district d’Abala (19.484 électeurs en 2008 et 6.211 en 2009), du district de Mokéko (31.062 électeurs en 2008 et 20.288 en 2009), ils ont par contre été révisés à la hausse dans d’autres localités comme Talangaï (239.006 en 2008 et 253.784 en 2009), M’filou (71.687 en 2008 et 82.719 en 2009), Moungali (72.101 en 2008 et 79.224 en 2009), Makélékélé (128.582 en 2008 et 142.034 en 2009), etc.
Le nouveau corps électoral, arrêté par le pouvoir après les opérations dites de révision des listes, à 2.228.558 électeurs, ne correspond pas toujours au corps électoral réel qui doit être déterminé à partir de la population générale estimée à 3.695.579 habitants, par le recensement général de la population. Ce corps électoral réel, tourne autour de 1.800.000 électeurs. C’est dire qu’il ya toujours, entre ce corps électoral réel et le corps électoral fictif, arrêté par le pouvoir à 2.228.588 électeurs, une différence de près de 428.588 électeurs fictifs.
Nous ne le répéterons jamais assez, pour espérer gagner l’élection présidentielle, le pouvoir s’est constitué une réserve de 500.000 voix fictives, d’une part, en gonflant artificiellement l’électorat des localités qui lui seraient favorables et en minorant l’électorat des localités jugées hostiles, d’autre part, en délivrant des cartes nationales d’identité et des certificats de nationalité à plus d’un million d’étrangers, composés en majorité des congolais de la RDC, des Rwandais, des Burundais, des Tchadiens, des Camerounais, des Gabonais, des Angolais.
Sur ce dernier point par exemple, des comités de village, situés tout au long du couloir du fleuve Congo, ont reçu mission de recruter des électeurs dans les villages de la RDC en face d’eux, moyennant des espèces sonnantes et trébuchantes. Les villages concernés partent de l’Ile Mbamou en passant par Maloukou-Tréchot, Lingoli, Kanga-Mbanzi, Koundzoulou-Miranda, Ngabé, Ntoto-Motani, jusqu’à Bétou. Il est à signaler que cette opération est gérée par une association du pouvoir dénommée AMIBA (Amicale des Bangalas), qui a déjà joué le même rôle dans des élections passées.
Pour masquer cette tricherie électorale, le pouvoir a décrété la gratuité de la carte nationale d’identité sur l’ensemble du territoire national. Dans la pratique cependant, cette carte gratuite n’est délivrée qu’à ceux qui ont leurs noms sur les listes électorales truquées au cours de la révision extraordinaire des listes. C’est la raison pour laquelle, il s’oppose obstinément à la réalisation de façon consensuelle, d’un recensement administratif spécial pour déterminer un corps électoral fiable, conforme aux réalités démographiques du Congo, recensement qui démasquerait toutes les magouilles auxquelles il s’est livrées.
A propos de la commission nationale d’organisation des élections (CONEL), la réunion du conseil des ministres, tenue le vendredi 08 mai 2009, a adopté un décret portant élargissement de la composition de cette commission. Il s’agit d’une manœuvre destinée à mystifier l’opinion nationale et l’opinion internationale, car, dans les faits, la Conel conserve ses missions et sa composition originelles, mais s’ouvre aux nouveaux ralliés à la mouvance présidentielle, pudiquement appelés « opposition modérée ». Dans le fond donc, rien ne change. La Conel continue d’apporter sa caution aux actes préparatoires truqués, accomplis par la Direction Générale des Affaires Electorales et sera composée uniquement des partisans et alliés de la mouvance présidentielle. L’opposition, la vraie, ne saurait envoyer ses représentants dans cette Commission, toute entière acquise au candidat Denis SASSOU GUESSO.
Par ailleurs, alors que l’article 25 de la loi 9-2001 du 10 décembre 2001, portant loi électorale, dispose que « la campagne électorale est déclarée ouverte 15 jours francs avant la date du scrutin », le pouvoir est entré prématurément en campagne électorale. Dans cette optique, il a accaparé les médias publics et transformé Télé-Congo et Radio-Congo en organes de propagande électorale du candidat Denis SASSOU NGUESSO. Chaque jour, ces deux organes publics diffusent sans désemparer les images de la campagne électorale prématurée entreprise par le candidat Denis SASSOU NGUESSO, son épouse, ses enfants ou neveux et tous les partis ou associations qui le soutiennent. On se croirait aux pires moments du monopartisme et du culte de la personnalité. Dans un article intitulé « Télé-Congo, c’est Télé Kim IL Sung », un site internet écrit « A longueur de journée, on ne voit à l’image que SASSOU NGUESSO, l’infatigable bâtisseur, le pacificateur, l’unificateur… ».
Plus grave, cette campagne électorale est financée sur les fonds publics. En effet, à la fin du mois de décembre 2008, le compte de stabilisation des recettes pétrolières a fait l’objet de tirages successifs de 112 milliards de FCFA au mois d’avril 2009 et de 20 milliards de FCFA au mois de mai 2009, pour soutenir les dépenses des tournées électorales de Denis SASSOU NGUESSO à travers le pays.
Ces sommes astronomiques, sorties du Trésor public pour financer la campagne d’un candidat, constituent un véritable détournement des deniers publics. Ce détournement est d’autant plus criminel qu’il est opéré à un moment où 70% de Congolais vivent au-dessus du seuil de pauvreté et où nos villes et nos villages manquent du minimum vital : eau potable, électricité, moyens de transport viables, soins de santé de qualité, etc.
Ces 132 milliards de FCFA, engloutis dans la campagne électorale d’un candidat, auraient pu être judicieusement utilisés pour soulager les souffrances des populations meurtries, en revalorisant le pouvoir d’achat, en améliorant le système d’alimentation en eau et en électricité, en réhabilitant les formations sanitaires et scolaires par exemple.
Nous interpellons vivement le Directeur Général du Trésor afin que l’argent public ne soit plus sorti à des fins de campagne électorale du candidat du pouvoir. Désormais, nous surveillerons étroitement toute sortie d’argent du Trésor et traduirons devant les tribunaux les auteurs des sorties de l’argent public à des fins de campagnes électorales partisanes, ainsi que leurs complices.
Une autre dérive du pouvoir en cette période électorale, est constituée par les plans mis en œuvre pour assassiner les candidats de l’opposition. Dans cet ordre d’idées, lors de la tournée de Monsieur Mathias DZON dans la partie sud du pays, le pouvoir a constitué un commando chargé de l’assassiner ente Nkayi et Madingou.
Ce complot a été déjoué grâce à la vigilance des militants et sympathisants de l’ARD dans la Bouenza qui ont identifié les deux membres du commando et leurs commanditaires, membres du clan des faucons de la mouvance présidentielle.
Dans la même veine, à son retour à Brazzaville, après sa tournée dans le Niari, la Bouenza et la Lékoumou, Mathias DZON s’est vu fermer la porte de sortie à l’aéroport de Maya-Maya. Il a fallu la mobilisation des militants de l’ARD venus l’accueillir, pour que la police de Maya-Maya consente à ouvrir la porte de sortie des VIP et à laisser partir Mathias DZON.
Nous émettons une protestation indignée contre cet ostracisme à l’égard du candidat de l’ARD et mettons en garde le pouvoir contre ses intentions diaboliques à son endroit.
La Conférence Nationale Souveraine avait condamné avec la dernière énergie la pratique des assassinats politiques en vigueur sous le régime du monopartisme et avait lancé un appel vibrant à l’ensemble de la classe politique : « plus jamais ça ». Le Congo ne doit plus renouer avec la triste époque des assassinats politiques. Le pouvoir, qui a fait de la paix, le thème principal de sa propagande électorale, doit arrêter immédiatement les préparatifs de guerre auxquels il se livre frénétiquement aujourd’hui et stopper net son sinistre projet d’assassinats politiques des leaders de l’opposition.
Toujours dans le dessein de déstabiliser Mathias DZON, le pouvoir bloque au port de Pointe-Noire, depuis voici un mois, le container contenant des tee-shirts à son effigie, sous le fallacieux prétexte que Mathias DZON n’avait pas demandé l’autorisation préalable du ministère du commerce, avant de commander ces tee-shirts. Une amende de 10.000.000 FCFA a été infligée à Mathias DZON pour ce motif.
L’analyse des dérives du pouvoir serait incomplète si nous n’y incluons pas la déconstruction de ses mensonges. En effet, à longueur de journée, la propagande du pouvoir nous rabat les oreilles avec les réalisations socio-économiques grandioses du président Denis SASSOU NGUESSO, présenté comme un infatigable bâtisseur.
Faut-il le rappeler ? De 2003 à 2008, le Congo a encaissé 9 mille milliards de FCFA au titre du budget de l’Etat et plus de deux mille milliards au titre des excédents pétroliers, soit un total de plus de 11 mille milliards de FCFA. Les réalisations effectuées dans le cadre de la municipalisation accélérée, à Pointe-Noire, Impfondo, Dolisie et Owando, sont estimées à 400 milliards de FCFA. Qu’a-t-on donc fait de la différence, soit plus de 10 mille milliards de FCFA ?
Nous lançons au gouvernement un défi : qu’il chiffre le coût de chacun des projets qu’il a réalisés et qu’il fasse un parallèle comparatif entre les 11 mille milliards de FCFA encaissés et le coût global de ses réalisations, du reste hautement surévalué, à l’instar de l’aéroport d’Ollombo, dont le coût est passé de 37 milliards de FCFA à plus de 100 milliards.
En vérité, le gouvernement a disposé depuis 2003, d’importantes sommes d’argent qui auraient pu lui permettre de jeter les bases de la diversification de l’économie congolaise, créer de nombreux emplois, promouvoir des infrastructures sociales et améliorer le vécu quotidien des congolais. Il a tourné le dos à cette orientation saine et a choisi le gaspillage et la confiscation, à son seul profit de la richesse nationale. Dans ces conditions, présenter l’actuel président de la République comme un bâtisseur, c’est faire injure aux 70% de Congolais qui croupissent dans une misère sans nom, aux nombreux diplômés sans-emploi et aux milliers des jeunes chômeurs.
La campagne électorale qui va s’ouvrir le 26 juin 2009, va nous permettre de revenir sur toutes ces questions avec force détails. Nous espérons que le candidat du pouvoir fera son vrai bilan, sinon nous nous permettrons de le faire à sa place.
Distingués invités, Mesdames, messieurs, Chers amis, je vous remercie pour votre aimable attention.
Mathias DZON