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La fine analyse de la BAD sur les perspectives économiques en Afrique

Le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a présenté hier son rapport sur «Les perspectives économiques en Afrique 2009».

           La cérémonie s’est déroulée à l’hôtel de l’Amitié sous la présidence de Sambou Wagué, le secrétaire général du ministre de l’Économie et des Finances. On notait également la présence du représentant résident de la BAD, Moulaye Lahcen Ennahli, du chef de la délégation de l’Union européenne, Giacomo Durazzo, ainsi que du directeur national de la BCEAO, Oumar Tatam Ly.

          Le document de la BAD est organisé en quatre grandes parties : une vue d’ensemble qui propose une synthèse, des analyses par pays, un chapitre consacré au volet thématique «nouvelles technologies et innovations» et une annexe consacrée aux statistiques. Si l’édition de l’année dernière ne couvrait que 35 pays, l’actuelle en concerne 47, soit près de 97% de la population africaine et 99% de la production du continent.

          Pour l’économie malienne, le taux de croissance du PIB a atteint 5,2% en 2008, malgré la crise financière et économique, a souligné le représentant de la BAD. Mais durant la même année, a-t-il fait remarquer, notre économie a enregistré un taux d’inflation relativement élevé de 9,2% en raison de la hausse des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers. Ce qui a amené le gouvernement à renoncer à certains droits et taxes, augmentant ainsi la pression sur les finances publiques.

          La vue d’ensemble restitue l’analyse des perspectives à court terme des économies africaines dans un contexte mondial, marqué cette année par la crise financière et une récession généralisée. L’ouvrage table aussi sur l’obtention des fonds supplémentaires requis pour financer les défis, malgré les difficultés actuelles pour lever des capitaux sur les marchés internationaux.

          Le rapport évoque l’ampleur et la gravité de la récession dans les pays de l’OCDE et du ralentissement dans les autres grands pays émergents. L’importance des mesures à prendre pour relancer la demande partout dans le monde, a quelque peu occulté les préoccupations relatives à un éventuel dénouement désordonné des profonds déséquilibres de l’économie mondiale. Le rapport précise que ce ralentissement et la dégringolade des cours du pétrole ont contribué à un rééquilibrage progressif.

          La croissance du PIB dans les pays de l’OCDE devrait se contracter de 4,3% en 2009. Les économies émergentes doivent, elles aussi, s’attendre à un sérieux coup de frein. Le commerce mondial devrait pour la première fois depuis 60 ans se contracter de 13% en 2009. Les échanges internationaux devraient repartir en 2010 avec une croissance de 1,5%, avec la reprise de l’activité économique dans les pays de l’OCDE.

          Moulaye Lahcen Ennahli a résumé le rapport en six messages clefs. Le premier porte sur les effets de la crise qui, selon lui, se traduiront sans doute par des pertes d’emplois, une aggravation de la crise alimentaire et partant, une augmentation de la pauvreté.

          Les changements de destination des flux commerciaux, l’adoption de politiques macro-économiques prudentes et l’allégement de la dette permettent à l’Afrique d’être mieux disposée à affronter la crise actuelle.

          Le deuxième message souligne que l’Afrique à de réels atouts pour maintenir et même augmenter son rythme de croissance économique. Le représentant de la BAD juge que les gouvernements africains doivent mettre à profit les gains perçus ces dernières années pour instaurer les réformes, développer les infrastructures et renforcer l’intégration économique régionale, etc. Le troisième message explique que l’Afrique est confrontée à d’importants déficits de financement créés par les baisses de recettes du commerce et des investissements directs étrangers (IDE) afin de renforcer les institutions africaines de développement.

          Le quatrième message évoque des défis à relever en matière de gouvernance, même s’il y a des signes encourageants sur l’ensemble du continent africain. Le cinquième message indique l’importance de renforcer davantage la coopération régionale en matière de gouvernance dans le cadre du NEPAD et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP).

          Le sixième message concerne les TIC en expliquant qu’elles peuvent aider le continent noir à assurer un meilleur environnement des affaires en contribuant au développement économique, à la réduction des coûts des affaires, au renforcement de l’intégration régionale, tout en surmontant les obstacles traditionnels d’infrastructures.

          Sambou Wagué a remercié la Commission de l’Union européenne pour le soutien financier ayant permis l’élaboration de ce volumineux rapport de plus de 200 pages.

Adama DIARRA
Talassa

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