Espace d'échange de la diaspora congolaise.
M. Sassou serait-il le prototype de Mobutu ou de Mugabe ?
La psychose dans laquelle vivent actuellement les Brazzavillois, devrait interpeller et faire réfléchir tous les acteurs politiques du pays tant de la mouvance présidentielle que de l’opposition. Le déplacement massif à quelques jours de l’élection présidentielle, des populations vivant à Brazzaville, provoqué par l’intégrisme et les velléités guerrières dont font montre nos hommes politiques, ne manquera pas de pousser à n’en point douter beaucoup d’observateur de la vie politique nationale à dire que les Congolais et la classe politique congolaise sont encore immatures pour la démocratie.
La mouvance présidentielle actuelle et l’opposition d’aujourd’hui veulent-ils encore pour leurs intérêts personnels et égoïstes et ceux de leurs proches parents, conduire le pays vers un conflit sanglant ?
Avec l’arrivée massive à Pointe-Noire des populations venues d’autres localités du pays, des sites ont été ouverts, a-t-on appris. Est-ce que des hommes politiques, dignes de ce nom, peuvent-ils être fiers des situations pareilles ?
C’est vraiment dangereux et triste pour notre pays qui lentement mais sûrement, est en train de retourner vers le chaos si on n’y prend pas garde.
Face à la farouche volonté du pouvoir de M’pila de gérer coûte que coûte le pays comme une épicerie familiale, n’a-t-on pas le droit aujourd’hui de donner raison à Jacques Chirac, ce grand homme d’Etat français qui pensait en une certaine époque que «la démocratie est un luxe pour les africains» ?
Quelle honte pour notre pays qui est tiré actuellement vers le bas. Ce pays qui a connu d’illustres hommes politiques comme Fulbert Youlou, Jacques Opangault, Alphonse Massamba-Débat, Marien Ngouabi et bien d’autres qui, pour lui, ont tout sacrifié, même leur propre vie.
Est-ce que c’est cela que le pouvoir de Brazzaville et les candidats appellent la préservation et la consolidation de la paix et de l’unité nationale ?
Si ce pouvoir et ses dignitaires ne militant pas pour l’éclatement d’un conflit socio-politique dans le pays, comme on l’entend dans toutes les bouches. Pourquoi sont-ils alors allergiques et foncièrement opposés à toutes les approches de solutions pouvant permettre la tenue dans le calme, la paix la transparence, la tranquillité des esprits et l’équité, de la présidentielle du 12 juillet 2009 ?
Comme à l’époque de Pascal Lissouba, le candidat-président Denis Sassou-N’guesso et ses fans ont tort d’indexer les leaders de l’opposition dite radicale qui n’ont pas de milices privées comme eux, et le contrôle de la force publique. Alors qui trompe qui ?
Qui a oublié que pour neutraliser ses
opposants, Sassou-N’guesso aurait utilisé l’achat des consciences, les intimidations, les mensonges et la propagation des fausses nouvelles à leur encontre. Voilà pourquoi, toutes sales et basses manœuvres montrées contre les leaders de la vraie opposition qualifiée par les partisans de M. Sassou-N’guesso de radicale.
Comme quoi, les pratiques du monopartisme sont en train d’être actualisées. Ne dit-on pas qu’il est vraiment difficile de se départir de ses vieilles habitudes ?
Ainsi, l’élection présidentielle du 12 juillet 2009 qui ne suscite plus l’enthousiasme et l’engouement, sera un fiasco.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on va droit vers le chaos comme lors des législatives de 2007 et des locales de 2008. Comme certains présidents africains assoiffés du pouvoir qui s’accrochent à leur fauteuil, M. Sassou-N’guesso sera réélu par une minorité des Congolais, car le taux d’abstention sera très élevé. La preuve, des nombreux brazzavillois sont entrain de vider leur belle capitale pour les villages ou d’autres villes. Lesquels donc voteront à leur place ? Comme quoi, l’épanouissement de la vraie démocratie au Congo-Brazzaville sera toujours mis en veilleuse tant que les Sassou, présideront encore aux destinées de ce pays, disent plus d’un opposant.
Tout pour eux et leurs familles et rien pour le peuple.
Eu égard au refus de M. Sassou et de ses troupes qui brillent par une voracité exceptionnelle et une témérité inqualifiable, dans leur volonté de s’accrocher coûte que coûte au pouvoir et d’éliminer même physiquement, comme le disait un opposant bien connu de la place, si besoin est ou sera, leurs adversaires politiques comme au temps du mono, il y a lieu également de s’interroger sur «l’avenir du Congo». Personne ne peut se leurrer, entre «La Nouvelle Espérance» pour lequel M. Sassou a été élu pour son premier septennat (2002-2009) et «Le Chemin d’avenir» pour lequel il sera réélu maintenant par un passage en force savamment manigancé par la mouvance présidentielle, rien de spectaculaire ne pourra changer au profit du pays et des Congolais.
M. Sassou serait-il sur les traces du tout puissant et indésirable Président zimbabwéen Robert Mugabe et du défunt omnipotent grand Léopard du Zaïre, le Maréchal Mobutu Sessé Séko dont les exemples en matière de dictature, de gabegie, de vie ostentatoire, de goût prononcé pour le luxe et d’impopularité ont défrayé et défraient encore, et toujours la chronique à travers le monde entier ?
La ressemblance entre Sassou et son homologue zimbabwéen Robert Mugabe réside, par exemple, dans leur envie farouche et immodéré de s’éterniser
au pouvoir par tous les moyens mêmes ceux pouvant susciter un désordre tel que le signifie les opposants du Front qui se demande si, Sassou ne prépare pas la guerre, pourquoi s’achète-t-il tant des armes tel que le décrive plusieurs medias
occidentaux? Pourquoi le regime dirigé des mains de Sassou, n’accepte ni d’adversaires politiques, ni de concurrents dans son propre camp politique, de diriger leur pays selon leurs humeurs et comme bon leur semble, malgré la misère, la pauvreté, la précarité et la mendicité auxquelles leurs peuples sont confrontés.
Comme pour Mugabe, le régime Sassou qui est soutenu par l’Armée et les autres composantes de la Force publique,
tout l’appareil administratif sous ordres, les institutions démocratiques à l’instar de l’Assemblée Nationale, du Sénat, du Conseil Supérieurs de la Liberté de Communication (CSLC), de la Cour Constitutionnelle, manipulés à souhait, peut se permettre de narguer, d’inquiéter et d’intimider à volonté, qui il veut. En même temps qu’il prône la paix et prétend tendre la main à ses adversaires politiques, il ne cesse d’utiliser la force et la terreur pour faire triompher ses positions. Pour lui, le consensus et le compromis ne cadrent pas avec leur façon de gouverner.
En ce qui concerne les élections, Sassou et Mugabe ont en partage les mêmes schémas. Battu à plate couture, spectaculairement et miraculeusement au premier tour de la présidentielle qu’il a lui-même organisée, Mugabe s’agite sans honte et se présente de façon rocambolesque tout seul au deuxième tour de ce scrutin et se déclare vainqueur à son issue. M. Sassou qui suit ce malheureux et triste exemple pour l’Afrique et le Congo, a certainement tout manigancé pour la présidentielle du 12 juillet 2009 pour écarter d’autres candidats, avec le soutien d’une Cour Constitutionnelle congolaise partiale, et contraint à l’abandon tous les prétendants au fauteuil présidentiel appartenant à l’opposition congolaise.
On a l’impression, que Sassou Nguesso porte en lui également certaines tares de l’ancien grand Léopard et Maréchal du Zaïre qui séduit le monde entier par sa démagogie et sa brutalité vis-à-vis de ses adversaires politiques. Tant pour M. Mobutu Sessé Séko que pour M. Sassou, l’intrigue, l’orgueil, l’arrogance et le mépris envers les concurrents, l’impunité, la corruption au profit des dignitaires et de leurs parents, sont institutionnalisées et constituent des véritables armes de guerre contre l’opposition. Pour l’un ou pour l’autre régime, sont toujours privilégiés les slogans tels que «Ebonga, ébonga té, tourjours» ou «Le chien aboie et la caravane passe».
Ghys Fortune DOMBE BEMBA
Talassa