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DanAFP - Les Congolais votaient dimanche, timidement mais dans le calme, pour élire leur président, le sortant Denis Sassou Nguesso faisant figure de grand favori pour un nouveau septennat face à douze adversaires, dont plusieurs ont appelé au boycottage du scrutin.
Denis Sassou Nguesso, 66 ans dont près de 25 cumulés à la tête du pays, est soutenu par une centaine de partis et d'associations formant le Rassemblement de la majorité présidentielle (RMP). Son ex-ministre des Finances devenu un opposant radical, Mathias Dzon, 62 ans, est considéré comme son principal challenger en lice.
Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés, un second tour sera organisé à une date non encore déterminée.s la plupart des bureaux de vote de Brazzaville et de l'intérieur du pays, très peu d'électeurs s'étaient rendus aux urnes à la mi-journée, selon des journalistes de l'AFP et des témoins. Aucune estimation du taux de participation n'était cependant disponible.
Officiellement, 2,2 millions de Congolais -sur 3,6 millions d'habitants- sont appelés à voter, un chiffre contesté par l'opposition selon laquelle le fichier électoral a été "gonflé" au profit du président sortant.
Lors des législatives de 2007, "les gens étaient déjà en rang à 09H00. Aujourd'hui à la même heure, nous n'avons que 12 personnes sur 375 inscrits qui ont voté", s'inquiétait dans la matinée Gaston Nganga, président d'un bureau de vote de Bacongo (sud de Brazzaville).
"Il y a plus d'observateurs que d'électeurs", commentait un observateur international sous couvert d'anonymat.
A Pointe-Noire (sud), capitale économique, le vote était "très timide" dimanche matin, selon Roch Euloge Nzobo, un des superviseurs de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH).
A Gamboma (département des Plateaux, centre), fief de Mathias Dzon, c'est aussi "la timidité" qui l'emportait, d'après Alix Koudé, délégué d'un parti proche de la majorité.
Denis Sassou Nguesso a voté peu après 11H00 à Ounzé (nord de Brazzaville), faisant le "V" de la victoire à son arrivée et en quittant les lieux, mais sans déclaration.
Pour son camp, la participation à la mi-journée était "correcte".
"On espère que les choses s'amplifieront dans l'après-midi, quand les gens seront revenus du culte ou de faire leur marché", a déclaré à l'AFP un de ses porte-parole, Thierry Moungalla.
"Pour l'heure, ça se passe bien. Il y a quand même des incorrections qui trouveront certainement des solutions", a de son côté affirmé à la presse l'opposant modéré Nicéphore Fylla de Saint-Eudes après avoir voté à Poto-Poto, quartier populaire proche du centre-ville.
"Nous attendons la sanction des électeurs, ils se prononceront peut-être pour le changement", a-t-il ajouté.
Les opérations de vote, qui étaient censées commencer à 07H00 locales, ont débuté en retard dans la plupart des 4.850 bureaux installés à travers le pays, beaucoup ayant fonctionné sans délégués de la plupart des candidats.
Mathias Dzon et cinq autres candidats avaient plusieurs fois demandé le report du scrutin et appelé au boycottage, tout en précisant qu'ils ne retiraient pas leur candidature.
Le camp de Denis Sassou Nguesso a de son côté invité à un vote massif.
Les opérations de vote doivent prendre fin à 18H00 (17H00 GMT). Selon la Commission d'organisation nationale des élections (Conel), le dépouillement débutera dès la fermeture des bureaux de vote, et des résultats provisoires devraient être disponibles "trois à quatre jours au maximum" après le scrutin.