Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Normalement, ce genre d'affaires se débloque en plein mois d'août ou à Noël. Dans le silence de l'opinion internationale… Cette fois-ci, pourtant, Mamadou Tandja, déjà deux fois élu à la présidence du Niger (en 1999 et 2004), risque gros en voulant forcer le passage d'un troisième mandat.
Samedi, le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, le Belge Louis Michel, a diffusé une lettre où il menace de couper les crédits européens qui assurent les dépenses du régime (lire le document).
L'argumentation de l'ancien ministre belge des Affaires étrangères tient en deux temps. D'abord la critique adressée à Mamadou Tandja :
« Votre récente décision de suspendre la Cour constitutionnelle et de convoquer un référendum remet malheureusement en question cette approche et les fondements de notre coopération. »
Conclusion logique du représentant de l'Union européenne :
« Vu les circonstances présentes qui affectent les conditions globales de gouvernance, et par mesure prudentielle de gestion, je me vois dans l'obligation de surseoir aux décaissements liés aux Conventions de Financement au titre de l'Aide Budgétaire. »
En clair, Louis Michel menace Mamadou Tandja de lui couper les vivres. Geste qui ne devrait pas vraiment suffire à effrayer cet ancien colonel de 71 ans, visiblement prêt à s'accrocher au pouvoir.
Nicolas Sarkozy reste très prudent
Côté français, on marche sur des oeufs. La première réaction officielle est venue tardivement, le dimanche 5 juillet, dans un message de Nicolas Sarkozy lu à l'occasion de l'Assemblée parlementaire de la francophonie. La situation est « à la fois inquiétante et décevante » indique l'Elysée. En clair : attention, vous devriez faire marche arrière.
Pour autant, la semaine suivante, lors du sommet de l'Union africaine réunit à Syrte en Libye, les diplomates français n'ont pas trouvé la parade, coincé entre leur hôte Mouamar Khadafi, très tolérants vis-à-vis de son voisin nigérien, et le Gabonais Jean Ping, « extrêmement préoccupé » mais aussi très impuissant. Aucun message n'a évoqué la situation nigérienne.
Visiblement, le président français n'a pas gobé le mensonge du président nigérien, lui assurant lors de sa visite à Niamey au printemps, qu'il préparait son départ. Mais Nicolas Sarkozy n'oublie pas non plus les énormes gisements d'uranium exploités par Areva, indispensables à l'industrie nucléaire.
La France va-t-elle soutenir ce nouveau candidat au pustch constitutionnel ?
Pour mémoire, des images prises en 1996 par une journaliste française, Stéphane Chopin, à Arlit, près d'un gisement exploité par Areva. (Voir « Uranium song »)