Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Le peuple congolais s’est exprimé massivement contre la mascarade, ils ont dit non à Denis Sassou Nguesso et à son gouvernement.
Entre une opposition radicale qualifiée d’impopulaire qui ne déplaçait pas des foules lors de leurs meetings et le candidat Denis Sassou Nguesso le pacificateur qui traçait le chemin d’avenir pour les congolais, les congolaises, ils ont plutôt répondu à l’appel de l’opposition qu’à celui de Denis Sassou Nguesso à en croire les chiffres sorties des urnes.
Chose curieuse les hommes de dieu se sont mêlés à la danse du ventre de madame Antoinette Sassou Nguesso, multipliant les appels aux fidèles d’aller massivement accomplir leur devoir citoyen. On peut constater que Denis Sassou Nguesso n’est pas Georges Bush qui avait réussi en 2004 un hold-up parfaitement sur les voix des évangélistes américains.
L’enjeu était de taille. Un taux de participation de plus de 50% serait interprété par le Prince de Mpila comme un plébiscite, une adhésion des populations à sa politique, voir à sa candidature.
Sassou Nguesso avait selon lui et ses griots (Ossebi, Ibovi, Kakou, Mavoungou et Moungala) répondu à l’appel du peuple congolais qui lui a obligé d’aller contre sa volonté lui représenter aux urnes le 12 juillet 2009, pour quelle raison ce même peuple aurait boudé les urnes ?
Les grands travaux et la municipalisation accélérée n’auront pas suffi pour dissuader les congolais de leurs envie de changement.
Il s’agit là d’un cri de détresse d’un peuple qui veut consolider la paix retrouvée, qui veut poursuivre les grands travaux mais qui exige plus de démocratie et de justice sociale, des valeurs que n’incarne pas le Président sortant. La corruption, l’impunité et la pauvreté au Congo Brazzaville ont atteint des sommets. En vingt cinq ans de règne les congolais ont connu l’homme, sa politique et ses méthodes, ils ont refusé de lui accordé un chèque en blanc. L’industrialisation dont Sassou parle, la France n’arrive plus à la maintenir chez elle. Les délocalisations se compte par centaine et les dépôts de bilan par millier.
A juste titre les congolais attendaient un véritable débat qui devait les éclairés sur la gestion des recettes pétrolières de ces dernières années car on parle de plusieurs milliards de FCFA. Ils ont eu droit à un auto satisfecit leur donnant l’impression d’être exclus de cette manne. Les institutions de la république ont préféré fuir le débat avec l’opposition en multipliant les embûches sur le long chemin de l’opposition. Sourd aux appels incessants de l’opposition et aveuglé par des vautours politiciens dont l’ambition affichée était la réélection quelque soit la forme de celui qui devait leurs ouvrir les portes de Canaan, Sassou Nguesso a manqué une occasion d’entrer dans l’histoire du pays comme celui qui aurait sauvé la démocratie congolaise.
Le pouvoir a organisé son élection, il est incontestable que Sassou Nguesso sera le gagnant de cette consultation boycottée par l’opposition. Mais quelle légitimité peut avoir un président élu avec 20 ou 25% des malheureux congolais ?
Quel est l'homme fort de cette opposition ?
L’opposition parlera t-elle au nom des 85% de nos compatriotes ayant répondu à leur l’appel au boycotte ? ou bien Sassou Nguesso parlera t-il au nom des 15 à 20% de nos autres compatriotes qui ont choisi la continuité dans l’anarchie et le tâtonnement.
Voilà à ce stade de l’élection les questions que se posent les internautes qui nous adressent par milliers leurs inquiétudes.
Joseph Bafoua Nsoni pour CongoInfos