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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Message du Docteur Marcel Guitoukoulou au peuple Congolais

Chers Compatriotes,

La réélection annoncée et prévisible de Denis Sassou Nguesso a eu lieu et le résultat est sans appel : le taux d'abstention est évalué, selon les sources, entre 75 et 90 %. C'est énorme et historique. Il s'agit là d'une situation éloquente à travers ce taux d'abstention significatif qui égale quasiment celui des dernières élections. A cet effet, être aussi mal élu impose au chef de l'Etat de tirer toutes les conséquences qu'impose cette rupture avec le peuple congolais. Il lui appartient désormais de décider de quelle manière il voudrait entrer dans l'histoire, car l'abstention record enregistré n'est pas un acte passif ou un renoncement, mais un refus d'aller voter qui est un appel à la raison adressé à Denis Sassou Nguesso.

Le candidat mal élu s'est complètement mépris sur le peuple congolais. Pour illustrer son mépris et sa méconnaissance de notre peuple, plutôt que de mener une campagne électorale porteuse des perspectives pour le pays, le président sortant a proposé aux Congolais du ndombolo, encore du ndombolo et toujours du ndombolo. Et quand il avait un accès de générosité, des camions circulant à vive allure jetaient des t-shirts et des gadgets à sa gloire aux passants comme à des mendiants férocement affamés.

Tout cela illustre bien son cynisme face à la volonté du peuple congolais de mettre fin à la colonisation nationale du pays par une poignée d'hommes et de femmes. Vous aurez aussi constaté que le Congo est le seul pays au monde qui a organisé une élection présidentielle sans fixer au préalable la date d'un éventuel second tour. Pas étonnant dès lors que la Communauté européenne ait « déploré le manque de progrès accomplis depuis la présidentielle de 2002 » et déclaré « qu'elle attendait plus de progrès de la part du gouvernement congolais». Conséquence, l'Europe a refusé d'envoyer des observateurs pour superviser cette comédie de mauvais goût.

Peuple congolais,

Par votre comportement ce 12 juillet 2009, vous venez de faire naître l'espoir d'un jour nouveau pour notre pays. Lors de la campagne qui a précédé le dépôt de ma candidature à cette élection, j'ai été frappé par la volonté vivace de la population de tourner la page de l'actuel pouvoir. Il est évident que le peuple est clairement à la recherche d'un leadership qui capterait et qui catalyserait son aspiration à la démocratie, à la justice sociale et à son plein épanouissement. Je ne remercierai jamais assez les anciens, les jeunes ainsi que les leaders sociaux, communautaires et politiques qui m'ont apporté leur encouragement dans mon ambition de me mettre au service de la nation congolaise. J'exprime aussi une gratitude très fraternelle aux compatriotes vivant au Bénin, au Nigeria, en Chine, à Paris et à Londres qui m'ont apporté un soutien inestimable.

Lorsque ma candidature a été rejetée en dépit du bon sens et des conditions fixées par la loi, des centaines de Congolais ont voulu réagir par des manifestations dans la rue. J'aurais pu susciter et m'appuyer sur cette pression populaire, mais il était hors de question de faire précéder une nouvelle alternance par un nouveau bain de sang. J'ai refusé de permettre indirectement que d'autres victimes viennent s'ajouter aux disparus du beach, aux innombrables victimes de la guerre civile de 1997, sans compter ces femmes et ces enfants qui sont morts de faim et de froid dans les forêts et à qui des proches n'ont pas pu offrir même une modeste sépulture. Vous comprenez alors pourquoi depuis l'invalidation de ma candidature j'ai gardé le silence. Mais cela, Chers Compatriotes, croyez-moi n’est pas une capitulation, au contraire.

Aujourd’hui, Monsieur Denis Sassou Nguesso incarne un pourvoir finissant, impopulaire et donc fragile. Dans ce contexte de mainmise sur notre pays, une espérance est pourtant née ces derniers mois et confortée ce 12 juillet 2009. Il est de notre devoir justement d'entretenir la flamme de cette espérance allumée et d'oeuvrer avec détermination, abnégation, transparence, honnêteté et courage pour une alternance rapide et crédible par des moyens efficaces mais pacifiques et démocratiques. Oui, cela est possible et nous devons y croire fortement et nous y atteler sans relâche et en transcendant nos appartenances politiques, religieuses et ethniques. Plus que jamais, je serai le petit soldat du peuple qui prêchera par l'exemple et qui, sur le terrain aux côtés du peuple congolais, se battra avec acharnement, au jour le jour, pour conquérir cm² par cm² l'espace de liberté, de démocratie et de justice sociale spolié par le pouvoir en place.

J'appelle ici le président Denis Sassou Nguesso au bon sens et à la responsabilité. L'on ne peut pas présider aux destinées d'un pays, d'un peuple avec à peine une dizaine de pour-cent de suffrages exprimés en sa faveur. Personne ne comprendra pas, en effet, qu'il reste sourd à ce message fort du Congo profond.

Aux compatriotes qui sont dans le cercle du pouvoir, je leur dis qu'il est grand temps, pour eux, de rejoindre le peuple congolais dans sa marche irréversible et irrésistible vers la liberté et la démocratie. L'histoire leur saura gré d'avoir retiré, bien que tardivement, leur allégeance et leur collaboration active à un pouvoir rédhibitoire aux valeurs de la justice, de l'égalité et de la solidarité.

Bientôt, le soleil va se lever sur le Congo pour éclairer sa marche et revivifier tous les talents qu’il regorge afin de rebâtir un pays juste, fraternel, solidaire, ambitieux et inexorablement prospère. Ça le sera en bonne intelligence avec un Sassou Nguesso coopératif, ou alors, il ne pourra que subir, bien malgré lui, ce mouvement inéluctable de l'histoire.

Vive le peuple Congolais,

Vive le Congo.

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