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Présidentielle au Congo : polémique sur la participation

Les autorités du Congo centralisaient lundi les résultats du scrutin présidentiel de la veille, déjà au centre de polémiques, l'opposition dénonçant des fraudes et une forte abstention ce que dément le gouvernement, qui fait état d'un vote "massif".

Le vote s'est déroulé dans le calme et le dépouillement, qui avait commencé dimanche dès la fermeture des bureaux, était "fini" lundi matin, selon le ministre de l'Administration du territoire, Raymond Mboulou, dont les services co-organisent le scrutin avec la Commission d'organisation nationale des élections (Conel).

"On est à l'étape de la centralisation des résultats. (...) Il n'y a pas de date précise (arrêtée) pour leur publication", avait déclaré M. Mboulou à l'AFP dans la matinée.

Dans l'après-midi, il a assuré devant la presse: "Le taux de participation sera au-dessus de la moyenne. (...) Avant la fin de la semaine, nous auront les résultats définitifs".

Selon des résultats parcellaires, la participation a atteint entre 40 et 92% dans certains quartiers de Brazzaville et arrondissements de l'intérieur du pays, tandis que "des localités (...) ont voté à 100%", a-t-il indiqué.

D'après ces chiffres, le candidat Denis Sassou Nguesso, président sortant, a obtenu 84% des voix dans l'arrondissement de Lumumba (Pointe noire, sud), devançant largement l'opposant radical Mathias Dzon (3%), qui apparaissait avant le vote comme son principal adversaire parmi les douze autres candidats.

Ces données tendent à confirmer le sentiment général, accordant l'avantage à M. Sassou Nguesso, 66 ans dont près de 25 cumulés à la tête du pays.

Si aucun candidat n'obtient plus de 50% des suffrages exprimés, un second tour sera organisé à une date encore non déterminée.

Le scrutin est d'ores et déjà contesté par Mathias Dzon, 62 ans, et cinq candidats alliés qui, après avoir appelé in extremis au boycottage de la présidentielle, ne se sont pas rendus aux urnes et ont fait état de fraudes dès dimanche soir.

"Le peuple congolais s'est massivement exprimé par une abstention record de plus de 90%", ont soutenu les six candidats dans un texte commun.

Ils ont aussi affirmé que "des militaires attachés au président sortant" avaient "voté plusieurs fois dans différents bureaux de vote" et que des autorités locales avaient distribué de l'argent "pour inciter la population à voter", ce qui avait aussitôt été jugé "inexact et incohérent" par le porte-parole du gouvernement, Alain Akouala Atipault.

"Le taux d'abstention de 90% avancé par l'opposition est farfelu", a redit lundi à l'AFP M. Atipault, également ministre de la Communication, assurant que la participation avait été plus importante à l'intérieur du pays, sans fournir d'estimations.

Dimanche, le président de la commission électorale, Henri Bouka, avait fait état d'un "vote massif à l'intérieur", ce qu'infirment les conclusions de la mission des 47 observateurs déployés par l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), une ONG congolaise.

"Le taux de participation a été très faible", a indiqué la mission, en expliquant que le scrutin avait été émaillé de "fraudes et irrégularités".

Au regard de tous ces éléments, "cette élection (...) n'a été ni juste, ni transparente, ni équitable", a-t-elle estimé.

Officiellement, 2,2 millions de Congolais -sur 3,6 millions d'habitants- étaient appelés à voter dimanche, un chiffre contesté par l'opposition qui a régulièrement dénoncé un fichier électoral "gonflé".

D'après la Conel, les résultats complets provisoires devraient être disponibles "trois à quatre jours au maximum" après le scrutin, soit mercredi ou jeudi.

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