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Présidentielle au Congo: forte abstention motivée par la peur, selon des ONG

Le scrutin présidentiel de dimanche au Congo a été marqué par une forte abstention en raison de la peur des électeurs, ont estimé mardi des ONG congolaises, l'une d'elles faisant de la participation "le principal enjeu" du vote.

"La population ne se voyant pas sécurisée a pris peur et s'est abstenue de voter en masse. (...) C'est ce qui explique le taux d'abstention très élevé", a déclaré à l'AFP Loamba Moké, président de l'Association des droits de l'Homme et de l'univers carcéral (Adhuc), sans fournir de chiffre.

Cette association a participé avec plusieurs autres ONG à une mission d'observation du scrutin, dont les résultats complets provisoires restaient attendus mardi après 17H00 (16H00 GMT).

Selon M. Moké, même si la campagne électorale s'est déroulée dans le calme, elle a été marquée par "des messages de peur et de doute", ce qui n'a pas "rassuré du tout" les électeurs pour leur sécurité.

La participation "était réellement le principal enjeu de ce vote", a-t-il soutenu. "A cela, il faut ajouter une mauvaise organisation des choses. (...) Les autorités du pays n'ont pas pris l'organisation de l'élection en main".

Des arguments similaires ont été développés par la Rencontre pour la paix et les droits de l'Homme (RPDH), basée à Pointe-Noire (sud), dans un communiqué transmis à l'AFP, qui évoque une "abstention-sanction des électeurs".

Cette ONG, qui avait aussi des observateurs sur le terrain, attribue "l'abstention massive des populations" notamment au "climat de psychose et de traumatisme des électeurs".

"Quoi que le processus se soit déroulé dans le calme, le scrutin a été boudé également à cause d'une propagande disproportionnée du président-candidat (Denis Sassou Nguesso, NDLR) attestant de l'irréversibilité des résultats d'avance connus", estime-t-elle.

La participation à la présidentielle est au centre d'une polémique entre des candidats qui ont fait état de fraudes et de forte abstention, et les autorités, qui réfutent ces allégations en revendiquant transparence et affluence.

Pendant la campagne électorale, du 26 juin au 10 juillet, beaucoup de Brazzavillois se sont rendus à l'intérieur du pays ou y ont envoyé leur famille par peur de violences, selon plusieurs témoignages recueillis par l'AFP.

Des élections organisées en 1992, 1997 et 1998 avaient été suivies de violences dans la capitale, ont rappelé certains. Le camp de M. Sassou Nguesso et celui de ses opposants radicaux s'étaient accusés mutuellement de semer la peur au sein de la population avec des messages alarmistes.

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