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Le travail de centralisation des résultats de l'élection présidentielle de dimanche au Congo "est presque fini", a assuré mercredi matin la Commission d'organisation nationale des élections (Conel), sans pouvoir annoncer l'heure de leur proclamation.
"Tout est presque fini. Il faut seulement prendre son mal en patience" pour l'annonce des résultats complets provisoires, qui était initialement prévue mardi, a déclaré le président de la Conel, Henri Bouka.
Mardi, le ministre de l'Administration du territoire, Raymond Mboulou, avait expliqué que ce délai ne pouvait être respecté en raison de données manquantes. Il avait ajouté que les chiffres seraient rendus publics mercredi, sans précision horaire.
Il a simplement déclaré mercredi matin: "On n'est pas encore prêt pour la communication ce matin", sans plus de détails.
Selon la Conel, qui co-organise les scrutins avec le ministère de l'Administration du territoire, la loi ne prévoit pas de calendrier pour cette communication.
"La loi électorale ne fixe pas une date limite de proclamation des résultats. Mais en principe, selon notre organisation, la présidentielle étant un scrutin uninominal, on devrait trois jours après le vote publier les résultats", a indiqué Henri Bouka. "Si on dépasse trois jours, l'attente devient mauvaise", a-t-il ajouté.
La participation à la présidentielle est au centre d'une polémique entre des candidats qui ont fait état de fraudes et de forte abstention, et les autorités, qui réfutent ces allégations en revendiquant transparence et affluence.
Congo-Brazzaville . En dépit d’une participation faible, le Président est assuré de l’emporter.
Les résultats de l’élection présidentielle au Congo devaient être annoncés officiellement hier, mais la proclamation a finalement été reportée à aujourd’hui. Comme il l’a annoncé et promis à son camp, le président sortant Denis Sassou-Nguesso, 66 ans - dont déjà 25 passés à la tête de ce pays pétrolier d’Afrique centrale - devrait sortir gagnant d’un scrutin joué d’avance. Son principal rival et ancien ministre des Finances, Mathias Dzon, avait appelé au boycott du scrutin, avec cinq autres candidats, pour protester contre un fichier électoral «gonflé à volonté».
De fait, le chiffre le plus attendu est sans doute celui du taux de participation. La grande majorité des bureaux de vote sont restés vides dimanche. A Brazzaville, la situation était identique dans les quartiers nord, fiefs historiques de Sassou-Nguesso, comme dans les quartiers sud : les assesseurs des bureaux se sont ennuyés ferme. Depuis la présidentielle de 1992, «c’est la première fois [qu’une élection] se passe comme ça. Dans le passé, les gens se bousculaient», s’étonnait le président d’un bureau. D’après les résultats obtenus dans les centres de vote visités par les 12 observateurs de la Communauté économiques des Etats d’Afrique centrale, «un taux de plus de 20 % n’est pas réaliste et même surévalué», estime Pierre Athomo Ndong, chef de la délégation.
Dès la fermeture des bureaux, Dzon et ses alliés, qui dénoncent des fraudes, ont pointé un «taux d’abstention record de 90 %». Mais aussitôt, les autorités ont salué un «vote massif», créant la polémique. Lundi, Raymond Mboulou, le ministre de l’Administration du territoire, indiquait que le taux serait supérieur à 50 %. Et d’expliquer qu’il n’y avait pas eu «affluence» grâce à la bonne organisation du scrutin, l’objectif étant de «faire en sorte que les Congolais ne s’attardent pas devant les bureaux». Le camp de Sassou-Nguesso ne semble pas prêt à reconnaître que son candidat a été mal élu, quitte à modifier quelques chiffres. Mathias Dzon et ses alliés, qui ont appelé «l’opinion nationale et internationale (à) faire constater l’illégitimité de Denis Sassou-Nguesso», n’ont guère de chance d’être entendus. Richard, un chauffeur de taxi de la capitale, fait partie de ceux qui n’ont pas voté : «Je savais, qu’on le veuille ou non, que le président sortant serait réélu. Pourquoi, dans ces conditions, perdre mon temps à aller voter ?»