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Les corps constitués nationaux, à la tête desquels le président de la République, Denis Sassou N'Guesso, ont rendu le 18 juillet au palais du Parlement, un dernier hommage à l'ancien ministre d'État, ministre des Hydrocarbures, et écrivain, Jean Baptiste Tati Loutard, décédé le 4 juillet à Paris (France). La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre angolais des Hydrocarbures ; des représentants des ministres des Hydrocarbures du Bénin et de la République démocratique du Congo ; ainsi que du célèbre artiste musicien congolais, Simaro Massiya Lutumba. Il était constitué de trois témoignages poignants et de l'oraison funèbre lue par le Premier ministre, chargé de la Coordination de l'action du gouvernement, Isidore Mvouba.
Dans l'oraison funèbre ainsi que dans les trois témoignages, les orateurs sont revenus sur la richesse de la vie littéraire, politique et universitaire de l'illustre disparu. Celle-ci apparaît comme une conjonction de trois univers : la littérature, la politique et l'enseignement universitaire. Grand ami du défunt, le professeur Théophile Obenga a déclaré que Jean Baptiste Tati Loutard méritait un tel hommage au regard de la grandeur de son œuvre littéraire et de son action politique. Il a relevé le fait que l'illustre disparu, ayant reconnu le caractère inévitable de la mort, avait pris soin, dans l'un de ses poèmes, de célébrer son immortalité à travers ses œuvres.
L'écrivain et ambassadeur du Congo en France, Henri Lopes, a salué la richesse de l'œuvre poétique de l'illustre disparu. Il a affirmé qu'ayant pratiqué presque tous les genres littéraires, c'est dans la poésie que Tati Loutard avait atteint les sommets les plus hauts. L'orateur a indiqué que les œuvres du défunt avaient le mérite particulier de décrire son environnement immédiat. Les Poèmes de la mer en sont un exemple probant. Henri Lopes a déclaré que l'illustre disparu était l'un des poètes de langue française les plus féconds. L'immensité de sa production littéraire et les différents prix qui lui avaient été attribués, a-t-il ajouté, en sont l'illustration.
De son côté, la directrice des Éditions Présence africaine, Christiane Yandé Diop, qui éditait les livres de Tati Loutard, a relevé tout l'intérêt que le défunt portait à cette structure qui est non seulement une maison d'édition, mais aussi et surtout un lieu de rencontres et d'échanges entre intellectuels africains. C'est un lieu de l'affirmation de l'identité de l'homme noir. La directrice des Éditions Présence africaine a souligné toute l'affliction qu'éprouvait Jean Baptiste Tati Loutard lorsqu'il apprenait que cette structure avait des problèmes d'ordre financier et matériel. Christiane Diop a déclaré que sa maison d'édition perdait ainsi l'un de ses grands partenaires.
Le Premier ministre congolais a salué l'abnégation de ce membre du gouvernement qui a servi loyalement la République jusqu'à son dernier jour. Évoquant sa vie politique, il relevé toute la complicité professionnelle qui existait entre Denis Sassou N'Guesso et l'illustre disparu. « Le président de la République m'a dit un jour à Oyo que le gouvernement devait le soigner, car il présentait les signes d'une personne affaiblie par la maladie. Le chef de l'État n'a jamais exprimé l'idée de l'ôter du gouvernement. J'ai compris que tant que Denis Sassou N'Guesso était au pouvoir, Tati Loutard serait toujours ministre. Il a récolté ainsi les fruits de sa fidélité. Car la fidélité est la fille aînée de la loyauté. Toute sa vie durant, il a cultivé les vertus de modestie et d'honnêteté », a déclaré Isidore Mvouba.
Jean Baptiste Tati Loutard était né le 15 décembre 1938 à Ngoyo, dans le département du Kouilou. Ancien membre du bureau politique du Parti congolais du travail, il a créé, à la faveur de la démocratie, son propre parti, dénommé Mouvement pour l'action et le renouveau (MAR). Il laisse une veuve et six enfants.
Roger Ngombé