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Pour Roger Bouka Owoko, le processus électoral au Congo n’est pas crédible

Dans une conférence de presse, à Brazzaville, samedi 11 juillet 2009, Roger Bouka Owoko, directeur exécutif de l’O.c.d.h (Observatoire congolais des droits de l’homme), s’est lancé dans une contre-attaque contre les chiffres annoncés du corps électoral national. Selon lui, le chiffre annoncé par le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation de 2.200.000 électeurs n’est pas fondé et la Conel (Commission nationale d’organisation des élections) n’est pas une institution crédible, en raison de la configuration de ses instances qui fait une part belle aux partisans du pouvoir.

Selon le directeur exécutif de l’O.c.d.h, au cours de cette conférence de presse organisée à la veille du vote, la principale pierre d’achoppement qui va discréditer l’élection présidentielle organisée au Congo le 12 juillet 2009 est, incontestablement, le fichier électoral, volontairement gonflé par le gouvernement. En effet, la population congolaise était estimée, en 2000, à 2.854.600 habitants avec un taux moyen annuel de croissance démographique de 2,8%. En plus, la structure démographique de cette population est très jeune.

Conformément à ces données, la population est estimée, aujourd’hui, à un peu plus de 3.500.000 habitants. A ce nombre, si on enlève les 45% de jeunes de moins de 15 ans, il reste 1.925.000 habitants. On peut aussi extraire de ce nombre des personnes qui ont moins de 18 ans et les non inscrits sur les listes électorales. Nous devrions ainsi arriver à un corps électoral de 1.600.000 habitants.

Le corps électoral du gouvernement, qui a atteint 2.220.000 électeurs, a-t-il fait remarquer, est grotesque et disqualifie la D.g.a.e (Direction générale des affaires électorales), dans l’organisation des opérations électorales. C’est pourquoi, pour garantir la crédibilité des élections au Congo, il est nécessaire de revoir, de fond en comble, le fichier électoral.

Parlant de la Conel, Roger Bouka Owoko a laissé entendre que, sans autonomie et indépendance réelle, cette institution se retrouve comme un simple surveillant électoral, sans réel pouvoir d’action. Toutes les opérations électorales sont réalisées par la D.g.a.e. Le Ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation est juge et partie et ne garantit pas la transparence et la crédibilité du scrutin. L’administration publique n’est pas neutre.

Roger Bouka Owoko a, aussi, saisi cette occasion, pour demander aux autorités de la Conel d’interdire le vote aux électeurs munis uniquement d’actes de naissance, de cartes scolaires et cartes d’étudiants, estimant que ces documents ne sont pas crédibles. Mais, l’on sait que durant le vote du dimanche 12 juillet, ces documents ont été autorisés.
Le directeur exécutif de l’O.c.d.h a, pour conclure, souligné que l’élection présidentielle, qui souffre de manque de transparence, de crédibilité et d’équité, n’entrera pas dans les annales de la jeune démocratie congolaise comme un scrutin exemplaire.
 Le processus électoral est confisqué par le gouvernement qui sera tenu seul responsable de tout ce qui adviendra, si le pays connaît des conflits postélectoraux, a-t-il fait savoir. Car, le comportement des autorités nationales a créé des frustrations au sein de la population et de la classe politique, notamment au niveau de l’opposition. A noter que l’O.c.d.h a déployé des observateurs sur le terrain, pour suivre le déroulement du scrutin présidentiel.

Alain Patrick MASSAMBA

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