La France a assuré vendredi qu'elle maintiendrait "son niveau de coopération avec le Cameroun, malgré la crise", lors d'un entretien à l'Elysée entre le président Nicolas Sarkozy et son homologue camerounais Paul Biya. "Le président Sarkozy a assuré le président Biya que malgré la crise et les contraintes budgétaires, la France maintiendrait son niveau de coopération avec le Cameroun", a-t-on appris auprès de l'Elysée, à l'issue de la rencontre.
Cette coopération se traduit notamment par l'annulation de la dette publique camerounaise vis-à-vis de la France (1,2 milliard d'euros environ), en échange de la réalisation de projets de développement, définis en commun par Paris et Yaoundé, d'ici 2016. Selon ce type de "Contrat désendettement développement" (C2D) dont le Cameroun est le premier pays à bénéficier, une première tranche de 537 millions d'euros a déjà été annulée (depuis 2006).
Avec cette somme, le Cameroun doit mener à bien, d'ici à 2011, des projets dans les domaines de la santé, l'éducation, la culture, les infrastructures et le développement agricole.
Selon l'Elysée, ce C2D a notamment permis au Cameroun de doubler le nombre des instituteurs dans les écoles primaires (à 23.000) et d'attribuer des lots de travail (construction de routes), pour 169 millions d'euros, à vingt-trois sociétés, dont dix-neuf camerounaises.
Le chef de l'Etat a par ailleurs "salué le rôle positif du Cameroun dans la région, notamment en République centrafricaine", ainsi que ses "efforts pour essayer de trouver solution à la sécurité dans le golfe du Guinée, où la piraterie se développe".
"Le Cameroun peut avoir un rôle moteur pour favoriser l'émergence d'une dynamique régionale parce qu'il est un pôle de modération", a également dit M. Sarkozy, a rapporté la même source de la présidence.
Paul Biya a de son côté assuré à la presse qu'il y avait "une concordance de vues presque parfaite" entre Paris et Yaoundé "sur la plupart des sujets".
Le président du Cameroun effectue depuis mardi soir et jusqu'à samedi une visite officielle en France, qui l'a également conduit à Bordeaux, ancien port voué au trafic d'esclaves où il a visité une exposition sur ce sujet.
Selon l'Elysée, "cette rencontre s'inscrit dans le prolongement de la visite du Premier ministre François Fillon, en mai", à Yaoundé, au cours de laquelle avaient été signés "deux accords très importants" (partenariat sur la défense, gestion concertée des flux migratoires).
Un collectif d'organisations de Camerounais vivant en France a dénoncé l'accueil réservé par Paris au président Paul Biya, estimant qu'il s'agit d'une "prime accordée à la dictature et l'impunité".