Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Respectueux de l'éthique militaire qui commande une certaine conformité à certaines valeurs et normes, le Général Mbaou s'est patiemment occupé à préciser ces valeurs de référence, au regard de l'ensemble de la citoyenneté. Toute, fois, quand l'avenir de tout un pays est en péril, les politiques, les militaires et même les civils doivent prendre leurs responsabilités pour boucher les fameux trous de la jarre du Roi d'abomey. L'histoire, seule juge des temps, appréciera à sa juste valeur la démarche du Général Mbaou.
Cet amoureux du Congo, né en 1956 a gravi avec maestria tous les échelons de la hiérarchie militaire. Ancien Enfant de Troupe ¨AET¨ de l'école Militaire Préparatoire Général Leclerc, Ferdinand Mbaou est un Officier d'Artillerie diplômé des Grandes Ecoles d'Officiers d'Allemagne et de l'Académie Militaire de Cuba (l'Ecole Supérieure de Guerre de la Havane). En 1995, après un stage dans les Services Spéciaux Français (Elysée, Matignon, Palais du Luxembourg) et au CNEC, il devient Patron des Services de Sécurité de la Présidence de la République du Congo Brazzaville et Commandant de la Garde Présidentielle en 1996. Un parcours qui force l'admiration.
Au service de son pays sous Lissouba, il a été un élément indispensable dans la pérennité de ce pouvoir, qui tirait toute sa légitimité du peuple. Aussi, pour lui, être proche de la fameuse bande des quatre ( Mbéri, Moukouéké, Tamba-Tamba et Nguila ) n'était pas antinomique de son devoir d'officier, surtout que ce régime, le premier qui avait un mandat du peuple était en proie à des soubresauts initiés par le régime de Sassou qui venait de connaître une mémorable disgrâce.
A plusieurs reprises, quand Lissouba, pour des raisons incompréhensibles, a voulu vouer aux gémonies ceux là même qui l'ont aidé à accéder à la magistrature suprême, Mbaou a toujours usé de son « bargaining power » pour aplanir les divergences.
En 1994, quand un complot visant l'assassinat de Maître Mbéri Martin, ourdi par Lissouba et se hommes, notamment le Colonel Mouitis et le Colonel IBALA (paix à son âme), n'a pas abouti, Mbaou fut le seul à s'offusquer publiquement lors d'une réunion des ressortissants du Niboland en tenant des propos d'une extrême sévérité à l'égard du Président Lissouba. Ces propos traduisant son indignation se résumaient à peu près comme suit : « Si un seul cheveu d'un des membres de « la bande des quatre » est touché, j'abats Lissouba dans la minute qui suit… » . Le seul à avoir établi l'équilibre de la terreur au sommet de l'Etat, gage d'une stabilité gouvernementale.
En 1995, alors que se tenait le Congrès de l'Upads, il se fit violence en initiant simultanément, avec Lissouba et Munari une rencontre informelle au palais, prônant le « Tout sauf Mbéri » et assurer ainsi la reconduction à vie par Lissouba de Moukouéké au poste qu'il convoitait tant : le Secrétariat Général de l'Upads.
Après le coup d'Etat sanglant de Sassou du 5 Juin 1997, c'est encore le vaillant Mbaou, fort de son expérience de sa mission militaire pour le compte de l'ONU en Angola, qui réussit à sa tirer d'affaire Nguila, Moukouéké et les autres dont les têtes étaient fortement mises prix par la horde de cobras et angolais, qui venaient de prendre le contrôle de la zone de Pointe-Noire.
Pendant les hostilités de 1997, compte tenu de la gestion hasardeuse de cette guerre par Lissouba et Ibala, plusieurs Responsables Nibolek avaient décidé de mettre sur pied un commando dans le but de dompter les errements du Président Lissouba, pour assurer la conservation du pouvoir. C'est la jurisprudence relative à l'assassinat de Marien NGouabi par les siens. Mbaou, attaché à la consolidation démocratique, s'y opposa fermement et ostensiblement.
En exil, il a été de tous les combats pour la restauration de la démocratie dans notre pays. Sa démarche a été pendant longtemps incomprise, tant certains opposants piaffaient d'impatience pour rejoindre la mangeoire mpilienne. L'Histoire lui accorde aujourd'hui ses suffrages.
Il faut se résoudre à l'évidence : c'est peu dire que demander à ceux là (Mbéri, Moukouéké, Tamba-Tamba, Munari) qui ont vanté la magnanimité de l'homme fort de Brazzaville, de rendre l'ascenseur à ce brave officier qui s'est distingué par tant de loyauté à leur égard.
Il est paradoxal qu'ils aient appelé à « voter massivement » pour Sassou et sombrer aujourd'hui, dans un mutisme assourdissant quand un des leurs est victime d'une grave injustice. IL est fort probable qu'il soit, dans les jours à venir, inculpé à tort dans la préparation d'un coup d'Etat imaginaire contre le régime de Sassou. Or, personne n'est dupe, depuis Massamba Débat jusqu'alors, tous les coups tordus contre la république portent de loin ou de près la signature d'un seul homme : celui qui ne peut arriver au pouvoir et de s'y maintenir qu'avec l'aide de son allié funeste qui est la terreur. Il en use et abuse.
En définitive, notre solidarité doit être indéfectible face à un système inique. Hier c'était Nsonguissa Moulangou qui était sous le coup de l'arbitraire, aujourd'hui, c'est Mbaou. Si on n'y prend garde, demain, c'est bien toi ou moi qui subiront les affres de ce régime .
TOUS EN AVANT POUR SAUVER LE SOLDAT MBAOU ! John-Binith DZABA