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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Sassou, c’est d’une telle tristesse

Avec 78 % de suffrages exprimés en sa faveur et sans une tricherie à échelle industrielle comme en conviennent partisans, adversaires et observateurs neutres, Denis Sassou Nguesso est soit un saint homme, soit un président très mal élu à l’issue d’une élection qui n’aurait intéressé qu’une petite dizaine de pourcent de Congolais selon plusieurs informations recoupées. Indice éloquent : le candidat montre trop de scrupules à célébrer sa victoire. Il s’excuserait presque d’avoir gagné. Ou seulement d’avoir gagné de cette manière là : sans péril donc sans gloire à l’issue d’une élection que la Commission européenne a désavoué en la considérant jouée d’avance.

Sans panache par la faute aussi des adversaires pathétiques de stratégies électorales qui, un jour, appellent à ne pas s’inscrire sur liste électorale, puis déposent malgré tout leurs candidatures, font campagne avant d’appeler à boycotter l’élection trois jours avant... Sur le site officiel de la présidence, l’on se gêne même d’annoncer la réélection. Quant au site officiel du candidat, on y trouve que sept messages de félicitations... Une vraie euphorie. Sassou a la victoire triste.

L’enjeu de cette élection s’était très vite recentré sur le taux de participation qui était censé traduire l’adhésion des Congolais à l’action et au projet politiques de Sassou ou alors le degré de la rupture entre le chef de l’État et la nation congolaise. Les premiers à dégainer furent les opposants qui ont parlé de moins de 10 % de participation alors que le gouvernement avançait, sans rire, près de 70 %. Entre les deux camps, au milieu, des observateurs neutres unanimes sur une « participation très faible ». Le collectif des associations congolaises de défense des droits de l’homme, qui a déployé ses observateurs partout, a parlé d’un taux qui aurait oscillé entre 20 et 40 %, tandis que les délégués de l’Union africaine se sont contentés de parler d’ « une élection qui s’est déroulée dans des conditions satisfaisantes mais avec un taux de participation faible ».

Dans cette polémique mathématico-politique, une indication intéressante et sans doute la plus objective a été donnée par l’envoyé spécial de France 24 : dès la fin des opérations, trois présidents de bureaux de vote de Brazzaville ont annoncé, devant sa caméra, des taux de participation arrêtés à 15, 28 et 40 % . Ces chiffres donneraient une moyenne de 27 %. À partir de cette moyenne, on peut tout à fait accepter une marge d’erreur généreuse de l’ordre de 10 %. Ce qui donnerait, dans le meilleur des cas pour Sassou 37 % de taux de participation, et dans le pire des scénarii seulement 17 %. L’une ou l’autre moyenne serait, de toute façon, sévère pour le président réélu. Pas étonnant dès lors, qu’en vrai démocrate, une personnalité de l’entourage de Sassou ait proféré des menaces graves à l’encontre du journaliste de France 24. Une façon de soigner l’image de Sassou « homme de la paix ».

Sassou a intitulé son programme électoral « Le chemin de l’avenir », de quel avenir parlait-il ? Comment entend-il redessiner ce « chemin d’avenir » après ce signal donné par le faible taux de participation ? Qu’entend-il amorcer ? Une forme de rédemption ? Une volonté de saisir nettement le message du Congo profond ? Ou plutôt l’obsession de consolider son pouvoir en croyant que les immeubles qui poussent ainsi que les aéroports, les routes et les barrages électriques en construction suffiront aux Congolais.

Botowamungu Kalome (AEM)

Kimpwanza

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