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Birmanie - Le procès d’Aung San Suu Kyi prend fin

Les avocats de l’opposante démocrate ont livré leur dernière plaidoirie vendredi. Celle du ministère public représentant la dictature au pouvoir est attendue mardi.
Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix 1991 pour ses actions non violentes en faveur de la démocratie en Birmanie, son pays, est-elle coupable ? Jugée pour avoir soi-disant enfreint les règles de son assignation à résidence, la figure emblématique de l’opposition birmane est désormais passible de cinq ans de prison. Motif : avoir offert le gîte en mai dernier à John Yettaw, un marginal américain qui venait de traverser en pleine nuit un lac à la nage pour la rencontrer à son domicile. Pour cette raison, à 64 ans, la secrétaire générale de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) est détenue depuis le 14 mai à la prison d’Insein, au nord de Rangoun, la capitale du pays. Beaucoup soupçonnent le pouvoir d’avoir tendu un piège à Yettaw pour pouvoir remettre Suu Kyi derrière les barreaux.

Des bruits circulent en effet selon lesquels l’Américain aurait été prévenu par des inconnus que l’opposante souhaitait le rencontrer dans sa résidence – pourtant sous haute surveillance – une fois la nuit tombée. Ne restait plus alors aux policiers qu’à attendre que l’homme « se jette à l’eau » et qu’à refermer la nasse sur le marginal et la Prix Nobel, première surprise d’avoir cet hurluberlu dans ses murs.

Pourquoi vouloir à tout prix enfermer Aung San Suu Kyi ? Parce que les militaires souhaitent organiser des élections en 2010, et ce dans un contexte où la population est excédée par un système autoritaire et son lot de privations. Pas question alors de prendre le risque qu’une femme charismatique ne réveille les consciences. Pour mémoire, Suu Kyi a déjà gagné des élections en 1990, mais la junte avait refusé d’admettre sa victoire. Dans ce contexte, pour les militaires, une « bonne » Suu Kyi est une Suu Kyi en prison. Même si la date du verdict n’est pas encore connue, l’issue ne fait quasiment aucun doute. La Prix Nobel de la paix sera probablement derrière les barreaux lors des prochaines élections.

Edition France Soir du lundi 27 juillet 2009 page 18

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