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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Sur la prétendue compromission du Cabinet Géo-Ecostrapol, dénoncée par l’Opposition

M. Collinet Makosso sort de sa tanière et revient à la charge !

Depuis la fin de l’élection présidentielle du 12 juillet 2009, certaines allégations péremptoires et diffamatoires ont été déversées sur l’opinion nationale et internationale, incriminant de manière plus ou moins délibérée, M. Anatole Collinet MAKOSSO, ci-devant, Directeur de Cabinet de Mme Antoinette Sassou Nguesso et Responsable des Editions l’Harmattan au Congo. En effet, ces attaques frontales, fondées sur sa prétendue compromission, et relayées par une certaine presse, ont été rendues publiques au travers  une Déclaration des candidats de l’Opposition congolaise. Elles s’articulent, pour l’essentiel, sur les points suivants : l’implication du Cabinet Géo-Ecostrapol dans l’observation des élections ; l’éventuel conflit d’intérêt et notamment la prétendue bi appartenance dudit Cabinet; la sincérité et l’impartialité, l’objectivité du rapport établi par le Cabinet Géo-Ecostrapol; la Commission de Venise, la Déclaration de Bamako et, enfin, « l’éternel Serpent de Mer » à savoir l’Affaire des Disparus du Beach. Voilà, autant de sujets brûlants qui ont soulevé une vague d’émotions politiciennes auprès de l’Opposition; déformant,  de fond en comble, la nature et l’impartialité du Rapport publié par le Cabinet Géo-Ecostrapol de M. Anatole Collinet  Makosso.

           Le devoir de vérité ayant  été, donc, de ce fait,  atteint dans certains de ses fondements, et non les moindres, Anatole Collinet Makosso, sans passion inutile et sans détours, n’a pas hésité de réagir. Avec méthode et objectivité. Sans doute, pour éclairer la lanterne de ses détracteurs en mal de sensation en cette période postélectorale. Un grand moment de vérité.

 Talassa : Que dites-vous au sujet de tout ce qui se raconte, ici et là, sur votre Cabinet Géo-Ecostrapol ?

 Anatole Collinet MAKOSSO : Je vais commencer par vous rappeler que Géo-Ecostrapol est un cabinet d’analyses géoéconomiques, géostratégiques et géopolitiques. Il a été créé depuis 2006 et réunit en son sein des intellectuels de diverses sensibilités et nationalités pour constituer, en faveur du continent, une veille informative.

          En clair, le Cabinet réfléchit au quotidien sur les grands problèmes politiques contemporains et les grands défis auxquels  est confronté notre continent.

Quels sont ces grands défis auxquels vous faites état ?

         Au nombre de ces défis souvent criminogènes, il y a les opérations électorales comprises dans le cadre des contentieux électoraux. Voilà pourquoi, nous nous engageons, plus que d’habitude,  dans l’élaboration des avis sur les instruments et supports électoraux à l’image du petit Traité électoral à l’usage du citoyen francophone. Ce petit traité, très utile, est déjà disponible. Il est destiné à tous les citoyens francophones et a été publié aux Editions l’Harmattan depuis le mois de juin 2009. En outre, le Cabinet Géo-Ecostrapol, participe, sur invitation, ou à notre propre initiative à l’observation des élections dans différents pays.

Que dites-vous au sujet d’un éventuel conflit d’intérêt évoqué par  vos détracteurs ?

          Nous tenons à signaler que notre Cabinet n’a pas été créé spécialement pour le Congo. La preuve, au lendemain des élections qui avaient eu lieu en République Démocratique du Congo (RDC), notre Cabinet avait réussi à réunir des avis et analyses des intellectuels et cadres politiques de tous bords de ce pays frère et ami. Tous ces avis et analyses ont été consignés dans un ouvrage intitulé : «La RDC, les élections et après : Politiques et intellectuels posent les enjeux d’après transition».

Quelle a été votre contribution lors des élections législatives de 2007 ?

          Lors des législatives de 2007, alors que nous étions Observateurs, nous n’avions pas manqué de dénoncer véhément les conditions dans lesquelles ces élections législatives s’étaient déroulées.

         En clair, notre conclusion a été claire : ces élections législatives de triste mémoire ne répondaient pas aux standards internationaux. Je pense que nous étions, sans doute, les premiers à le faire et à la dire ouvertement. A cette époque, personne n’avait relevé là notre bi appartenance ni un quelconque conflit d’intérêt.  A présent que nous concluons en faveur d’une élection libre et transparente au regard des standards internationaux, en l’occurrence, la loi électorale, la Déclaration de Bamako et le Code de bonne conduite en matière électorale élaborée par la Commission de Venise, c’est tout le monde qui se lève pour remettre en cause notre rapport qui, pourtant à la lecture, nous semble le plus sincère et le plus objectif. Notre étonnement à ce sujet est grand. Je parie même que ceux qui s’agitent, ne l’ont pas lu en totalité à moins qu’ils soient simplement de mauvaise foi !

Peut-on parler de sincérité et d’objectivité pour un Rapport piloté par vous, en votre qualité de Directeur de Cabinet de Mme Antoinette Sassou Nguesso, membre de l’équipe de campagne du candidat Denis Sassou Nguesso ? 

Je tiens d’abord à souligner que le rapport incriminé est bel et bien le fruit d’un travail de terrain et analysé par un collectif de sensibilités diverses. Il n’est pas le fruit d’un travail personnel. Nous avons déployé 350 observateurs sur toute l’étendue du territoire national qui ont visité plus de 1300 bureaux de vote, avant de se fixer sur 350 bureaux témoins.

            Nos appréciations sont le fruit d’un travail scientifique donc méthodique car nous ne nous sommes pas contentés d’un simple travail en surplomb comme l’ont fait certains journalistes et bien d’autres organisations.  Nous sommes disposés à débattre avec tous nos contradicteurs pas sur le plan idéologique mais sur le plan technique, rapports à l’appui, et en vertu des textes à savoir, la loi nationale, la Déclaration de Bamako et surtout le code de  bonne conduite de la Commission de Venise.

Qu’est ce que la Commission de Venise ?

          La Commission Européenne pour la Démocratie par le Droit est plus connue sous le nom de Commission de Venise. C’est un organe consultatif du Conseil de l’Europe sur les questions constitutionnelles. Cette Commission a été créée en 1990 et joue un rôle essentiel dans l’adoption des constitutions conformes aux standards du patrimoine constitutionnel européen.

            Enfin, je tiens à rappeler que cette Commission joue un rôle unique dans  la gestion et la prévention des conflits à travers  l’élaboration de normes et de conseils en matière constitutionnelle.

Parlez-nous du fameux Code de bonne conduite en matière électorale….

          La première tâche du Conseil afin de favoriser la tenue des élections démocratiques a été l’adoption d’un Code de bonne conduite en matière électorale. Ce document contient les normes du patrimoine électoral européen, ces normes sont, d’abord,  les principes constitutionnels classiques du droit électoral : le suffrage universel, égal, libre, secret et direct. Sans oublier, la périodicité des élections.

          Ce Code développe aussi les conditions-cadres nécessaires à leur mise en œuvre, comme le respect des droits fondamentaux, la stabilité du droit électoral et les garanties procédurales telles que l’organisation du scrutin par un organe impartial et surtout l’existence d’un système de recours et d’observation efficace.

        En outre, ce Code de bonne conduite est un texte de base destiné à promouvoir l’harmonisation des normes relatives aux élections et à servir de référence pour l’évaluation des élections. Il a été adopté par le Conseil des élections démocratiques et la Commission de Venise. Destiné aux spécialistes des élections, ce code de bonne conduite a été approuvé par l’Assemblée parlementaire et le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe.

Pour éclairer la lanterne des citoyens. Que répondez-vous à tous ceux qui affirment, ci et là, que l’élection présidentielle du 12 juillet 2009, n’a pas été libre, transparente et démocratique ?

          L’élection présidentielle du 12 juillet 2009 a été libre, transparente et démocratique. Nous attendons, donc, que les Européens qui prétendent que l’élection présidentielle du Congo n’a pas été libre, transparente et démocratique, de nous définir les critères de leur jugement sur la base des instruments que nous venons de citer. A vrai dire, tout jugement hors de ces instruments est un choix idéologique et politique et ne saurait concerner un Cabinet d’analyses de la trompe de Géo-Ecostrapol. Je laisserai alors, dans ces conditions, aux professionnels de la politique politicienne, le soin de poursuivre un tel débat.

Qu’en est-il de la Déclaration de Bamako ?

                   La déclaration de Bamako est un instrument adopté par les chefs d’Etat et de Gouvernement des pays francophones. Cette déclaration a été adoptée, du 1er au 3 novembre 2000, à Bamako, au Mali, lors du Symposium International sur le Bilan des pratiques de la Démocratie, des droits et des libertés dans l’ensemble de l’espace francophone. Ce document de référence est la résultante d’une prise de conscience des Etats francophones quant à la nécessité d’une pérennité démocratique.

            En effet, c’est partant d’un constat, en son article 1, que cette Déclaration dresse le bilan positif et surtout négatif des pratiques de la démocratie rencontrées auparavant pour aboutir, en son article 5, à des recommandations sur l’instauration des procédures visant à faire respecter la démocratie et les libertés publiques dans les pays francophones. Voilà pourquoi, notre rapport s’appuie sur ses instruments juridiques et non sur les émotions, les états d’âme et les humeurs de certains observateurs et acteurs politiques.

Sur un autre registre,  notamment celui lié à la disparition des 353 Congolais au Beach de Brazzaville, on vous reproche d’avoir nié la cette disparition qui, avouons-le, ne cesse de faire des vagues ?

           Je crois que ce sont les journalistes qui ont tendance à mélanger les genres. Je ne vois pas le rapport avec l’observation du scrutin mais apporter un tel jugement sur le livre confirme que vous ne l’avez pas lu et compris. Ce livre dénonce la surenchère médiatique et démagogique qui ne cesse d’entourer la gestion et la conduite de cette affaire. 

          En effet, ce livre dévoile et dénonce le rôle ambigu joué par le HCR, la FIDH, l’OCDH y compris la presse, les autorités et les magistrats tant du Congo que de la France. Nous avons fait le même reproche aux journaux «Talassa» numéro 38 du 15 décembre 2003, «La Rue Meurt » N° 489 du 27 octobre 2004 pour avoir publié des informations erronées au sujet d’un certain Léandre Biyoudi.

            C’est ainsi que notre cabinet tente de s’appuyer sur la rigueur intellectuelle, scientifique et textuelle qui aurait du guider tous les intervenants dans la procédure.

Au sujet des Rapports publiés par l’OCDH et la FIDH sur ce dossier des Disparus du Beach, quelle est votre part de vérité ? 

          Je voudrais vous citer quelques faits criards dans la gestion de cette affaire. A propos des thèses défendues par l’OCDH et la FIDH, comment prendre au sérieux le travail de ces organismes lorsque s’agissant d’un cas comme celui de M. Rufin Loubayi, par exemple, un Rapport de l’OCDH intitulé : «Les charniers de Mbanza-Ndounga»,  annonce qu’il a été enlevé par les Cobras le 7 mai 1999 à Mbanza-Ndounga.

     Les mêmes organismes à savoir l’OCDH et la FIDH publient ensuite en avril 2002, un autre Rapport où ils annoncent que Léandre Biyoudi, âgé de 32 ans, aurait disparu au Beach de Brazzaville, le 5 mai 1999.

            Et, il y a plusieurs cas de ce genre. De tels témoignages contradictoires publiés dans des rapports officiels, émanant des organisations aussi sérieuses que l’OCDH et la FIDH amènent à remettre en cause, disons, en doute le sérieux du travail accompli.                       A qui la faute ? Il convient de signaler que ce n’est pas le seul cas. Nous en avons dénombré de telles contradictions sur au moins une trentaine de noms qui sont commentés dans l’ouvrage critiqué. De qui se moque-t-on alors ? Cette affaire des Disparus du Beach serait-elle devenue une espèce de fonds de commerce ?

Et, à propos du HCR qui semble se dérober ?

            Contre le HCR, je ne cite que deux faits majeurs. D’abord, le fait de n’avoir pas vérifié si les personnes ayant fait l’objet de la réclamation remplissaient les conditions répondant aux termes de l’accord tacite tripartite. Ce qui lui aurait évité de prendre pour «disparus du Beach de Brazzaville», des personnes qui l’étaient peut-être pas, ou le cas échéant, auraient disparu dans des circonstances autres que celles du Beach de Brazzaville.

         C’est le cas des personnes pourtant mortes en 1997, ayant fait l’objet de «l’opération exhumation et ré inhumation» par La Croix Rouge en avril 2003 et que le HCR, l’OCDH et la FIDH ont, pourtant, présenté comme disparus du Beach de Brazzaville.

            Un second plus criard et insolite. C’est celui qui concerne des réfugiés que le HCR avait réinstallé en Afrique de l’Ouest avant le 12 janvier 1998 et dont les Noms et prénoms se retrouvent curieusement encore dans la liste des disparus du Beach de Brazzaville. A se demander, si les personnes qui rédigent tous ces Rapports prennent tout le soin et surtout le temps nécessaire de les relire avant de les publier. En définitive, ce sont donc de telles incongruités que ce livre dénonce y compris l’attitude peu coopérative des autorités congolaises sans oublier d’inventorier les irrégularités de la procédure judiciaire.

            Il faudrait donc relire ce livre avant d’en parler abondamment car, un organe de presse mal informé et sous informé ou un organisme de défense des droits de l’Homme mal informé ne peuvent diffuser que de fausses nouvelles, des ragots et des inepties.

Vous en voulez à la presse ?

            Pas dut tout ! J’ai du respect pour la presse même si, dans le cas d’espèce, elle ne cesse de mélanger les genres en appréciant non pas in rem, mais in personam ; c’est-à-dire, plutôt que d’apprécier le scrutin, elle apprécie au contraire les observateurs et les différents candidats. Cela est à corriger car ce n’est pas ce que l’on attend d’une presse. Les états d’âme des journalistes ne doivent pas primer sur l’âme du journalisme. La ligne de démarcation doit être claire.

Je vous remercie.

Propos recueillis par Jean Bruno AYEL’O

Talassa

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