Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Il est nécessaire dans l’histoire d’un peuple, lorsque le pathétique le dispute à la tragédie, sous des habits de comédie, de savoir s’asseoir pour se poser les bonnes questions, froidement et sans émotions.
Sans émotions pour ne pas verser à outrance dans les louanges sur l’abstention massive des Congolais, peuple sans berger et livré à lui-même, phénix croupissant dans ses cendres et en mal de renaissance, car d’autres compatriotes s’en chargent bien, trop bien même.
Permettez qu’avec ma lampe à pétrole en plein midi, la seule lumière du soleil ne suffisant plus pour comprendre où se dirige notre pays, que je joue le mauvais rôle, celui du trouble fête, et de l’empêcheur de tourner en rond à l’exemple de Solon.
Comprenez que je nous pose des questions, celles qui nous interpellent tous, celles qui froissent, celles qui choquent, et celles en définitive qui nous ouvrent des perspectives et des horizons sur notre avenir immédiat et lointain, car sans autocritique et questionnement véritables pas d’action viable à long terme.
D’abord, comment sept ans après l’appel au boycott du candidat Milongo (Paix à son âme) les leaders du front n’ont pas pu inventer autre chose que nous ressortir la jurisprudence de l’élection présidentielle de 2002 ? Etait-ce cela la fameuse stratégie qu’ils disaient ne pas devoir afficher en public ?
Soyons sérieux, cessons de nous moquer du peuple qui souffre dans une misère abjecte, en prétendant que la position des leaders du front dénote d’une stratégie savamment orchestrée depuis belle lurette.
Ayons l’humilité de reconnaître que le boycott a été une solution de rechange à l’impossibilité d’empêcher le déroulement de l’élection comme le clamait l’opposition : « Pas d’élection pour nous et pour Sassou si les conditions d’organisation transparentes ne sont pas réunies ».
Au demeurant, qu’est devenu ce slogan si téméraire laissant croire à une véritable capacité de l’opposition à créer un rapport de force conséquent?
La leçon de cette première série de questions : ne lancer de mots d’ordre que lorsqu’on a la capacité de le concrétiser, à force de jouer sur du bluff, on perd en crédibilité et en mobilisation, car ce qui se joue c’est la vie de nos frères et sœurs.
Ensuite, que dois-je comprendre de l’abstention des congolais ? Ont-ils véritablement suivis le mot d’ordre des opposants ou ont-ils exprimés un ras le bol général des hommes politiques actuels, toute tendance confondue issue de l’ancienne école du PCT ?
En clairs, l’abstention des Congolais est-elle le résultat d’une consigne des opposants ou bien la manifestation d’une perte de crédibilité et de confiance à l’égard de l’homme politique congolais ?
Bien intelligent sera celui qui saura répondre à cette question car il aura compris à mon sens, à quel stade se trouve l’histoire politique de notre pays, l’esprit politique de notre temps, et les idées politiques adaptées actuellement aux attentes des Congolais.
Pour ma part, seul un indice m’intéresse, celui du taux de participation aux élections législatives et municipales auxquelles des grands partis, aussi bien du pouvoir que de l’opposition ont participé.
Trouvez ce taux de participation et demandez-vous si son insignifiance est le fruit d’un appel au boycott ou d’une lassitude des Congolais vis-à-vis des politiques.
Une seule chose est certaine : les Congolais sont en désamour avec les politiques par manque de crédibilité.
Enfin, l’abstention des Congolais étant massive, quelle est la stratégie de ceux qui ont appelé au boycott ? Faire des réclamations devant la cour constitutionnelle ?
Soyons honnêtes, l’opposition navigue à vue car elle savait pertinemment que Gérard Bitsindou, grand ami fidèle de Sassou devant l’éternel, ne pouvait annuler l’élection de celui-ci. Alors que reste t-il à l’opposition comme option ?
Saura-t-elle recourir à la rue? Saura-t-elle faire entendre sa voix à l’union européenne, aux nations unies ? Qui vivra verra...
Etre opposant à mon sens, c’est avoir pris le temps de réfléchir dès le jour de l’arrivée au pouvoir de son adversaire, sur la stratégie à mettre en place pour le battre, les moyens à mettre en œœuvre, le temps nécessaire pour ce faire, et les points faibles de celui-ci.
Alors, nos leaders de l’opposition avaient-ils vraiment une stratégie ?
Brice Nzamba
Membre du cercle « la rupture »
Lucide2000@yahoo.fr
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