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APA-Niamey (Niger) L’opposition nigérienne a annoncé lundi la « réhabilitation » de l’Assemblée nationale dissoute trois mois plus tôt par le Président Mamadou Tandja qui a adopté une nouvelle Constitution qui rallonge de trois ans son mandat à la tête du pays, a constaté APA.
« Nous déclarons à compter de ce jour lundi 24 août, la réhabilitation de l’Assemblée nationale dissoute et invitons le peuple nigérien à se mobiliser », a affirmé Mahamadou Issoufou, principal opposant, lisant une déclaration de l’opposition réunie au sein de la Confédération des forces pour la démocratie et la république (CFDR).
Selon la Constitution, adoptée en 1999 et abrogée récemment par le Président Tandja, le chef de l’Etat dispose au maximum d’un délai de 90 jours pour mettre en place une nouvelle Assemblée nationale, après sa dissolution.
Ce délai, a dit Elhadj Issoufou, arrive à terme le 24 août et « la Constitution du 9 août 1999 reste en vigueur ».
En vertu de la nouvelle Constitution, le dirigeant nigérien a convoqué des élections législatives anticipées pour le 20 octobre prochain. Les partis membres de la CFDR ont décidé de boycotter ces élections qui découlent d’une Constitution qu’ils rejettent, car émanant d’un référendum plusieurs fois jugé illégal par la Cour constitutionnelle.
Samedi, la police a dispersé à coups de gaz lacrymogène et de matraques une manifestation de l’opposition, qui a tenté de se rassembler pour dénoncer l’adoption, au moyen d’un référendum controversé, d’une nouvelle Constitution qui renforce les pouvoirs du chef de l’Etat.
Selon la CFDR, près de 150 de ses militants ont été interpellées et arrêtés depuis l’entame du processus ayant abouti à la tenue du référendum constitutionnel du 4 août dernier, qui a adopté à 92,5 % une loi fondamentale qui ne comporte pas de limitations de mandats présidentiels.
Actuellement, précise, Elhadj Issoufou, 54 militants anti-référendum sont détenus en prison ou dans les locaux de la police dans les huit régions du Niger. Parmi eux figurent l’activiste Marou Amadou, président d’une coalition d’Ong et syndicats et l’ex député Soumana Sanda, allié de l’ancien Premier ministre Hama Amadou.
Pour parvenir à ses fins, le Président Tandja, plusieurs fois désavoué par la Cour constitutionnelle, la haute juridiction du pays, s’est accordé, en fin juin dernier, des « pouvoirs exceptionnels » en vertu desquels il a décidé de gouverner par décret et ordonnances, en l’absence du parlement qu’il a dissout depuis le 26 mai dernier.
En même temps, il a dissout la Cour constitutionnelle et modifié le code électoral pour convoquer à nouveau un référendum le 4 août en vue d’adopter une nouvelle constitution.
En poste depuis 1999, Mamadou Tandja (71 ans) justifie son projet par les « incessants appels du peuple » qui réclame un référendum pour lui accorder quelques années de plus en vue de « parachever » divers chantiers lancés dans le cadre de la construction nationale.
« On est en train de vouloir que je recule (…) parce que l’opinion internationale veut que je le fasse, mais je ne le ferai jamais », avait affirmé le président Tandja. « Si le oui l’emporte je suis retenu (…) et si le non passe, je suis libéré », avait-il lancé au lendemain d’une rencontre avec une mission conjointe des Nations Unies, de l’Union africaine et de la CEDEAO.
Cette mission avait exprimé à Niamey les « vives préoccupations » de la communauté internationale sur la situation politique au Niger, après avoir rencontré le président Tandja ainsi que les responsables des partis politiques et associations du pays.
Après les condamnations de Paris, Washington, Ottawa et Berne, l’Union européenne, qui a exprimé sa « plus vive préoccupation », a décidé de bloquer le versement de ses aides destinées aux dépenses de l’Etat nigérien. En même temps, les USA ont suspendu leurs engagements vis-à-vis du pouvoir nigérian