Espace d'échange de la diaspora congolaise.
Le premier, dit pôle des infrastructures de base, comprend six ministères ; le deuxième, le pôle économique, est constitué de douze ministères ; le troisième est le pôle de souveraineté qui regroupe sept ministères ; le quatrième, enfin, le pôle socio-culturel, compte dix ministères. À la tête de chaque pôle est placé un ministre d'État, en charge lui-même d'un ministère distinct, qui assure, par ailleurs, la coordination de l'activité des ministères du pôle. Au total, la nouvelle équipe gouvernementale est composée de trente-sept ministres.
Quelles sont les innovations apportées dans cette nouvelle équipe ?
La toute première est évidemment la suppression de la Primature. C'est une sorte de retour aux fondamentaux de la Constitution du 20 janvier 2002 qui ne prévoit pas le poste de Premier ministre.
La deuxième tient à cette formule «presque savante» des pôles qui met en compétition des secteurs entiers de la vie nationale, chaque secteur devant, on le suppose, mettre à profit son génie dans ce que le chef de l'État lui-même a appelé, à travers son directeur de cabinet, la quête d'efficacité.
La troisième innovation se rapporte au regroupement de certains ministères et dans une certaine mesure à un éclatement. Ainsi, la marine marchande, qui était détachée du ministère des Transports et de l'aviation civile dans l'équipe sortante pour former avec les Transports maritimes un département entier, est de retour dans le giron des Transports et de l'aviation civile. Le ministère du Travail et de la sécurité sociale, qui alliait aussi l'emploi, l'a perdu. Le ministère des Finances se sépare de l'économie, garde le budget et prend le portefeuille public, en fait les entreprises publiques. On revient, pour ce qui concerne la territoriale, à l'appellation de ministère de l'Intérieur et de la décentralisation, celui de la Sécurité et de l'ordre public ayant disparu. Le ministère des Mines garde la géologie et perd la formule des industries minières, tandis que celui de l'Économie forestière prend du galon avec le développement durable et l'environnement. Le ministère du Commerce et des approvisionnements voit tomber le pan de la consommation. Le ministère de l'Enseignement technique et professionnel engrange la formation qualifiante et l'emploi, le ministère de la Santé échange la famille contre la population et laisse les Affaires sociales qui forment un département entier avec l'action humanitaire et la solidarité. Le ministère des Sports abandonne le domaine de la jeunesse pour l'éducation sportive, tandis qu'est créé un ministère de l'Industrie touristique et des loisirs. Dans presque les mêmes appellations, le ministère de la Réforme foncière et de la préservation du domaine public devient le ministère des Affaires foncières et du domaine public, volonté manifeste non plus de «négocier» ce domaine auprès de quelques «propriétaires», mais de le gérer attendu qu'il appartient à l'État. L'Éducation civique et la jeunesse forment un ministère. Les zones économiques spéciales, auxquelles le chef de l'État tient tant pour «booster» les exportations, s'érigent également en un ministère rattaché à la présidence de la République, tout comme l'est celui de la Défense nationale. À deux ministères d'État sont accolés deux ministères délégués, le premier chargé de la Marine marchande, le second, de l'Aménagement du territoire et de l'intégration. La Francophonie, quant à elle, a disparu des attributions officielles du gouvernement.
Qu'en est-il donc des animateurs ?
Anciens, nouveaux, tout-nouveaux, nouveaux-anciens, le jeu de chaise musicale et celui de l'équilibre ont été presque scientifiques. D'abord les cinq ministres d'État, dont quatre nommés coordonnateurs de pôles.
Isidore Mvouba n'a pas perdu la face puisqu'il se reclasse en quelque sorte dans le jeu « légal » en quittant la Primature non prévue par la Constitution et en héritant d'un ministère d'État dans le secteur qu'il connaît bien pour y avoir exercé dans une précédente équipe, il y a de cela quelques années. D'une coordination plus étendue, peut-être plus épandue, hier, il « surveillera » désormais cinq ministères sans oublier le sien propre. Le pôle des infrastructures est cette épine dorsale sur laquelle repose la transformation physique du Congo dans les sept prochaines années.
À son tour, Pierre Moussa reste dans son élément, le poste il l'occupe depuis bien des années, mais devra, ce qui n'est pas mince, coordonner onze ministères, avec le sien douze. Il hérite d'un pôle capital dans la mesure où, entre ses mains, se trouve ce que l'on a l'habitude de désigner prosaïquement «le nerf de la guerre», enfin, entre autres, puisqu'il faut y ajouter aussi le bien-être de la population.
Même sacerdoce pour Me Aimé Emmanuel Yoka, à la Justice et aux droits humains depuis quelques temps, mais qui a la charge du pôle de souveraineté, c'est-à-dire le Congo vu de l'intérieur par ses habitants et de l'extérieur par ses partenaires. Sept ministères en tout pour faire rayonner ce Congo bientôt cinquantenaire.
Il ne faut pas exclure de cet aréopage le pôle socio-culturel confié à Florent Tsiba qui abandonne, après des années de loyaux services, l'Équipement et les travaux publics pour le ministère du Travail et de la sécurité sociale. Sous sa coordination, dix ministères, le sien y compris. C'est du pôle du côté pensant du Congo dont il est question avec cet homme qui ne manque pas d'allant, lorsqu'il s'adonne à définir les contours de ses attributions. La tâche pour les uns et les autres est hardie. On a envie de dire politiquement, après cette lecture technique, que le RMP et l'INP se sont « élégamment» neutralisés.
À côté de ces quatre « super » ministres, un cinquième, rentré tout droit du Darfour, au Soudan, où il remplissait un mandat international pour le compte de l'Union africaine et de l'Onu. Rodolphe Adada est un nouveau ministre très connu, qui a fait l'Enseignement supérieur, les Hydrocarbures et les Affaires étrangères.
Il y a par contre les tout-nouveaux qui entrent en fonction ministérielle pour la première fois, il y a les nouveaux, mais anciens au gouvernement, désignés ainsi parce qu'ils changent de portefeuille. D'autres par contre sont restés à leur poste.
Alliés, nouveaux, tout-nouveaux, nouveaux-anciens
On peut également effleurer dans cette analyse d'amateur la part réservée aux alliés du chef de l'État.
La formation de Bernard Kolélas, le Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral, a gardé ses deux entrées au gouvernement, avec un «renflouement» pour Brice Parfait Kolélas qui délaisse à son frère de route, Hellot Mampouya Matson, la Pêche et l'aquaculture pour prendre la Fonction publique et la réforme de l'État.
Le parti de Jacques Joachim Yhombi-Opango, le Rassemblement pour la démocratie et le développement, a la charge de l'Industrie touristique et des loisirs. Pas rien, le président de la République ayant fait le pari, sur ce domaine du tourisme, en annonçant la création d'un office de promotion de l'industrie touristique et transformer le Congo en la matière dans les sept ans à venir.
À son compte propre, peut-on dire, Claudine Munari entre au gouvernement pour retrouver quatre « anciennes » ministres.
Autre détail croustillant, qui ne passe pas inaperçu, la force publique a été confiée à cent pour cent aux personnalités civiles, lesquelles devront poursuivre la tâche de l'ennoblir afin de traduire dans les faits la volonté exprimée par le chef de l'État de la moderniser.
Dans cent jours, si ce n'est l'opinion, le président de la République, lui-même, se fera une idée de l'ensemble de ses collaborateurs et saura si la formule des pôles, expérience unique au monde, lui facilite la tâche. Si d'une part, en raison de la présence en tête de lice des personnalités avec qui le président de la République fait du chemin depuis de longues années, les observations émises çà et là font allusion à la «continuité », à l'absence de changement, c'est par leur rendement que les ministres répondront à la volonté de rupture dont le chef de l'État s'est fait solennellement l'écho dans son discours d'investiture, le 14 août dernier.
Rendez-vous est pris.
Gankama N'Siah
Les différents départements ministériels qui composent le gouvernement mis en place le 15 septembre sont regroupés dans quatre pôles, en fonction de l'objet ou de la nature de chaque ministère.
Le pôle des infrastructures de base : Premier Ministre Isidore Mvouba
Il aura sous sa tutelle :
1. Le Ministère des Transports, de l'aviation civile et de la marine marchande ;
2. Le Ministère de l'Équipement et des travaux publics ;
3. Le Ministère de la Construction, de l'urbanisme et de l'habitat ;
4. Le Ministère de l'Énergie et de l'hydraulique ;
5. Le Ministère des Télécommunications et des nouvelles technologies de la communication ;
6. Le Ministère de la Recherche scientifique.
Le pôle économique : Premier Ministre Pierre Moussa
1. Le Ministère de l'Économie, du plan, de l'aménagement du territoire et de l'intégration ;
2. Le Ministère des Finances, du budget et du portefeuille public ;
3. Le Ministère du Développement industriel et de la promotion du secteur privé ;
4. Le Ministère des Mines et de la géologie ;
5. Le Ministère des Hydrocarbures ;
6. Le Ministère du Développement durable, de l'économie forestière et de l'environnement ;
7. Le Ministère des Petites, moyennes entreprises et de l'artisanat ;
8. Le Ministère du Commerce et des approvisionnements ;
9. Le Ministère de l'Agriculture et de l'élevage ;
10. Le Ministère de l'Industrie touristique et des loisirs ;
11. Le Ministère de la Pêche et de l'aquaculture ;
12. Le Ministère des zones économiques spéciales
Le pôle de la souveraineté : Premier Ministre Aimé Emmanuel Yoka
1. Le Ministère de la Justice et des droits humains ;
2. Le Ministère de la Fonction publique et de la réforme de l'État ;
3. Le Ministère de l'Intérieur et de la décentralisation ;
4. Le Ministère de la Défense nationale ;
5. Le Ministère des Affaires étrangères et de la coopération ;
6. Le Ministère des Affaires foncières et du domaine public ;
7. Le Ministère de la Communication et des relations avec le Parlement ;
Le pôle socio-culturel : Premier Ministre Florent TSIBA
1. Le Ministère du Travail et de la sécurité sociale ;
2. Le Ministère de l'Enseignement technique, professionnel, de la formation qualifiante et de l'emploi;
3. Le Ministère de l'Enseignement supérieur ;
4. Le Ministère de l'Enseignement primaire, secondaire et de l'alphabétisation ;
5. Le Ministère de l'Éducation civique et de la jeunesse ;
6. Le Ministère de la Santé et de la population ;
7. Le Ministère des Affaires sociales, de l'action humanitaire et de la solidarité ;
8. Le Ministère de la Culture et des arts ;
9. Le Ministère de la Promotion de la femme et de l'intégration de la femme au développement ;
10. Le Ministère des Sports et de l'éducation sportive.
Le Président de la république n'ayant pas pu trancher entre ces quatres premiers ministrables, il a les a tous nommés Premiers Ministres dans un même gouvernement c'est une première et ça fait désordre
Chaque pôle est un véritable gouvernement dans le gouvernement.