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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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Réformes au Congo (RDC), Attentes et désillusions

La Salle de Congrès de la Maison des Parlementaires était le cadre qui a réuni ce jeudi 17 septembre 2009 un colloque pour la publication du livre ‘‘Réforme au Congo (RDC) – Attentes et désillusions ’’. Ouvrage publié sous la coordination de Théodore Trefon de l’Université de Boston, Directeur du E-CA -- CRE-AC et qui dirige aussi la section Histoire du Temps présent du Musée Royal de l’Afrique Centrale de Tervuren.  

Sous la présidence du Ministre d’Etat, Herman De Croo, le colloque a réuni scientifiques et hommes politiques belges. Du côté congolais, on notait la présence très remarquée de M. MOVA, Ambassadeur du Congo près le Royaume de Belgique et des représentants des groupements associatifs.  

Après les remerciements d’usage de M. De Croo, M. Yves Leterme, Ministre des Affaires Etrangères belge a commencé son intervention en mettant  l’accent sur l’importance de la mobilisation de l’expertise belge dans la Région des Grands Lacs, la contribution de la Belgique dans la réhabilitation de la RDC tout en soulignant les axes de la politique belge au Congo basés sur une approche générale – un partenariat d’égal à égal et la normalisation des relations entre les deux pays. Tout se fait sur quatre points : une ambition commune de normaliser ; une volonté d’instaurer un dialogue constructif ; une volonté de bien gérer ces relations ; redynamiser la coopération au développement. Tout cela ne peut se réaliser que par un apport de sérénité dans ces relations et dans la compréhension mutuelle.  

L’image qu’a le ministre des relations entre les deux pays est que ‘‘la Belgique a raté le rendez-vous avec le Congo. ‘‘Notre pays a le sentiment que les efforts n’étaient pas appréciés ’’. Et de poursuivre que la ‘‘Belgique a joué un rôle dans la stabilité et la réhabilité de la paix ; elle a participé aux travaux de la CIAT pour encadrer la transition, à l’organisation des élections de 2006, à la formation des forces armées, à la réhabilitation économique (section maritime par la relance du port de Matadi) ’’.

Plusieurs défis ont été relevés. Entre autre avancé, le rapprochement du Rwanda avec le Congo et le fait que les FDL soient considérées comme indésirables au Congo.

M. Mova, Ambassadeur du Congo, est intervenu à son tour en brossant un tableau synoptique de la situation du pays qui sort de la guerre où des progrès considérables ont été  accomplis tant en domaine de sécurité que du social.  Il a salué la contribution du Ministre Leterme dans les relations entre les deux pays et son engagement dans la cessation des hostilités diplomatiques.

Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de  l’assistance des partenaires extérieurs, sur l‘aide apportée pour ‘‘penser nos plaies’’ et la possibilité ‘‘de faire les choses mieux que par le passé ’’. Il a cependant émis des regrets sur l’analyse profonde qui arrive à des conclusions mitigées ; sur les plaies du Congo où il n’y a que des railleries et des mimétismes. La démocratie est en marche, il y a eu des élections, les efforts sont là et sont à souligner, martèle-t-il. Il terminera son intervention en se posant cette question : ‘‘en 50 ans d’indépendance quel legs a fait la Belgique au Congo ? ’’

M. Trefon, qui a fait l’introduction de l’ouvrage en évoquant ‘‘ réforme et désillusions’’, s’est posé la question sur le bilan et l’avenir du Congo à la veille du 50ème anniversaire de son indépendance. Son constat est sans appel, ‘‘la réforme post conflit n’a pas atteint les objectifs attendus. La mise en œuvre de la réforme est handicapée par des défis écrasants. L’échec des réformes est une responsabilité partagée ’’. Quelques problèmes sont à l’origine de cet état de lieu : la compétition entre acteurs ; la compétition entre partenaires internationaux ; la compétition entre partenaires internationaux et acteurs congolais ; la compétition entre acteurs congolais eux-mêmes. A cela il faut ajouter les points faibles de la coopération : l’absence de schéma directeur ; le recours aux stratégies standardisées ; la tendance à s’attaquer aux symptômes et non pas aux origines des problèmes ; la méconnaissance de la culture politique.  

Autres situations non moins importantes à épinglées : l’approche des projets et ses effets pervers ; la rupture dans la chaîne de commandement aux problèmes de ‘‘conjoncture’’, le success stories (mosaïque des success stories ; en agissant à la place de l’état, on contribue à la perpétuation de l’état de dépendance ; l’autorité de l’état est exonérée).

Son expertise finale est sans détours : les problèmes ont été identifiés, connus ; on pense connaître les causes ; mais les choses vont de mal en pis. D’où sa question en guise de conclusion : ‘‘quel projet de société ou de citoyenneté se dresse au Congo 50 ans après son indépendance ?’’.

M. Thierry Vircoulon de l’IFRI/Paris qui a contribué dans l’ouvrage sur  la ‘‘réforme de la justice : réalisations, limites et questionnements’’ a soutenu son intervention sur la problématique judiciaire et plus précisément les institutions pénitentiaires ainsi que les réformes judiciaires. Dans son expertise, il relève que : la justice coutumière occupe une place importante ; les réformes restent au niveau de design institutionnel sans être capable d’être pratique ;  les changements de gouvernance sont essentiellement une affaire interne.

De son côté, le Professeur Erice Tollens de la KUL qui a fait l’expertise dans l’ouvrage sur   ‘‘l’agriculture, la sécurité alimentaire et le développement économique’’ a affirmé que l’agriculture est la clé de développement du Congo. Il a cependant émis quelques remarques sur le risque d’une croissance inéquitable entre Kinshasa et l’intérieur du pays.

M. Xavier Zeebroek (GRIP, Bruxelles), s’est attardé sur la présence de la Monuc au Congo. Il a relevé le caractère exceptionnel de sa mission de part sa taille (18 à 20.000 personnes), son mandat (plus de 40 tâches à accomplir) et sa durée (10 ans). La Monuc a connu ses limites par le manque des moyens nécessaires pour désarmer les rebelles mieux équipés. Cette mission de l’Onu a été également décriée par les Congolais, les Européens, les médias et au sein même de la Monuc elle-même.  On assiste depuis un moment à une atmosphère de fin de mandat. 2012 est la date la plus citée, après les élections de 2011.

Pour Gauthier de Villers (Musée Royal de l’Afrique Centrale), la RDC est en semi-tutelle internationale. Il a souligné les conséquences des élections qui ont légitimé le pouvoir et la souveraineté du pays. Les effets pervers de ces mêmes élections c’est l’arrivée de la Chine et d’autres pays émergeants. Cependant, conclura-t-il, le régime est dans la dépendance et le Congo est rentré dans une nouvelle ère.

Le débat qui s’en est suivi était très animé. Les interventions étaient parfois très corsées pour  exprimer d’aucuns leur divergence de vues et d’autres leur points concordants avec certains sujets traités dans l’ouvrage. 

 

Ecrit par : Yalale-wa-Bonkele

www.c-retro-actuel.net

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