Dans le but d'assurer une bonne couverture médiatique de l’élection présidentielle de juillet, le Conseil supérieur de la liberté de communication a récemment rendue publique une déclaration dans laquelle il invite les professionnels des médias à respecter scrupuleusement les règles régissant leur profession. Voici l’intégralité de ladite déclaration.
«2009 sera, comme l’ont été 2007 et 2008, une année électorale. En effet, les Congolais se rendront aux urnes pour élire le Président de la République. Il s’agit d’un rendez-vous politique majeur, pour la démocratie dans notre pays.
Il nous paraît important de rappeler que les médias ont joué, en 2007 et 2008, un rôle capital dans le déroulement apaisé des différents scrutins.
En 2009, ce rôle sera d’autant plus délicat qu’il s’agit de l’élection présidentielle, celle qui cristallise le plus d’attention et qui permettrait de crédibiliser davantage et consolider notre jeune démocratie.
Votre responsabilité est attendue. Elle vous impose d’intérioriser les règles qui régissent votre profession : les lois, l’éthique et la déontologie sont vos seuls guides. Le Conseil supérieur de la liberté de communication, institution de régulation de la liberté de la presse suit régulièrement l’action des médias, tant en période électorale qu’en période hors électorale.
C’est ainsi qu’en cette période hors électorale, mais charnière, le conseil a pu relever, de façon générale, que les médias audiovisuels et la presse écrite, aussi bien privés que publics ne jouent pas encore leur rôle avec équité et responsabilité.
Il n’est pas rare d’entendre ou de voir la presse diffuser ou publier des messages de propagande électorale, en contradiction flagrante de l’article 25 de la loi 9-2001 du 10 décembre 2001 portant loi électorale qui stipule «la campagne électorale est ouverte 15 jours francs avant la date du scrutin … ».
Au-delà des spots conçus et proposés par le ministère de l’administration du territoire, les médias devraient consacrer présentement une part de leurs programmes aux émissions destinées à expliquer au public les différentes étapes du processus électoral. Par exemple pourquoi, comment s’inscrire et vérifier que l’on figure sur les listes électorales. Visant un maximum d’électeurs potentiels, ces émissions méritent d’être réalisées, également, en langues nationales.
Ce travail qui intègre le traitement quotidien de l’actualité par la presse, ne semble pas être la préoccupation des femmes et hommes des médias.
Le Conseil supérieur de la liberté de communication est fondé aujourd’hui à vous rappeler qu’en cette période hors électorale, il n’est pas interdit aux médias, tant publics que privés d’assurer la couverture des manifestations et activités des formations et groupements politiques, ainsi que des organisations professionnelles et syndicales.
Cependant, avant la date officielle d’ouverture de la campagne électorale, les médias doivent s’interdire de relayer les messages de campagne électorale anticipée. Cette pratique est porteuse de germes de perturbation de la paix et de la quiétude, voire de germes de violence.
Par ailleurs, le conseil rappelle aux hommes politiques, associations, formations et groupements politiques que conformément à la loi électorale, la campagne électorale n’est pas encore ouverte, surtout pas à travers les médias.
Aussi, le conseil invite-t-il :
1. les médias à ne pas diffuser les informations qui ne concourent pas à la consolidation de la paix et de l’unité nationale et à ne pas relayer les messages de propagande électorale sur leurs antennes ou dans leurs colonnes, même sous forme de publi-reportage ;
2. les hommes politiques, les associations, formations et groupements politiques d’une part, à laisser les médias travailler en toute liberté dans la responsabilité et, d’autre part, à éviter des messages d’incitation à la haine et à la violence, dans leurs discours politiques.
Le Conseil supérieur de la liberté de communication met solennellement en garde tous les médias qui n’observeront pas les dispositions légales en la matière.
Il s’agit, mesdames et messieurs d’un rappel, dont l’intérêt prospectif réside dans le souci collectif de préserver la paix sociale, chèrement acquise.
Fait à Brazzaville, le 30 décembre 2008,
Le collège des membres du conseil. »
Samedi 14 Mars 2009 - 10:06
Sylver Ikama