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Espace d'échange de la diaspora congolaise.

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OBAMA-SARKOZY. L'un prêche l'humilité, l'autre ne fait guère dans la sobriété. Mais que peuvent bien cacher leurs sourires ?

Le grand malentendu

Deux hommes, deux conférences de presse, deux styles aux antipodes l'un de l'autre, ce jeudi 2 avril, à la fin du sommet du G20. Dans la plus grande des salles - à tout seigneur tout honneur -, Barak Obama s'exprime le dernier. Le ton est serein, l'allure décontractée, le sourire enjôleur. Il donne tour à tour la parole aux journalistes accrédités à la Maison-Blanche - qu'il appelle par leur prénom - et à des inconnus venus d'Asie ou d'Europe. Mais c'est surtout le propos qui retient l'attention : « Quand je suis arrivé ici, explique-il, c'était pour écouter, pour apprendre, pas pour imposer. Quand nous montrons l'exemple et faisons preuve d'humilité, cela renforce notre leadership. » Des propos qui tranchent heureusement avec ceux de son prédécesseur...

Hyperbole

Deux heures plus tôt, dans une petite salle presque exclusivement garnie de journalistes français, Nicolas Sarkozy a tenu sa propre conférence de presse. Sans laisser Gordon Brown - pourtant président de séance et maître des lieux - achever la sienne. Un manque de courtoisie qui ne s'explique pas seulement par l'impatience naturelle du président français. Mais aussi par son souci de se mettre en vedette et d'imprimer dans la presse hexagonale une version quasi exclusive de ce G20 : la sienne. Ici, nulle humilité. « Du jamais -vu », du « sans précédent », du « considérable » émaillent le propos présidentiel. « Ce que je vous annonce, proclame-t-il, si ce n'est pas la refondation et la moralisation du capitalisme, qu'est-ce que c'est ? » Sans doute Obama n'a-t-il pas obtenu tout ce qu'il voulait, loin s'en faut. Mais il s'en explique par sa volonté d'aboutir à un compromis. Sans doute Sarkozy peut-il à bon droit revendiquer une part de ce succès du G20. Mais il ne peut s'empêcher de manier l'hyperbole et de théoriser des antagonismes.

Est-ce ce trait de caractère, cette propension à se mettre toujours en avant et à chercher le rapport de forces, qui agace le président américain ? Toujours est-il que le courant passe difficilement entre les deux hommes. Les sourires et les embrassades de Strasbourg ne doivent pas faire

oublier le reste. Au cours de leur conférence de presse conjointe, Barack Obama n'a d'ailleurs pas pu s'empêcher d'ironiser sur son homologue français : « Il est courageux sur tellement de fronts que c'est difficile de les énumérer en totalité... » La rencontre de Strasbourg était la première depuis l'élection d'Obama. Ce n'est pas faute pour Sarkozy d'avoir multiplié les tentatives.

En marge du premier G20, à Washington le 20 novembre, un avion se tenait prêt à décoller à tout moment pour Chicago au cas où celui qui n'était alors que le président élu aurait accordé l'entrevue que désirait tant le chef de l'État français. En vain... De même Sarkozy a-t-il essayé de faire passer Obama par les plages du Débarquement, entre Londres et Strasbourg. Toujours en pure perte. La rencontre en Normandie devrait avoir lieu le 6 juin. L'Élysée l'annonce comme certaine, mais la Maison-Blanche n'a toujours rien dit, visiblement agacée par ce harcèlement.

Obama pas dupe

Barack Obama devrait pourtant être reconnaissant à Nicolas Sarkozy d'avoir fait revenir la France dans l'Otan. Mais il n'est pas dupe. Jeudi, lors de son point de presse, le président français n'a pas hésité à réécrire l'Histoire en expliquant que notre pays avait ainsi voulu se rapprocher de l'Amérique d'Obama. Alors que le processus était engagé bien avant : il a été décidé du temps de George W. Bush, auprès duquel Sarkozy était allé se faire adouber lorsqu'il était lui-même candidat.

Est-ce cette proximité d'un temps avec son prédécesseur qui aurait aussi déplu à Barack Obama ? Il y a un mois, le président américain adressait une lettre dans laquelle il écrivait : « Je suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir collaborer ensemble dans un esprit de paix et d'amitié afin de construire un monde plus sûr. » Las, la missive n'était pas adressée à Nicolas Sarkozy, mais à... Jacques Chirac.

La fin du sommet dans l'unité

Les dirigeants de l'Otan ont montré leur unité en annonçant de nouveaux renforts pour l'Afghanistan et en choisissant un nouveau chef de l'Alliance, le Danois Anders Fogh Rasmussen.

Le porte-parole du président Barack Obama, qui venait de prévenir les Européens que les États-Unis ne voulaient pas combattre seuls les talibans et al-Qaida, a assuré que les alliés avaient promis jusqu'à 5 000 soldats. Selon une source à l'Otan, le total approche plutôt le chiffre de 3 500 militaires, dont une partie seulement pour la période des élections afghanes d'août.

Barack Obama s'en est félicité et a rendu hommage au président Nicolas Sarkozy et à la chancelière Angela Merkel, coorganisateurs du sommet.

Les relations avec la Russie ont été l'autre thème majeur de cette rencontre. Les 28 chefs d'État et de gouvernement soulignent dans leur déclaration finale l'importance qu'ils accordent toujours à un dialogue et à une coopération avec Moscou, malgré la multiplication des désaccords depuis un an. Les alliés ont également réussi, après trente-six heures de négociations, à convaincre la Turquie de renoncer à ses objections, et l'Otan a pu nommer le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen comme successeur de M. de Hoop Scheffer à la tête de l'Alliance.

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan reprochait à M. Rasmussen d'avoir défendu le droit d'un journal danois à publier des caricatures de Mahomet qui ont suscité la colère dans le monde musulman en 2005. Il en voulait également à Copenhague d'avoir refusé de fermer la chaîne de télévision Roj TV, considérée par Ankara comme le porte-voix des Kurdes du PKK.

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